NUMERO : Septembre – Octobre 2014

C’était il y a 40 ans…

À la une, en première page, deux photos :

1°) Celle des membres de la mission québécoise qui posent pour
la photo-souvenir avec l’équipe de Direction de la Sté SVB Lemaire. Une mission officielle de deux hauts fonctionnaires du Ministère de l’Agriculture du Québec et de personnalités syndicales effectuait un voyage d’étude en France, consacré à la culture biologique, voyage dans lequel les responsables de la méthode Lemaire-Boucher s’étaient fait un devoir de les recevoir.

L’interview de ces visiteurs diffusée le 12 mai 1974 par Europe 1 dépeint de façon significative les acquisitions de nos observateurs étrangers :

Europe 1 : Pensez- vous que cette agriculture biologique soit rentable au Canada ?
Oui, nous croyons que cette agriculture, une fois bien lancée, ça veut dire
dans un an, deux ans peut-être, deviendra rentable, aussi bien que celle
que nous avons vu ces derniers jours, ici, dans la région.

Europe 1 : Est-ce que vous pensez que le rendement est bon par rapport
à la culture traditionnelle ?

Nous avons vu certaines exploitations qui ont certainement un rendement équivalent, peut-être même un peu plus que dans l’ancienne agriculture, l’agriculture traditionnelle, c’est-à-dire chimique.

 

Europe 1.- Vous croyez que vous aurez un marché suffisant là-bas pour ce genre de culture ?
Oui, de plus en plus le marché se développe actuellement avec certaines associations de consommateurs qui demandent de plus en plus des produits naturels, des produits biologiques et nous croyons que définitivement, il y a une demande très grande.

2°) Celle d’une partie de l’équipe Lemaire écoutant les explications du responsable du Service « Matériel Agricole ». On peut y voir Pierre-Bernard et Jean-François Lemaire ainsi que Jacques Monin et Claude Artur, aujourd’hui respectivement Président et Secrétaire de l’Association LPAB "Les pionniers de l’Agriculture Biologique"

 

 

En dernière page, l’édito « L’ avenir de la culture biologique » de Pierre-Bernard Lemaire

Cet édito est évélateur des positions prises par les dirigeants de la Sté
SVB Lemaire. En voici quelques extraits :
« Certains reprocheraient aux promoteurs de la méthode Lemaire- Boucher une volonté de donner de la rentabilité aux praticiens de la Culture Biologique. C’est le comble des combles dans une période économique où notre agriculture française est en péril, dépendante par trop de la chimie et de matières premières importées.
 

À cela, je répondrai que je ne conçois pas, que je ne saurais concevoir une agriculture biologique non rentable. Le premier devoir du SVB Lemaire est d’assurer à tous les agrobiologistes rendement et qualité, leur redonnant ainsi leur véritable vocation, être les pourvoyeurs de santé pour le consommateur tout en assurant à leur famille une vie matérielle décente. Cette rentabilité, nous la réalisons grâce notamment à l’efficacité de nos services techniques avec le professeur Jean Boucher et le Dr vétérinaire Quiquandon, grâce à notre équipe de collaborateurs et enfin et surtout grâce à ces hommes dont la base militante est le paysan.

Notre action est avant tout, professionnelle. Aucune ingérence financière, politique ou religieuse n’est acceptable, car la Culture Biologique repose sur la conscience personnelle, à la fois pour son prochain et pour soi-même ».

« Que nous importe que notre pain soit républicain ou non, du moment qu’il est biologique … »

« La Culture Biologique n’est pas plus royaliste que républicaine… catholique que protestante… capitaliste que communiste…, elle est biologique »

 

Jean-François Lemaire