L’amélioration des ventes des produits bio en grande distribution est difficile à installer durablement. Après un début d’année 2026 qui semblait amorcer une reprise (+1,1% en cumul à la période P2), les produits labellisés repartent sévèrement dans le rouge sur la dernière période avec un recul de -0,8 % en valeur pour l’ensemble des PGC FLS, selon les dernières données de Circana (P2-2026).
Ce recul est lisible sur les grands rayons des PGC FLS
Le secteur DPH (Droguerie, Parfumerie, Hygiène) s’enfonce avec une chute de -11,2 %, tandis que le total Alimentaire, jusqu’ici moteur, bascule également en territoire négatif à -0,2 %. La dégradation est particulièrement marquée en Hygiène Corporelle (-18,9 %) et sur des segments alimentaires de fond de placard comme l’Épicerie salée (-3,8 %) ou le Traiteur LS (-8,0 %).
La stabilisation des assortiments reste précaire, comme en témoigne l’érosion constante de la part de marché du Bio, qui ne représente que 4,0 % de la valeur totale (-0,1 point).
Performance globale du DPH : bio vs non-bio
Le contraste entre les deux segments est frappant, particulièrement sur la période la plus récente :
- Dernière Période (P2 -26) : Le bio s’effondre de -11,2 % (18,9 M€), alors que le non-bio recule plus modérément de -2,3 % (1,2 Md€).
- Cumul Courant (2026) : La tendance reste négative pour le bio à -7,6 %, tandis que le non-bio parvient à une légère croissance de +0,2 %.
- CAM : Sur un an, le DPH bio chute de -9,5 %, là où le non-bio est à l’équilibre (0,0 %).
- Poids du Bio : La part de marché du bio dans le DPH s’érode, passant de 1,6 % à 1,5 % en dernière période (-0,2 point).
Alimentaire : le non-bio creuse l’écart avec le bio
L’analyse du secteur Alimentaire montre une situation plus nuancée que le DPH, mais confirme un essoufflement récent. Si le bio reste globalement en croissance sur l’année, il bascule légèrement dans le rouge sur la période la plus récente, creusant l’écart avec le segment non-bio qui maintient une dynamique solide.
1. Performance globale de l’Alimentaire : bio vs non-bio
| Période | Évolution Valeur Bio | Évolution Valeur Non-Bio | Poids Valeur Bio |
| Dernière Période (DP) | -0,2 % | +3,2 % | 4,4 % (-0,1pt) |
| Cumul P2 2026 | +1,6 % | +3,5 % | 4,4 % (-0,1pt) |
| CAM P2 2026 | +1,3 % | +2,6 % | 4,2 % (-0,1pt) |
Le segment non-bio surperforme systématiquement le bio, avec une croissance annuelle de +2,6 % qui s’est même accélérée à +3,2 % en dernière période. À l’inverse, le bio a vu sa croissance s’éroder, passant de +1,6 % en début d’année à un léger recul de -0,2 %.
2. Les contrastes par catégories
L’alimentaire est marqué par une très forte hétérogénéité des performances :

Là où le bio surperforme le non-bio
Dans certains rayons spécifiques, le bio affiche une vitalité exceptionnelle, souvent bien supérieure au conventionnel :
- Volaille LS : Une croissance record de +28,2 % en dernière période (contre +9,5 % pour le non-bio).
- Ultra frais non laitier : Reste très dynamique à +26,7 % en dernière période (+8,3 % pour le non-bio).
- Boucherie LS : Le bio progresse de +11,8 % en DP, faisant mieux que le non-bio (+10,9 %).
Là où le bio décroche lourdement
À l’opposé, des piliers de la consommation Bio s’effondrent, subissant des arbitrages massifs :
- Surgelés sucrés : Un recul massif de -34,8 % en P2-26, alors que le non-bio est en hausse de +4,2 %.
- Traiteur LS : Chute de -8,0 % pour le bio en P2-26 contre une progression de +3,6 % pour le non-bio.
- Épicerie salée : Le bio s’enfonce à -3,8 % en P2-26 tandis que le non-bio reste positif à +1,4 %.
- Saurisserie : Recul de -4,4 % en P2-26 pour le bio face à une croissance de +1,7 % pour le non-bio.
Classement des familles bio les plus importantes (P2-26) et leur croissance
Le marché total PGC FLS bio sur la dernière période s’élève à 424 062,4 K€, en recul de -0,8 %.
Voici le classement des familles par importance (poids valeur) et leur dynamique :
1. La Crèmerie : le premier pilier et moteur principal
C’est la famille la plus lourde du panier bio et l’une des rares grandes familles à tirer la croissance vers le haut.
- Ventes : 127 714,8 K€.
- Poids : Environ 30,1 % du total bio.
- Évolution : +1,9 %.
- Impact pondéré : C’est le premier contributeur positif au marché, porté notamment par l’Ultra frais laitier (+5,4 %) et le segment Beurre/Œufs/Lait (+1,1 %).
2. L’Épicerie sucrée : un poids lourd qui stagne
- Ventes : 115 888,3 K€.
- Poids : Environ 27,3 % du total bio.
- Évolution : +0,4 %.
- Impact pondéré : Sa contribution est quasiment neutre. Si le segment des petits déjeuners résiste bien (+2,4 %), il est compensé par le recul de la panification sèche (-11,1 %).
3. L’Épicerie salée : le principal frein du marché
Malgré son importance, c’est cette famille qui pèse le plus lourdement sur la baisse du total bio.
- Ventes : 88 306,8 K€.
- Poids : Environ 20,8 % du total bio.
- Évolution : -3,8 %.
- Impact pondéré : C’est le premier contributeur négatif. Le recul marqué des assaisonnements et condiments (-6,8 %) et des conserves de légumes (-7,4 %) explique cette contre-performance.
4. Le Frais non laitier LS : un relais de croissance dynamique
- Ventes : 38 225,6 K€.
- Poids : Environ 9,0 % du total bio.
- Évolution : +1,2%.
- Impact pondéré : Cette famille contribue positivement grâce à des « pépites » en très forte croissance : les volailles LS (+28,2 %), l’ultra frais non laitier (+26,7 %) et la boucherie LS (+11,8 %). Ces gains compensent la chute du traiteur LS (-8,0 %).
5. L’Hygiène (DPH) : une chute sévère malgré un faible poids
- Ventes : 18 855,6 K€.
- Poids : Environ 4,4 % du total bio.
- Évolution : –11,1 %.
- Impact pondéré : Bien que son poids soit limité, sa chute brutale (notamment -18,9 % en Hygiène corporelle) tire l’ensemble des PGC FLS vers le bas.
Synthèse du classement par contribution à la croissance (impact pondéré)
| Rang | Famille | Poids CA Bio | Évolution DP | Contribution à la tendance |
| 1 | Crèmerie | 30,1 % | +1,9 % | Positive (Moteur) |
| 2 | Frais non laitier LS | 9,0 % | +1,2 % | Positive (Relais) |
| 3 | Épicerie sucrée | 27,3 % | +0,4 % | Neutre |
| 4 | Hygiène (DPH) | 4,4 % | -11,1 % | Négative (Frein) |
| 5 | Épicerie salée | 20,8 % | -3,8 % | Négative (Frein majeur) |
En résumé
La croissance du Bio sur la dernière période est portée par les produits frais (volailles, crèmerie, boucherie) mais est « plombée » par l’épicerie salée et l’hygiène, dont le recul en valeur est supérieur aux gains des autres rayons.







