NUMERO : Juil-Aout 2011

L’économie du lait

Situation économique de la filière laitière

Selon différentes enquêtes menées par le CNIEL, la FNAB, France Agrimer et tous les autres observatoires régionaux (Interbio Groupements Bio), la progression de la collecte de lait a fortement progressé. En deux ans, elle devrait se situer entre 40 à 45 % (2010-2011) avec près de 500 nouveaux producteurs bio. La collecte de lait bio en 2009 qui s’élevait à 264 millions de litres (+4,9 % par rapport à 2008) a atteint 281 millions en 2010 (+ 6,2 %) et devrait faire un bond à 344 millions à fin 2011. Le chiffre de 448,6 millions est même annoncé pour 2012. Pour 2011, c’est près de 100 millions de litres de lait bio supplémentaires qui doivent alimenter le marché. Face à cette situation, tous les opérateurs de la filière lait doivent s’organiser pour maîtriser à la fois ce développement de conversion et surtout maintenir un niveau de prix équitable pour tous. En effet, différentes questions se posent : où et comment va s’organiser la production ?, comment maintenir des prix rémunérateurs ?, comment vont être gérer les importations en bio ?… Espérons que la loi de modernisation agricole votée en juillet dernier et applicable pour le secteur laitier depuis le 1er avril 2011 engendrera des relations fiables et durables entre producteurs et collecteurs. Rappelons qu’elle propose de nouveaux outils aux filières dans l’objectif d’améliorer l’adéquation entre offres et demandes et vise normalement à renforcer la concertation entre les acteurs des filières, à différents niveaux.

La transformation

Les fabrications de produits laitiers bio ont également progressé en 2010 et la majorité du lait bio (soit 143 millions de litres) est toujours destinée à la transformation. Les produits frais ont enregistré une hausse particulièrement importante de 25 % . Les fabrications de fromages issus de lait bio ont augmenté de 14 %, celles de crème de 29 % et celles du beurre de 6 % (contre 13,5 % en 2009).Les achats des ménages de produits laitiers bio ont aussi fortement évolués en 2010. Les achats de lait conditionné bio, qui représentent 5 % du segment ont évolué de 6,2 %. Les yaourts bio, dont la part ne représente que 2,4 % des yaourts au total, ont enregistré une hausse de 26 %.

Importation : baisse ou augmentation ?

Les experts estiment les achats de lait bio hors frontières à près de 120 millions de litres. La question est de savoir si ceux-ci vont baisser ou carrément disparaitre d’ici deux ans suite au développement des conversions. Apparemment peu car différents facteurs sont à prendre en compte : la baisse des rendements laitiers (selon les races jusqu’à moins 15 %), le retour en conventionnel de certains bio, les départs à la retraite non remplacés, la météo. Mais ce qui semble le plus probable : l’indice prix, en raison du lait allemand, autrichien ou danois généralement plus avantageux !

Part du lait et des produits laitiers bio vendus selon les circuits de distribution

Situation réglementaire

Depuis 2009, la réglementation en matière d’élevage a changé. Désormais, en France, «tout» le bio est régie par :

● le Règlement européen n°834/2007 du 28 juin 2007 relatif à la production biologique et abrogeant le règlement (CE) n°2092/91 ainsi que ses règlements d’application (n°889/2008 du 5 septembre 2008.)

● des cahiers des charges nationaux pour un certain nombre de productions non couvertes par ce règlement européen : lapins, escargots, autruches…

Des cahiers des charges plus strictes

Demeter, Nature & Progrès, Bio Cohérence disposent de leurs propres cahiers des charges. Ils répondent à des critères plus strictes à la fois pour la production végétale et animale mais abordent aussi des notions non inscrites dans le règlement CEE comme des critères environnementaux, sociaux et économiques. Nous reprenons ci-après (voir tableau) quelques points du cahier des charges « productions végétales et animales» de ces différentes associations gestionnaires de marques.