NUMERO : Mai – Juin 2015

Dossier : Pourquoi produire et manger bio ? Des données scientifiques sur l’impact sur la santé

Des études de plus en plus précises

Une étude portant sur 300 femmes a montré que le lait maternel de femmes mangeant bio est plus riche en acide ruménique, un acide linoléique conjugué produit par les ruminants et très probablement favorable à notre santé, que le lait des femmes ne mangeant pas bio.

Trois autres études ont conclu que les enfants mangeant bio avaient un risque d’eczéma nettement plus faible que ceux qui mangeaient conventionnel.

Une étude très récente, portant sur un échantillon de 50 000 consommateurs bio et réalisée en France a donné des résultats particulièrement intéressants. Elle a été réalisée dans le cadre de l’étude Nutrinet-Santé et montre que, à apport énergétique et niveau d’activité physique égal, les consommateurs de produits biologiques sont beaucoup moins souvent obèses ou en surpoids que les autres.

Cette étude préliminaire donne de précieux enseignements sur le risque de surpoids et d’obésité, mais pas – sinon de manière indirecte car surpoids et obésité sont des facteurs de risque de nombreuses maladies – sur l’impact de la consommation de produits biologiques sur diverses pathologies et notamment le cancer, les maladies cardiovasculaires, le diabète et les maladies neurodégénératives.

L’étude Bio-NutriNet, portant sur une plus longue durée, permettra d’établir si la consommation d’aliments bio permet de réduire l’incidence de ces maladies. Soulignons que ce sera la première étude au monde à permettre de tirer de telles conclusions.

Une étude qui donne à réfléchir
Des chercheurs américains* ont comparé deux groupes de consommateurs, ceux du premier groupe mangeant surtout des fruits et légumes connus pour leur pollution élevée par les pesticides, et ceux du second consommant surtout des fruits et légumes peu pollués.

Résultat : les consommateurs du premier groupe ont un sperme de nettement moins bonne qualité que ceux du second (spermatozoïdes moins nombreux et moins mobiles). De quoi remettre en cause ce qu’affirme la plupart des nutritionnistes, à savoir que les e ets bénéfiques pour la santé des fruits et légumes seraient tels qu’il vaut mieux en manger plus, même avec des pesticides, que moins, à cause de leur prix, allusion évidente au bio. Chiu Y.H. al, Fruit and vegetable intake and their pesticide residues in relation to semen quality among men from a fertility clinic, Hum. Reprod. 2015, march 30.

 

L’étude BioNutrinet

Les chercheurs en charge de l’étude NutriNet-Santé lancent une étude spéci que, sur la consommation des aliments issus de l’agriculture biologique et leur impact nutritionnel, économique, environnemental et toxicologique : l’étude BioNutriNet

L’objectif de l’étude BioNutriNet : mieux comprendre qui sont les consommateurs de produits biologiques et les liens entre la consommation d’aliments biologiques et la santé. Première mondiale, cette étude portant sur une grande « cohorte » (groupe de sujets suivis pendant plusieurs années) va permettre de mesurer de façon très précise la consommation d’aliments issus de l’agriculture biologique et de pouvoir caractériser les consommateurs de produits biologiques et les consommateurs d’aliments conventionnels. Il sera ainsi possible, en fonction du type de consommation :

1. de comparer les pro ls sociodémographiques, psychologiques et économiques et les motivations des di érents consommateurs à l’égard de la durabilité de l’alimentation,

2. d’estimer l’apport en contaminants et l’impact environnemental des modes alimentaires liés à la consommation de produits issus de l’agriculture biologique,

3. de caractériser le statut nutritionnel (vitamines et minéraux), métaboliques des aliments consommés),

4. de préciser les relations avec la qualité de la santé et le risque de maladies chroniques.

Cette étude devrait concerner au moins 100 000 internautes (dont 50 000 consommateurs de produits biologiques) suivis dans le cadre de l’étude NutriNet- Santé.

(Extrait du communiqué de presse de NutriNet-Santé)