NUMERO : N°71 -Mai Juin 2017

Le sucre malaimé ou méconnu ?

Quels enjeux pour les lières du sucre bio et équitable ? Si de nombreuses alternatives leurs sont proposées, le sucre de canne (blond, roux, complet etc.) reste cependant omniprésent dans les recettes de transformateurs et un besoin basique du consommateur. Au-delà de son utilité, il porte de nombreux enjeux économiques et humains qui demeurent très peu connus des consommateurs mais aussi des opérateurs bio. C’est ce que la journée organisée par le label BIOPARTENAIRE a démontré.

Des contraintes techniques et économiques

Ces contraintes techniques et économiques démarrent dans les champs de canne :

● culture très gourmande en main d’oeuvre (près de 70 % du coût de production),

● transformation (les sucreries nécessitent un important capital)

● logistique et import (+50 % du prix du sucre sortie usine en frais de douane et gestion des fluctuations de prix dues aux taux de change).

L’intérêt de partenariats équitables

Si le montage de filières s’avère complexe, les partenariats sont essentiels pour assurer une juste rémunération agricole sur des marchés souvent liés aux taux de change et aux cours de la bourse.

Les modèles de production sont variés : de plantation de plus 30000 ha au Brésil à des petits producteurs cultivant en moyenne 7ha au Paraguay.

Soutenir certaines filières en garantissant le partage des bénéfices de la canne, favoriser l’économie des territoires, faire progresser les organisations sur des pratiques sociales (accès à des services médicaux et à l’éducation) et environnementales (rotation des cultures, biodiversité) semblent être des enjeux de taille et encore méconnus. Si la sensibilité des consommateurs est encore peu développée sur le sucre à l’inverse du cacao, café et de la banane : les enjeux n’en sont pourtant pas moindres. Pour rappel : le commerce du sucre est issu originellement du commerce triangulaire et donc symbole de grandes inégalités.

Une prise de position du Label BIOPARTENAIRE

Pour valoriser les filières « petits producteurs » bio et équitables, le label BIOPARTENAIRE a décidé que seuls les sucres de consommation (poudre et morceaux) issus de ces lières pourront être labellisés BIOPARTENAIRE. Néanmoins, les produits transformés (confitures, biscuits, sirops, etc.) pourront, eux aussi, arborer le label, s’ils incluent du sucre bio et équitable de plantation (main d’oeuvre salariée) et si la lière correspond aux engagements du label.

Des sucres équitables français ?

Des opportunités sont à venir pour des sucres bio français issus des DOM TOM (Canne) ou de la métropole (betterave sucrière). Pour ces deux origines, des usines de transformation bien dimensionnées seront nécessaires. En outre-mer l’enjeu est de convertir des cultures conventionnelles et d’intégrer les écarts de coût de mains d’oeuvre avec les autres pays producteurs (bien inférieurs). En métropole, deux projets pour le sucre de betterave bio sont en développement.

D’un bout à l’autre des filières

Vincent Lassalle Saint Jean (Maison Meneau), Priscila Chevalley (Sucre Distribution), Bruno Anquetil (Pain de Belledonne), David Klockenbring (Bioloklock), Yannick Chambon (Solidar’monde), Jacques Minelli (Satoriz) nous ont présenté, selon leur activité, quelles étaient leurs sources et contraintes en matière d’approvisionnement en sucre. Ils ont pu aussi répondre aux différentes interrogations des professionnels sur d’autres points comme les contraintes liées aux process de transformation, le soutien aux filières « petits producteurs », l’intérêt nutritionnel et l’optimisation du prix…

Le sucre bio en chiffres

En 2013, l’Agence bio relevait une production mondiale de 270 000 tonnes de sucres bio. Elle est estimée à 400 000 tonnes pour la récolte 2017. Les principaux pays producteurs sont le Brésil et le Paraguay. En effet, l’Amérique Latine produit deux tiers du sucre bio, l’Asie produisant le dernier tiers.

Très majoritairement issu de la canne à sucre, seuls 10 % des sucres bio sont issus de betteraves sucrières produites en Allemagne en Autriche ou en Suisse. L’Europe consomme entre 120 000 et 140 000 tonnes de sucre bio. À noter cependant que les sucres bio représentent seulement 0,2 % de la production mondiale de sucre.

Le label BIOPARTENAIRE a d’ores et déjà été sollicité pour l’organisation d’autres journées de ce type. Pour plus d’informations sur la journée :

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