
Dérèglement climatique, changements géopolitiques : l’agriculture française n’a plus le choix, elle doit repenser son modèle. Dans le Lot-et-Garonne, Amandera montre la voie. L’entreprise a livré en 2025 sa première production de noisettes bio. Un pari réussi grâce à un modèle agricole et économique innovant.
Et si la noisette devenait l’un des symboles de la transformation agricole française ?
C’est le défi qu’a choisi de relever la société Amandera. Fin 2025, l’entreprise a récolté ses premières noisettes bio dans le Lot-et-Garonne. Une étape importante. Longtemps, ce fruit délicat, sensible au stress hydrique et aux maladies, a été jugé peu compatible avec une production biologique à grande échelle en France.
Lorsque, le fondateur, Rémy Frissant plante ses noisetiers en 2019 sur 23 hectares, le cap est clair : la robustesse plutôt que la performance à court terme. « Avec le dérèglement climatique, nous devons anticiper des variations de volumes et de qualité. Notre rôle est de préparer les vergers à encaisser ces chocs », explique-t-il.
Dans cette logique, Amandera travaille avec des pratiques agroécologiques : couverture permanente des sols, biofertilisants, réintroduction de biodiversité végétale. Résultat : plus de matière organique, des sols plus vivants et des vergers plus résilients. À l’été 2024, marqué par des excès d’eau, les noisetiers d’Amandera ont mieux résisté à l’asphyxie racinaire que nombre de vergers conventionnels.
L’innovation est aussi économique. Inspirée des principes du commerce équitable, Amandera a noué avec Agro Sourcing un partenariat fondé sur des engagements de volumes et de prix sur trois ans. Une sécurité rare pour une filière naissante. « Démarrer une production bio à partir de zéro, c’est risqué. Cet engagement change tout », confie Rémy Frissant.
Cette aventure est aussi le fruit du soutien de 1 200 citoyens-actionnaires, qui ont participé au financement de la création d’Amandera.
Comme le résume son fondateur : « L’agriculture, ce n’est pas seulement être propriétaire terrien. C’est partager la responsabilité de prendre soin de la terre. »




