
Forte d’une nouvelle opération majeure, So.bio continue d’étendre son empreinte dans le paysage bio français. Son président, Benoît Soury, détaille la stratégie d’intégration du Grand Panier Bio, les perspectives de croissance et les premiers résultats encourageants du troisième trimestre.
Bio Linéaires : So.bio a fait l’acquisition de l’enseigne Le Grand Panier Bio il y a quelques semaines. Comment allez-vous faire évoluer cette enseigne ?
Benoît Soury : Cette enseigne a le mérite d’exister depuis longtemps. La première démarche de So.bio, c’est donc d’intégrer sans désintégrer. Autrement dit, de préserver l’ensemble de son savoir-faire. Bien sûr, son dirigeant quittera l’entreprise dans quelques semaines, mais notre priorité, pour l’instant, est d’aller à la rencontre de chaque point de vente afin d’expliquer que c’est une opportunité à la fois pour nous et pour eux. Grâce à cette acquisition, le volume d’activité du Grand Panier Bio est multiplié par dix, avec de meilleures conditions d’achat, une équipe plus nombreuse sur le terrain, etc. Notre volonté est de leur apporter un complément de services et de savoir-faire, tout en respectant leur indépendance, car par nature un franchisé doit le rester. C’est lui qui, chaque jour, dirige son magasin.
BL : Le nom de l’enseigne persistera-t-il dans l’avenir ou sera-t-il intégré à So.bio ?
B. S. : Aujourd’hui, l’enseigne existe toujours et aucune décision n’a été prise à ce sujet. Naturellement, cela se fera en concertation avec les franchisés. Nous avons le temps d’y réfléchir, ce n’est pas ma préoccupation du jour, ni de demain. C’est un sujet de long terme. Si l’on regarde le passé, nous avons acquis Bio Azur, progressivement transformé en So.bio, puis Bio c’Bon, dont nous avons conservé l’enseigne.
Ici, nous n’en sommes qu’au tout début : nous allons d’abord nous mettre au service du réseau de franchisés. C’est une belle enseigne, présente sur un petit nombre de magasins, et nous pourrons très bien imaginer à terme une signature du type Le Grand Panier Bio par So.bio. Bref, plusieurs options sont possibles, et nous nous poserons la question en temps voulu, avec le réseau.
BL : Le troisième trimestre vient de s’achever. Quel bilan faites-vous à fin septembre (en matière de chiffre d’affaires, de fréquentation, du panier moyen) ?
B. S. : La tendance reste très bonne. Globalement, nous avons connu un été tout à fait correct, suivi d’un mois de septembre dynamique. La fréquentation demeure un levier majeur de développement de l’activité et du chiffre d’affaires. Le panier moyen reste stable, ce qui est logique compte tenu des baisses de prix enregistrées sur certains produits.
Globalement, le troisième trimestre s’inscrit dans la tendance d’une amélioration du chiffre d’affaires dans le réseau bio spécialisé. Le fait que l’entreprise soit cotée ne me permet pas de communiquer des chiffres précis, mais la tendance est positive, et au regard de nos concurrents, So.bio / Bio c’bon n’a pas à rougir.
« Aujourd’hui, l’enseigne Le Grand Panier Bio existe toujours et aucune décision n’a été prise. Cela se fera en concertation avec les franchisés. Nous pourrons très bien imaginer à terme une signature du type Le Grand Panier Bio par So.bio. Nous nous poserons la question en temps voulu avec le réseau »
BL : Différentes opérations commerciales ont eu lieu pour la rentrée, notamment l’opération anniversaire. Quel bilan en tirez-vous ?
B. S. : Notre opération anniversaire a été une excellente réussite. Elle proposait 15 % de remise aux clients porteurs de la carte, et a très bien fonctionné : elle a favorisé la création de nouvelles cartes et généré une croissance du chiffre d’affaires sans précédent. C’est un signe fort de dynamisme pour la fin d’année.
BL : Un nouveau logo So.bio a été présenté récemment. Quels sont les premiers retours ?
B. S. : Ce nouveau logo n’est que la partie visible de l’iceberg. Les retours sont très positifs, d’abord en interne. Nous allons rapidement le décliner dans le cadre de l’évolution du concept So.bio, puisque nous préparons la réouverture – ou plutôt le remodeling – d’un magasin existant, au début de l’année prochaine, dans le Sud-Ouest.
L’objectif est de décliner non seulement le logo, mais aussi l’expérience client dans son ensemble : plus de visibilité, davantage de produits frais, de zones promotionnelles, de snacking… Nous devons sans cesse renouveler et rajeunir notre clientèle, et lui offrir un espace dans lequel elle puisse s’épanouir.
BL : Dans le contexte politique actuel, comment voyez-vous évoluer le marché ?
B. S. : Le contexte politique n’a pas d’incidence directe, mais il crée un sentiment de crainte et d’instabilité. Le taux d’épargne des Français est aujourd’hui très élevé – supérieur à 19,5 %. Cela signifie que ceux qui le peuvent, souvent les plus aisés et une partie de nos consommateurs, épargnent davantage en 2025 qu’en 2024 ou 2023. Cela freine naturellement une partie de la dynamique commerciale.
Pour l’instant, l’impact reste limité. Après le discours de politique générale du nouveau Premier ministre, nous verrons quelles seront les déclinaisons concrètes et leurs effets éventuels sur le pouvoir d’achat. Certains signaux, comme un possible gel du point d’indice, pourraient peser sur les retraités, qui représentent aussi une partie de notre clientèle. Il est donc trop tôt pour se prononcer, mais pour l’heure, pas d’incidence notable sur les volumes de consommation — ce qui est plutôt rassurant. L’essentiel, c’est un retour de la stabilité politique, pour redonner visibilité au monde économique comme aux consommateurs.
BL : Y a-t-il d’autres projets de rachat en cours ?
B. S. : Nous sommes clairement dans une période de consolidation du marché de la bio. Après la reprise des magasins de Rochefort et d’Orléans, Le Grand Panier Bio constitue la troisième opération pour So.bio cette année et la plus importante. Cette consolidation va se poursuivre, et So.bio, fort de la solidité de son actionnaire et de la feuille de route que nous nous sommes fixée, continuera d’en être un acteur majeur.
Propos recueillis par Antoine Lemaire






