Le marché bio s’élève à 13,2 milliards d’euros

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En 2020, le marché bio a gagné 10,4 points par rapport à 2019 en France pour atteindre 13,2 milliards d’euros selon les chiffres de l’Agence Bio révélés le 9 juillet. Les produits bio représentent désormais 6,5 % de la dépense alimentaire des ménages. Le marché alimentaire en magasin bio s’élève à 3,61 milliards d’euros, ce qui confirme l’estimation de Bio Linéaires N°93 parue en décembre dernier (écart de 0,1 %).

« Le monde demain sera plus bio », s’est réjouie Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio, lors de la présentation des chiffres du marché en 2020. Le montant de la dépense bio s’élève en 2020 à 188 € par an et par habitant et le marché dépasse les 13 milliards d’euros (restauration hors domicile incluse). La consommation de produits biologiques en France – qui a quasi doublé au cours des cinq dernières années – s’élève à 12,67 milliards d’euros pour la consommation à domicile (+12,2 % vs 2019) et 505 millions d’euros pour la restauration hors domicile (RHD), très impactée par la crise sanitaire avec -21 % par rapport à 2019. 

+ 30 % pour la bière et les surgelés en 2020

Certaines familles de produits ont vu leur marché exploser :
+ 33 % pour la bière,
+ 30 % pour les produits surgelés,
+ 17 % pour l’épicerie sucrée / salée,
+ 14 % pour les œufs,
+ 13 % pour le vin et les boissons végétales.

Achats en magasin bio : + 13,1 %

La progression des différents circuits de distribution de produits bio est relativement homogène. Elle oscille entre +11,3 %
pour les artisans-commerçants et +13,1 % pour la distribution spécialisée bio.
La GMS domine toujours les ventes de produits bio aux ménages avec 54,7 % des parts de marché. Néanmoins, elle enregistre un taux de croissance annuel plus faible que la distribution spécialisée bio (+11,9 % vs +13,1 %) qui, elle, comptabilise 28,5 % des parts de marché. Dans le détail, les magasins en réseau tiennent le haut du pavé (24,9 % des ventes) loin devant les indépendants (3,6 %).

Les magasins bio, de taille généralement plus modeste et le plus souvent implantés dans les centres urbains, ont eu la faveur des consommateurs au cours de l’année 2020, souligne l’Agence Bio qui annonce une croissance de 16 % pour les magasins en réseau malgré un ralentissement des ouvertures, tandis que les magasins indépendants reculent pour la deuxième année consécutive (-3,4 %). 

Bio Linéaires, une estimation au plus près du marché 

La distribution spécialisée bio comptabilise 28,5 % des parts du marché bio total de 12,67 milliards d’euros (consommation à domicile) soit 3 616 millions d’euros (voir tableau ci-dessus). Pour rappel, Bio Linéaires avait estimé le marché alimentaire en magasin bio à 3 611  millions d’euros dans son numéro 93 (janvier/février 2021) – paru en décembre 2020. Il s’agissait alors d’un cumul annuel mobile à fin novembre 2020. Nous avions donc estimé le marché en magasin bio avec un écart de 0,1 % de différence.

2/3 des produits bio d’origine France

Deux-tiers des produits bio sont d’origine France avec un taux d’importation des produits bio stable à 33,5 % en 2020 (33,1 % en 2019). Avec dans le Top 5 des produits bio origine France : le vin et autres boissons alcoolisées (99 %), les œufs (99 %), le lait et les produits laitiers (98 %), les viandes fraîches et transformées (95 %) et les légumes (78 %).

Des acteurs bio toujours plus nombreux

79 018 opérateurs sont certifiés bio en France en 2020. Cela représente 5 994 fermes bio supplémentaires (+13 %) et 2 704 entreprises engagées en bio de plus (+12 %) par rapport à 2019. L’ensemble de la filière bio compte 200 000 emplois (+12 %).

9,5 % de terres sont cultivées en bio en France en 2020, la surface bio a doublé en cinq ans. La France compte désormais 2,55 millions d’hectares bio avec une croissance à deux chiffres des surfaces pour la quasi-totalité des régions.

La PAC en question

À lire aussi -> Arbitrages de la PAC : la bio ne s’y retrouve pas

En fin de conférence de presse, plusieurs questions ont abordé la politique agricole commune (PAC) dont les arbitrages français ont ulcéré les acteurs de la bio (lire nos précédents articles). Philippe Henry, président de l’Agence Bio, a indiqué l’action de l’Agence Bio sur le sujet : « Nous avons fait une contribution commune à l’Agence au PSN, Plan Stratégique National, la déclinaison française de la PAC, avec trois éléments : 1. qu’il fallait mettre l’argent pour convertir 400 à 450 000 hectares, 2e point, nous avons évoqué la question d’un PSE bio, paiement pour service environnemental affecté au bio pour les aménités positives du bio, vous le savez, l’agriculture biologique est vertueuse pour la protection de l’eau, pour la protection de l’air, pour la protection de la biodiversité et pour le changement climatique, on voulait que ce PSE soit inscrit dans le cadre de la PAC, signé par quatre famille : l’APCA, la Fnab, le Synabio et Coop de France, et le 3e point, c’est que les aides bio soient cumulables. C’était nos revendications ».

« Nous sommes devant une politique publique
qui n’est pas à la hauteur », Philippe Henry

Si Philippe Henry, s’est réjoui que la première revendication soit « dans les tuyaux, c’est une bonne nouvelle », il a ajouté : « Je n’ai pas vocation à commenter les décisions politiques, par contre, ce qui me chagrine, c’est que nous avons des défis immenses devant nous, qui sont le changement climatique et la biodiversité qui vont impacter l’agriculture bio comme pas bio, et nous sommes devant une politique publique qui n’est pas à la hauteur de ces enjeux-là, qui ne l’est franchement pas ni en France ni en Europe. Moi, je suis inquiet parce que mes enfants, mes petits-enfants, demain, auront une dette climatique qui va être plus compliquée que la dette financière ».

Retrouvez l’ensemble des chiffres du marché bio 2020 dans le prochain Bio Linéaires (N°97 – septembre / octobre 2021).

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