Le 23e baromètre de l’Agence Bio, réalisé avec L’ObSoCo, confirme le retour de la croissance de la consommation bio en 2025. Si la reprise est marquée dans tous les circuits de distribution, le réseau spécialisé s’affirme en moteur avec une progression de +7 %.
Une reprise nette de la consommation
59 % des Français déclarent consommer bio au moins une fois par mois (+5 points par rapport à 2024), une croissance portée par l’augmentation de consommateurs hebdomadaires de bio (35 % vs 30 % en 2024).

Parallèlement, la part de Français indiquant consommer bio moins d’une fois par mois a baissé de deux points (24 % vs 26 % en 2024) et celle de ceux qui n’en consomment jamais de trois points (17 % vs 20 % en 2024), preuve d’un vrai retour vers la consommation de produits bio.
Fait marquant : la hausse concerne toutes les catégories de population, quels que soient l’âge, le niveau de vie ou le profil socioculturel (voir les tableaux ci-dessous). Avec des hausses significatives dans quasi toutes les catégories socioprofessionnelles (des inactifs aux CSP+) et chez les plus modestes (+7 points) ; la hausse la plus importante étant relevée chez les personnes âgées de 35 à 44 ans (+10 points).

La consommation bio reste toutefois hétérogène selon les régions avec, par exemple 40 % des Français qui consomment bio une fois par semaine dans le Sud-Est (PACA + Corse) et en Ile-de-France contre 26 % dans les Hauts-de-France (voir tableau ci-dessous).

Un marché qui reprend des couleurs sur tous les circuits
Les premières estimations pour 2025 confirment une croissance du marché à domicile de 3 à 4 %. Tous les circuits participent à la dynamique :
- Grande Distribution : Retour dans le vert avec +2 % en valeur, après une chute de 13 % entre 2021 et 2024.
- Magasins spécialisés : Ils maintiennent une dynamique solide avec +7 % de croissance.
- Vente directe et Artisans : Respectivement +5 % et +0,5 %.
Dans les paniers : des locomotives bien identifiées
Les consommateurs mensuels de bio indiquent privilégier, en bio, les fruits et légumes (85 %), les produits laitiers (59 % – même s’ils indiquent une consommation en baisse par rapport à 2024), les produits d’épicerie (52 %) et carnés (49 %), avec une croissance marquée de la consommation de viandes bio.
L’un des principaux ressorts de cette reprise tient au relâchement progressif de la pression financière qui pesait depuis 2022 sur les ménages français. En 2025, la part des Français déclarant se restreindre fortement sur leurs dépenses alimentaires recule de 3 points.


Des défis persistants, l’amont fragilisé
Malgré ces signaux positifs, le baromètre souligne des points de vigilance cruciaux pour les professionnels :
- Le recul de l’offre : Pour la première fois, le nombre de producteurs engagés recule de 0,6 %. La fragilité de l’amont, surtout en élevage, interroge la capacité à préserver les équilibres de filière et la souveraineté alimentaire acquise en bio. La question de l’adéquation offre-demande redevient stratégique.
- Une image prix toujours élevée : 94 % des répondants se disent d’accord avec l’affirmation que les produits bio sont souvent plus chers et 34 % des Français ne trouvent pas normal qu’un produit bio soit plus cher qu’un non bio (vs 31 % en 2024).
- Confusion et confiance : Si 74% des Français jugent le bio meilleur pour la santé, des doutes sur l’authenticité des produits et une confusion entre « bio » et « local » persistent.
- Le levier de la restauration : Il existe une forte attente pour plus de bio en restauration collective et commerciale, en accord avec les objectifs EGalim. Encore faut-il les appliquer !
La santé comme principal moteur de la consommation
57 % des consommateurs réguliers de produits bio invoquent la santé comme motivation à leur consommation et 74 % des Français estiment que les produits biologiques sont meilleurs pour la santé. Dans le même temps, 65 % se disent inquiets des effets possibles de l’alimentation sur leur santé (+2 points vs 2024) et 68 % (+3 pts) se disent très attentifs sur le sujet.
Un baromètre publié dans un contexte paradoxal
La publication de ces résultats positifs intervient dans un contexte institutionnel inédit. Pour la première fois, l’Agence Bio ne disposait pas de stand au Salon International de l’Agriculture, faute de budget, mais était présente à l’extérieur du salon dans un minibus. La situation est paradoxale : alors que l’État a opéré une coupe de 64 % du budget de l’Agence Bio en 2025, les Français, eux, renouent avec le bio. Si la reprise est là, reste à lui donner les moyens de s’inscrire dans la durée.





