NUMERO : juillet-aout 2013

La relation entre les Hommes et les plantes médicinales

Avant que la science matérialise son analyse des maladies, les observations transmises de génération en génération et un certain empirisme ont permis pendant des siècles de soigner une multitude de maux.

Au cours de l’histoire, il y eut une longue évolution pour arriver à la situation dominante au XXIe siècle : l’omniprésence de la science dans toutes les démarches médicales même les plus anodines et les plus élémentaires. Certains anthropologues prétendent que nos lointains ancêtres ont systématiquement goûté à toutes les plantes sauvages qui les environnaient pour en arriver à identi er les avantages et les inconvénients de chacune !…

Dans un passé reculé, la Plante est considérée avec respect du fait de son alliance avec les forces de guérison. Toutes les approches médicales qui sont nées au cours de l’histoire humaine font référence de façon claire et précise, à la grande place des plantes dans les processus de soins et de guérison.

 

Des approches unitaires de la santé naturelle

la médecine anthroposophique (fondée par Rudolf Steiner) nous fait percevoir les plantes dans leur relation avec le cosmos. L’anthroposophie propose une vision du monde humaniste qui intègre les dimensions matérielles et spirituelles de l’être humain

la médecine hildegardienne repose sur les étroites relations entre l’homme et les créatures irrationnelles et spécialement le monde des plantes. Pour Hildegarde de Bingen, la maladie n’est pas un fardeau ni une chose terri ante mais une chance de modi er toute sa vie, de se libérer de ses charges négatives, de ses vices et de devenir un être nouveau.

la médecine ayurvédique, une des plus anciennes et des plus connues des médecines de l’Inde, s’intéresse à la santé au sens large, incluant l’hygiène de vie, le corps et l’esprit, la diététique, la phytothérapie, les cures, les massages, le yoga… Ces trois approches de la médecine sont des

médecines d’observation. Elles sont holistiques dans le sens qu’elles proposent une vision unitaire de l’être humain face à la problématique de la maladie et donnent une grande place aux plantes dans les choix thérapeutiques.

 

Les pratiques empiriques

L’école des empiriques commence avec Aristote, père de la logique (384-322 av. J.C.). Il prône l’utilisation de préparations magistrales dont l’e cacité est prouvée par l’expérience :

la thériaque est une préparation médicamenteuse ancestrale composée de nombreux constituants et longtemps utilisée comme une panacée. Il en existe plusieurs recettes : la thériaque de Galien, la pré- paration des philosophes, la thériaque terrible, la thériaque de Venise, le vinaigre des 4 voleurs…

Diverses préparations sont composées de 100, 84 73, 49 ingrédients pour les riches, celle des pauvres se fait à partir du genièvre, celle des paysans est concoctée à partir d’ail (parfois exclusivement d’ail), dont l’usage traditionnel combat les infections -internes et externesde toutes sortes.

la théorie des simples… «Simple» est un mot qui apparut au XVe siècle et désignait alors un remède élaboré à partir d’une seule substance. Le mot fut ensuite appliqué uniquement aux plantes médicinales. Cette pratique résulte d’un mélange de traditions populaires et de références chrétiennes où l’homme est indissociable de l’univers. Au cours du XIIe siècle, on remarque une laïcisation progressive de la pharmacie, lorsque l’Église interdit l’exercice de la médecine dans les couvents : les moines s’établissent dans les villes ou les campagnes pour devenir médecin et préparent leurs remèdes.

La théorie des signatures Élaborée à

 

partir d’un mélange de traditions où tous les éléments de la Création Divine sont en correspondance symbolique, les plantes sont chargées de sens portés par… la morphologie, la couleur…

Un végétal est supposé aider à guérir un mal ou soulager un organe dé cient lorsque sa forme atteint des ressemblances avec eux. Ces correspondances reposent toujours sur des «signes» en relation avec l’anatomie ou la physiologie humaine et certaines particularités du monde végétal, minéral ou animal.

Theophraste Bombast von Hohenheim, le médecine suisse dit «Paracelse» (1493-1541) est à l’origine de la théorie des signatures. Plus alchimiste que médecin, il critique les apothicaires (pharmaciens de l’époque) et les médecins qui prescrivent des purgatifs et vomitifs complexes et souvent mortels.

Il prône le retour à des traitements simples inspirés par la doctrine des signatures des plantes que l’on trouve dans notre environnement. Pour lui, la plante témoigne d’un message.

Ainsi la griffe du diable (Harpagophytum) ressemblant à la main déformée d’un arthritique serait la plante indiquée pour soigner l’in ammation de l’arthrite déformante ; le haricot sec avec sa forme de rein miniature serait béné que pour le bon fonctionnement rénal (en cas de lithiase phosphatique par exemple) ; la betterave rouge produit un jus rouge qui rappelle le sang et sera utilisée dans les cas d’anémie, d’appauvrissement du sang, de maladie hémolytique ; la pulmonaire avec ses lobes rappelant les lobes des poumons est indiquée dans les a ections respiratoires avec le persil dont le feuillage ressemble aux bronches et bronchioles ; les cerneaux de noix, cerveau miniature, seront utilisés pour la fatigue intellectuelle alors que la carotte dont la découpe en rondelles présente des «pupilles irisées» sera utilisée pour les problèmes de vue…

La science d’aujourd’hui confirme ces indications empiriques…

 

Les pratiques populaires

Les préparations médicinales dites «de bonnes femmes» (il semble qu’autrefois on écrivait «de bonne fame» c’est-à-dire de bonne

réputation d’après le latin de bona fama) ont été transmises de génération en génération, généralement par des femmes attentionnées et connaissantes des arcanes des plantes (rites de la cueilette à des périodes ou des jours particuliers en fonction de la con guration des planètes et de l’in uence lunaire…).

● Les femmes ont été, au cours des temps, les dépositaires des secrets des plantes médicinales. Héritières du savoir familial adapté à leur famille, elles ont su perpétuer la connaissance des plantes, le savoir des simples, indispensable à la survie dans les hameaux isolés et les bourgades sans médecin (déjà à l’époque !)».

 

Cures et monodiètes

Manque d’exercice, nourriture trop riche, stress, pollution : notre organisme stocke et accumule des calories excessives. Cet encrassement empêche la régénération de nos tissus et ralentit l’élimination des toxines.

À l’heure où une partie de la population sou re de divers maux reliés à la surabondance alimentaire, la monodiète (c’est-à-dire : l’absorption d’aliments uniques et naturels sous des formes di érentes et savoureuses durant une courte période) constitue un traitement des plus e caces pour nettoyer notre système. L’organisme en ressentira les bienfaits rapidement.

● Guide conseil sur les aliments recommandés pour une cure alimentaire.

● Les émonctoires naturels, comment les purifier.

● Les symptômes d’intoxication et de puri cation. Le choix d’aliments, méthodes d’acupression dépurative, conseils selon les di érentes pathologies et métabolisme. Les monodiètes sont faciles à mettre en œuvre et présentent beaucoup moins d’inconvénients et de risques que le jeûne. Les judicieux conseils appliqués dans cet ouvrage vous permettront de personnaliser votre cure de santé et de repartir du bon pied.

 

200 pages – Parution : janvier 2013

Editeur : MÉDICIS

ISBN : 978-2-85327-453-1

Ancien membre de l’Académie des sciences de New York, Jean-Claude Rodet est un homme franco-canadien né en 1944 à Saint Vérand (Rhône). Il est co-fondateur et vice-président de l’IIRHB qui propose un programme complet de formations professionnelles dans diverses disciplines de médecines naturelles : Homéopathie, Naturopathie, Nutrithérapie, Phytoaromathérapie.