Biomonde amorce un virage régional

Le 7 juin 2026, à l’occasion de la quatrième édition du salon fournisseurs de Biomonde, organisée à la Cité Fertile de Pantin, Sönam Walterspiler, président du groupement, revient sur les choix du groupement coopératif, entre recentrage du salon, qualité des échanges et évolution du modèle.

 

Philippe Delran : Sönam, peux-tu nous exposer l’historique des salons fournisseurs de Biomonde ?

Sönam Walterspiler : C’est la quatrième édition de ce salon. La première édition avait eu lieu à Ferrières, chez l’un de nos adhérents. Notre second salon s’est déroulé à Montpellier dans une ancienne exploitation viticole intensive, reconvertie en exploitation bio multiculture. Enfin, l’an passé, nous étions à l’écosystème Darwin à Bordeaux (Ndlr : une ancienne caserne militaire). Pour boucler ce tour de France, nous sommes donc présents ce week-end à la Cité Fertile à Pantin, une ancienne gare marchandise SNCF reconvertie en tiers-lieu de vie, gérée par des associations.

 

Ph. D. : Combien d’exposants avez-vous eus lors de cette édition ?

S. W. : 83 fournisseurs sont présents ce dimanche. Nous avons fait le choix d’un nombre d’exposants plus restreint. Le lieu un peu atypique nous a contraints, comme chaque année, à nous adapter à différents soucis : éclairage, parking… mais l’essentiel est là : les échanges, les partages et les interactions sont présents, en nombre et en qualité.

 

 

Ph. D. : Habituellement après le salon, vous organisez l’assemblée générale de la coopérative ? Selon mes informations, cette année, vous avez opté pour une assemblée plus singulière ?

S. W. : Nous avons décidé de reléguer les sujets administratifs à la fin du mois. Lundi est une journée de travail collectif pour parler de stratégie et d’évolution du groupement. Plus de temps d’échanges avec les administrateurs, les adhérents, les permanents. Je suis là pour piloter un conseil d’administration, travailler avec les permanents et recueillir la vision ainsi que les besoins des magasins adhérents.

Ce temps de travail collectif doit permettre de projeter notre coopérative à un horizon de trois à cinq ans. Il est largement inspiré et dans la continuité du projet 2021/2026 (Ndlr : co-construit sous la précédente présidence de Raphaël Faucheux) et s’appuie sur les sept piliers fondamentaux définis précédemment autour de notre compétitivité commerciale, des engagements, du partage de l’information et de la RSE.

Beaucoup de choses ont déjà été mises en place mais nous sommes toujours en mouvement pour répondre aux attentes des magasins.

Nous arrivons sur des sujets à plus long terme, comme la RSE ou bien la gouvernance de la coopérative. Cette journée permet de dessiner un groupement qui est fait par ses adhérents, pour ses adhérents.

 

Ph. D. : Sönam, nous avons appris que ce salon Biomonde national était la dernière édition ? Est-ce que vous pouvez nous en dire davantage ?

S. W. : Oui, dans la forme que nous présentons depuis quatre ans. Une première boucle, avec ce tour de France des salons, s’est achevée. Déjà l’an passé, nous avions convié nos fournisseurs régionaux, cette année nous avons également invité nos parties prenantes, telles que l’association Biopartenaire, la société Diaposonia mais également le partenaire Soverre. Ces initiatives – fournisseurs locaux, parties prenantes – nous invitent à réécrire, pour les prochaines années, cet événement, tant en termes de fréquence que de contenu. Rendez-vous cet automne pour vous présenter ce nouveau format.

 

Ph. D. : Cela fait cinq ans que vous êtes au conseil d’administration, dont quatre ans en tant que président. Quel est le fonctionnement chez Biomonde ?

S. W. : Le bureau est élu pour six ans. Notre travail est de créer une émulation collective afin de définir le « sens de notre métier » de commerçants indépendants, porteurs de valeurs bien au-delà du cahier des charges de la bio. Notre conseil d’administration est le garant de l’application des décisions stratégiques votées en assemblée générale. Il pilote mensuellement le travail des équipes de permanents par les comptes-rendus de la direction générale. C’est donc un organe de pilotage de la coopérative. Il peut également être amené à arbitrer des besoins ou des demandes issus des commissions, qui sont les lieux de construction des politiques opérationnelles de Biomonde.

 

Propos recueillis par Philippe Delran

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