NUMERO : Nov-Déc 2011

De multiples atouts dans sa coquille…

Origine et historique

La noix est un fruit à coque qui est produit par le noyer. Cet arbre de la famille des juglandacées est présent à l’origine sur le continent eurasiatique et en Afrique.
La noix a été introduite en Europe par de riches Romains et Grecs qui trouvaient la noix bien meilleure que les glands de chêne ou les châtaignes qui contentaient l’ordinaire du peuple. À ses débuts, ce fruit sec était recommandé pour ses vertus nutritionnelles déjà bien connues des médecins de l’Antiquité. C’est au XVIIIe siècle, que son commerce s’est développé avec l’huile de noix. Le terme « noix » est apparu dans la langue française en 1155 et vient du latin nüx, nucis.

 

En France

Le Périgord et le Dauphiné sont les berceaux de la noix. En Dauphiné, la culture du noyer est une longue tradition. On a retrouvé de la noix sur le site archéologique du Lac de Paladru dans l’Isère. Déjà au XIe siècle, certaines redevances étaient payées en setiers de noix. Au XIVe et XVe siècle, les comptes des châtelains mentionnaient des recettes provenant d’abondantes récoltes. Au XVIIIe siècle, c’est la vigne qui prédominait en Dauphiné, donnant son nom à certains bourgs comme Vinay qui deviendra plus tard capitale de la noix ! Mais à la fin du XIXe siècle, à la suite de la maladie du ver à soie et de l’apparition du phylloxera, le noyer va devenir la principale culture. De revenu de complément, le noyer deviendra revenu principal, redonnant une nouvelle prospérité aux agriculteurs. Aujourd’hui, la noix de Grenoble est l’un des rares fruits de France à bénéficier d’une Appellation d’Origine Contrôlée qui contribue à la renommée d’une région également appréciée pour ses trésors touristiques. Dans le Périgord, on a retrouvé des noix dans des habitations de l’homme de Cro-Magnon et à l’époque azilienne dans un gisement de Peyrat à côté de Terrasson en Dordogne. D’une grande valeur, déjà au Xe siècle, les paysans acquittaient leurs dettes en setiers de noix. Plus tard au XIIIe siècle, les baux étaient même versés en huile de noix à l’abbaye cistercienne du Dalon. Cette huile contribua à la fortune de la région.
Son utilisation évolua comme combustible pour l’éclairage, comme peintures mais elle était majoritairement dédiée à la cuisine. Les nombreuses plantations réalisées ces dernières années en vallée de Dordogne et en haut Périgord contribuent à développer la renommée de l’AOC noix du Périgord.
Enfin, même si le noyer a connu une forte expansion ces dernières années dans toute la France, le Sud-ouest et le Dauphiné restent les deux grandes régions productrices et économiques de la noix.

Présentation de la noix

Le fruit du noyer est une drupe. Cette partie charnue, le brou, est inconsommable sert pour la teinture. La noix est donc le noyau sec de cette drupe. La noix se présente sous forme d’une coquille ou une coque qui mesure de quatre à six centimètres de long sur trois à quatre centimètres de large. Une fois séparé en deux, on trouve à l’intérieur l’amande qui est composé de deux cerneaux présentant des circonvolutions séparés par une fine membrane appelée le mésocarpe. La cloison intérieure de la noix est le «zeste ». Une cuisse de noix est un quartier de noix débarrassé de son enveloppe. Enfin, la nuciculture est la culture d’un arbre, le noyer dans un verger appelé une noyeraie.

 

Signe de qualité et reconnaissance

En France, il existe deux appellations d’origine contrôlée pour les noix : la noix de Grenoble et la noix du Périgord. Rappelons que l’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) et son équivalent européen l’Appellation d’Origine Protégée (AOP) atteste de la qualité et de la spécificité d’un produit en lien avec son origine. Ces produits reconnus en AOC sont l’expression d’un lien intime entre une production et un terroir, mis en oeuvre et perpétué par des hommes reconnus pour un savoir-faire particulier.
La noix de Grenoble : c’est le décret du 17 juin 1938 qui a précisé les conditions de l’attribution de l’AOC et le règlement du 13 juin 1996 pour l’AOP. La zone géographique de l’AOC comprise entre Montmélian, aux portes de Chambéry, et Romans, aux portes de la vallée du Rhône, couvre 27 cantons sur trois départements situés le long des berges de l’Isère. Trois quarts des 7 000 hectares de vergers sont situés aux environs de Tullins, Vinay, Saint-Marcellin et Pont-en-Royans, le coeur historique de la noyeraie dauphinoise. Seules trois variétés ont cette appellation : la Franquette, la Mayette et la Parisienne. Elles doivent être produites selon des règles définies dans un cahier des charges. Par exemple, la commercialisation ne peut s’effectuer que dans un calibre égal ou supérieur à 28 mm et un emballage portant une vignette rouge attestant de sa spécificité AOC. La noix du Périgord est en AOC depuis 2002 et en AOP depuis 2004. Les conditions de production et de conditionnement du produit doivent se faire dans une aire géographique bien délimitée. Le terroir est réparti dans les départements de la Dordogne, du Lot, de la Corrèze et de la Charente. 4 variétés sont reconnues : la Corne, la Franquette, la Grandjean et la Marbot. Enfin, des critères de qualité sont exigés comme le taux d’humidité de la noix primeur, des catégories de cerneaux de noix (seules les plus nobles sont autorisés), la date d’emballage, des taux de défauts au minima, une vignette de contrôle garant de la traçabilité, etc. La commercialisation des noix en AOC ne peut être effectuée au delà du 31 décembre de l’année suivant l ’année de récolte.