Biocoop fête ses 40 ans avec une série de records

Pendant que le Bio en GMS cherche encore sa sortie, le leader de la distribution spécialisée finit 2025 sur une série de records : 1,93 Md € de chiffre d’affaires, un réseau en expansion et une marque propre qui dépasse la vocation classique de la MDD. Ce 9 avril, Biocoop ne venait pas faire de la communication, mais montrer qu’un modèle intégrant des objectifs sociétaux, parfois de manière radicale, peut rester gagnant en période de crise.

 

+7,5 % de croissance en 2025

En 2025, la croissance (+7,5 % à 1,93 Md € TTC) prolonge une année 2024 déjà très dynamique (+8,3 %) et mars 2026 marque le 27ᵉ mois de croissance continue, dans un marché bio pénalisé depuis quatre ans par les tactiques de la GMS.

L’architecture de cette croissance est claire :

  • 13 % de pénétration des foyers français ;
  • 60 % de taux de nourriture* ;
  • une fréquentation en hausse de 6,7 % ;
  • et un panier moyen quasi stable (+0,8 %), signe d’un travail continu sur les prix.

 

Biocoop touche désormais 70 % des acheteurs bio, avec 45,2 % de part de marché sur le réseau spécialisé et 16 % du marché alimentaire bio total, tiré par trois rayons moteurs :

  • 1er : les fruits et légumes (+8,5 %),
  • le frais (+8,4 %)
  • et le vrac (+7 %).

 

Le réseau lui-même est lui aussi au vert : 744 magasins au 31 décembre 2025, 10 ouvertures dans l’année, un maillage de 91 départements et déjà 20 nouvelles ouvertures actées ; l’objectif affiché est d’atteindre 900 magasins fin 2029.

« L’année 2025 confirme notre rôle de leader de la distribution bio et renforce notre conviction : l’alimentation bio de qualité est redevenue une priorité essentielle pour les consommateurs », souligne Franck Poncet, directeur général.

 

La qualité, mère de toutes les batailles

Une étude ScanUp portant sur 450 000 références positionne la marque de distributeur Biocoop face aux MDD bio de la GMS.

Résultat : 94 % des produits MDB (Marque de Biocoop) sont conformes au cahier des charges GOÛM contre 52 % pour les MDD bio GMS ; 93,6 % contiennent au moins un ingrédient principal d’origine France (40,4 % en GMS) et 68,8 % sont labellisés commerce équitable contre 1,5 % seulement en MDD bio GMS.

 

Ronan Lafrogne, directeur Qualité et RSE, et Franck Poncet, directeur général de Biocoop.

 

Depuis 2020, 90 recettes ont été retravaillées, 29 substances interdites (arômes, sirops de glucose, sels nitrités, levures phosphatées, protéines isolées) et 13 références arrêtées. Symbole de cet effort : le cake marbré des 40 ans, vendu 4,95 € les 250 g, ne compte que cinq ingrédients et a déjà connu 29 reformulations depuis 2020.

Objectif à juillet 2026 : 100 % des références sans marqueur d’ultra-transformation et plus aucun produit Biocoop en rouge ou orange sur Yuka.

 

Commerce équitable Nord-Sud et Nord-Nord

Biocoop revendique 14 % du marché français du commerce équitable, ce qui en fait le premier distributeur alimentaire sur ce segment. En 2025, cet engagement se renforce via des contrats Bio Équitable en France (Nord-Nord) garantissant une rémunération équivalente à deux Smic ; 260 producteurs de fruits et légumes et un transformateur de boissons végétales sont concernés dès la première saison.

Près de 60 % des produits MDB sont labellisés commerce équitable et 94 % sont d’origine France, la coopérative reconduisant en 2026 son soutien de 3 M€ aux fermes des Paysans associés et redistribuant 220 k€ de marges à des associations et collectivités écologiques.

 

2026, un anniversaire et l’occasion de défendre la Bio

Pour ses 40 ans, Biocoop organise 60 « Fêtes des territoires » partout en France, augmente son budget publicitaire de 50 %, prépare une assemblée générale festive en juin et des produits collector, avec une communication assumant une Bio plus festive que punitive.

En toile de fond, le contexte reste tendu : 386 fermes bio ont disparu en 2025, la SAU bio plafonne à 10,1 % (pour un objectif de 21 %) et la restauration collective n’intègre que 5,2 % de bio en 2025, loin des 20 % visés par EGAlim…

 

 

Biocoop défend auprès des pouvoirs publics 4 mesures structurantes

  1. Part minimale de bio en GMS alignée sur les objectifs agricoles ;
  2. Interdiction du marketing des produits gras, salés, sucrés destiné aux enfants ;
  3. Encadrement des aliments ultra-transformés en restauration collective ;
  4. Obligation de reverser les marges des collectes alimentaires et redevance sur la pollution diffuse liée aux phytosanitaires.

 

Henri Godron, président de Biocoop.

 

La coopérative n’apparaît plus comme un simple distributeur militant et convaincu pour convaincus, mais comme un acteur de 2 Md€ en pleine croissance qui assume comme combat principal un modèle responsable, exigeant et salutaire de l’alimentation.

Bernard Ollié, président de l’agence Good, pour Bio Linéaires 

 

*Le taux de nourriture mesure la part des dépenses alimentaires d’un foyer réalisée chez une enseigne donnée. Concrètement, si un foyer dépense 200 € par mois en alimentation et en consacre 120 € à Biocoop, le taux de nourriture de l’enseigne est de 60 % — les autres enseignes se partagent les 40 % restants. Cet indicateur est stratégique pour un leader de la distribution. Il ne dit pas seulement combien de clients l’enseigne touche, mais combien elle pèse réellement dans leur quotidien alimentaire, donc la fidélité et la solidité de sa relation avec eux.

 

 

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