NUMERO : Jan-Fev 2012

La vitamine C… l’incontournable (suite)

« Naturelle » ou « de synthèse » ?

La vitamine C naturelle et la vitamine C de synthèse sont chimiquement identiques, il s’agit d’acide L-ascorbique. Plusieurs études ont comparé leur biodisponibilité et leur activité biologique sans trouver de différences notables. Le point de départ de celle de synthèse est une céréale (maïs ou blé) dont l’amidon est transformé en glucose, qui lui-même donne naissance à un autre sucre, le sorbitol. Ce dernier va être fermenté en sorbose et ensuite transformé en vitamine C.

Les types de vitamine C

La plupart des compléments de vitamine C de vos fournisseurs sont sous ces formes :

Acérola, c’est-à-dire issue d’une petite cerise. En sachant que généralement il y a un ajout d’acide L-ascorbique de synthèse afin d’arriver à 500 mg ou à un gramme de vitamine C par comprimé,

Acide L-ascorbique,

Ester-C, qui est la forme estérifiée, c’est-à-dire neutre, et qui peut donc être préconisée chez toutes les personnes qui ont un estomac fragile. Cette forme contient de l’ascorbate de calcium associé à de petites quantités d’acide L-ascorbique oxydée, de thréonate de calcium et d’autres éléments traces.

L-ascorbyl palmitate, une forme liposoluble, qui est en fait le couple : vitamine C et acide palmitique (un acide gras saturé). Selon les connaissances actuelles, les différences d’efficacité entre les formes de vitamine C sont minimes et nous ne trancherons pas ici sur une forme plutôt qu’une autre à recommander à vos clients. L’essentiel est d’avoir en magasin plusieurs formes galéniques pour satisfaire toutes les demandes.

A qui la conseiller ?

● Les fumeurs car la fumée de cigarette, à l’origine de radicaux libres, détruit cette vitamine

● Les personnes âgées

● Les personnes atteintes d’anémie

● Les personnes ayant subies un stress physique ou psychologique (dans ce cas partez sur une base de 2 à 3 g par jour sur quelques jours)

● Les personnes qui prennent au long cours des anti-inflammatoires, des anti-rhumatismaux comme l’aspirine, les corticoïdes ou encore des contraceptifs oraux car ces médicaments diminuent le taux sanguin de vitamine C.

● Les personnes qui souffrent d’arthrite rhumatoïde, de maladies inflammatoires du côlon (Crohn, rectocolite ulcéreuse), de pathologies vasculaires : athérosclérose ou qui ont eu un infarctus.

● Les personnes souffrant de pathologies respiratoires : asthme, bronchite chronique car la vitamine C est surconsommée par les réactions inflammatoires qui occupent la sphère respiratoire.

● Les personnes stressées et surmenées

● Les sportifs (activité intense ou d’extérieur)

Précautions et effets indésirables

Les suppléments de vitamine C à des doses supérieures à deux grammes par jour pourraient selon certaines études favoriser les calculs rénaux chez les personnes prédisposées. La consommation sur le long terme de hautes doses de suppléments de vitamine C est donc à éviter en cas d’insuffisance rénale. Il est aussi parfaitement déconseillé de la recommander en cas d’hémochromatose (surcharge en fer). La consommation de fortes doses peut aussi entraîner une accélération du transit intestinal allant jusqu’à la diarrhée. Il s’agit du seuil de tolérance intestinale. Dans ce cas, il faut faire diminuer les doses jusqu’au retour à la normale des selles.

Action prolongée ou non ?

Les comprimés à « Action Prolongée » ou « Action Retard » permettent d’apporter facilement la dose optimale de vitamine C, avec une diffusion horaire qui ne dépasse pas le seuil maximum d’absorption. La vitamine C est progressivement libérée pendant 6 à 8 heures dans l’organisme.

Avec ou sans flavonoïdes ?

Les flavonoïdes sont une famille de substances appartenant à un groupe plus important, celui des polyphénols. On en trouve dans tous les fruits et légumes. Associés à la vitamine C, ils permettent d’en augmenter l’absorption et également de favoriser la circulation sanguine. A qui la conseiller plus particulièrement ? Pour tous, dès le plus jeune âge et surtout pour certaines populations, et en particulier :

● Les diabétiques (de type 1 et 2)

● Les femmes enceintes et allaitantes

Idée reçue : la vitamine C empêche de dormir !

Cette croyance tire son origine d’une ligne inscrite sur toutes les notices des comprimés de vitamine C retrouvés en pharmacie : « Il est préférable de ne pas prendre ce médicament en fin de journée à cause de son effet légèrement stimulant ». Cette petite précision a été notée dans les effets indésirables dès la première mise sur le marché par Roche en 1934. Certes, la vitamine C participe à la synthèse de la dopamine, un messager chimique du cerveau impliqué dans l’éveil et la vigilance, mais de là à empêcher de dormir ! ! ! De plus, après les multiples études réalisées sur celle-ci, aucune n’a réussi à démontrer jusqu’ici qu’elle nuisait au sommeil, même à de fortes doses, c’est-à-dire environ 4 grammes