La pertinence écologique du vrac liquide en question

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Dans le cadre du colloque Ambition Zéro emballage à 360°, organisé par Entrepreneurs Bio des Pays de la Loire, une table ronde était proposée le 3 juin autour du thème « Le vrac, utopie ou solution d’avenir ? » Pour l’occasion, le réseau Invitation à la Ferme, l’association Bio Consom’acteurs, Satoriz ainsi que des acteurs de l’emballage (Ligepack) ou Réseau Vrac ont échangé sur la question. Si le vrac permet d’agir sur la réduction des emballages, est-il pour autant toujours vertueux pour l’environnement ? Parmi les intervenants, Jacques Minelli, directeur commercial des magasins bio Satoriz, a fait part de ses interrogations quant à la pertinence écologique du vrac liquide.

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Pleinement convaincu de l’intérêt écologique du vrac sec, Jacques Minelli s’avoue en effet dubitatif sur celui du vrac liquide. « Le plastique à l’intérieur d’un bidon de 20l fait 850 g ; si on le divise par 20, ce qui correspond au nombre de bouteilles qu’il est censé éviter, on a un poids de 42,5 g alors qu’une bouteille en plastique à 35,2 g est plus légère. Ce qui signifie que même avant que le consommateur ne se serve, le bénéfice écologique est négatif. » Jacques Minelli souligne aussi la difficulté à évaluer la pertinence du bib (bag in box) : « le sachet plastique inséré dans le carton pèse à peu près le tiers des plastiques qui sont évités mais les bouteilles individuelles sont faites en PET qui est recyclable alors que les bib sont équipés d’un plastique multicouches au recyclage très coûteux, donc les plastiques sont majoritairement enfouis ou incinérés. Ça pose question ». 

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Célia Rennesson, directrice de Réseau Vrac, a évoqué des initiatives locales où des bidons sont récupérés pour être nettoyés ainsi que le dispositif mis en place par l’équipementier Jean Bouteille de collecte des poches de bib usagées. Célia Rennesson a reconnu que des efforts supplémentaires devaient être faits dans le vrac au niveau des emballages. C’est d’ailleurs l’objectif de l’opération Hub Vrac qui vise à trouver régionalement des solutions plus vertueuses aux emballages amont des fournisseurs.

Notons, que l’Ademe a mené une étude sur la pertinence de la consommation en vrac sur la limitation des emballages dont les conclusions devraient être dévoilées avant cet été. 

Nous reviendrons plus en détail sur ce sujet dans Bio Linéaires N°97 de septembre – octobre 2021.

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