Le Synadis Bio (syndicat des distributeurs bio) annonce son retrait de l’Agence Bio « face au démantèlement programmé de l’instance censée défendre l’agriculture biologique en France ». « L’institution que nous défendions n’existe plus », déplore Christelle Le Hir, présidente du Synadis Bio, précisant que ce retrait « a pour objectif d’envoyer un signal politique fort, et non pas un abandon du combat pour le bio ».
« Il y a un an, nous défendions l’Agence Bio car nous croyions en sa mission. Aujourd’hui, nous nous retirons car nous refusons d’être associés à un système dysfonctionnel »
« Le gouvernement ne peut pas simultanément : proclamer l’urgence climatique, lancer un observatoire du déclin agricole, afficher des objectifs d’agroécologie, et réduire les budgets de l’agriculture biologique »
C’est aussi précisément au moment où le marché bio spécialisé redémarre après deux années difficiles « que le Gouvernement choisit de démanteler l’Agence Bio, outil institutionnel censé accompagner et structurer cette filière en pleine croissance. L’étape suivante sera probablement le transfert des missions résiduelles à FranceAgriMer, où la voix des distributeurs spécialisés bio sera encore moins entendue », déplore le Synadis Bio.
Le syndicat, qui dénonce le projet de licenciement de Laure Verdeau, directrice générale de l’Agence Bio, en appelle à « une politique publique ambitieuse. Nous n’exigeons pas des aides de circonstance, nous exigeons une cohérence politique durable. La bio n’est pas une variable d’ajustement budgétaire, c’est un impératif de santé publique et écologique. Il ne s’agit plus de sauver l’Agence Bio, il s’agit de sauver le bio lui-même ».







« Cette décision, prise après des mois de réflexion et de tentatives de dialogue infructueuses, marque un tournant dans les relations entre les distributeurs spécialisés en produits biologiques et les instances de gouvernance de la filière », indique le syndicat dans un communiqué.
Pour rappel, l’Agence Bio a subi en 2025 une coupe drastique de son budget de 64 % : le Fonds Avenir Bio est passé de 18 à 8,7M€ et 5M€ de communication ont été supprimés. De plus, les interrogations demeurent quant au transfert des missions de l’Agence Bio à FranceAgriMer.