
Pour sa première participation au comité national de suivi des négociations commerciales, le Synabio a rappelé le rôle stratégique de la filière bio dans la souveraineté alimentaire française, tout en alertant sur des tensions persistantes dans les relations commerciales. Dans un contexte de reprise du marché, le syndicat appelle à une application effective d’EGALIM et à des engagements durables pour sécuriser l’investissement et l’avenir des filières biologiques.
Fondée sur des cahiers des charges exigeants, des relations contractuelles de long terme et une meilleure répartition de la valeur, la bio s’inscrit pleinement dans la dynamique de patriotisme alimentaire portée par les pouvoirs publics et constitue un levier concret pour préserver et développer les filières françaises, rappelle le Synabio.
Celui-ci a également souligné que les indicateurs observés en 2025 confirment un redémarrage du marché bio. Thomas Breuzet précise que « cette reprise s’appuie notamment sur la solidité du circuit des magasins bio spécialisés en France, sur le développement continue du bio en restauration collective, mais aussi sur les volumes en grande distribution, qui amorcent à nouveau une progression. Les données montrent clairement que, lorsque l’offre bio est maintenue en GMS, la performance économique suit, confirmant que les produits bio restent recherchés par les consommateurs ».
Tensions dans les négociations commerciales
Dans le même temps, le Synabio a alerté sur la persistance de fortes tensions dans les négociations commerciales, en particulier pour les PME et ETI de la transformation biologique, en communiquant sur les remontées précises des adhérents du Synabio, et en soulignant l’importance de l’établissement de prix justes permettant à la fois de soutenir l’investissement et l’innovation, mais surtout d’accompagner par des prix incitatifs le développement des filières bio.
Selon une récente enquête, 87 % des entreprises du secteur qualifient le climat des négociations de « mauvais à neutre ».
Un cadre EGALIM qui peine à se faire respecter
Le Synabio prend acte du rappel par les ministres du caractère non négociable d’EGALIM et salue la volonté de l’État d’en assurer le plein respect, condition essentielle au rééquilibrage des relations commerciales
Le Synabio a également mis en lumière les effets de ces déséquilibres sur les filières bio françaises, alors que l’écosystème bio français a réussi à construire au fil des décennies des filières fortes, notre responsabilité collective est de préserver cet acquis.
« Dans un contexte où la souveraineté alimentaire est un impératif partagé, préserver les filières bio françaises suppose de redonner de l’oxygène et de la visibilité à l’ensemble des maillons, afin de leur permettre d’investir, de se développer et de préparer l’avenir ! », Thomas Breuzet
4 priorités pour sécuriser les relations commerciales et les filières
Lors de ce comité, le Synabio a défendu quatre leviers prioritaires :
- la sécurisation effective des clauses de révision des prix, fondées sur des indicateurs fiables et opérationnels ;
- un encadrement renforcé des services arrière, afin d’éviter tout contournement de l’esprit d’EGALIM ;
- une responsabilisation accrue de la grande distribution, sous l’impulsion des pouvoirs publics, à travers des trajectoires claires et mesurables d’évolution de la part de produits biologiques, en cohérence avec la stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat ;
- la sécurisation des filières biologiques françaises, par le développement d’engagements de long terme associant producteurs, transformateurs et distributeurs, condition indispensable au maintien de l’offre Origine France et au renouvellement des générations.






