Les précisions de Biocoop et l’Agence Bio à l’émission Complément d’Enquête

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Le 30 septembre, l’émission Complément d’Enquête (France 2) a consacré un reportage au bio dénonçant son industrialisation et des pratiques peu vertueuses. Biocoop et l’Agence Bio souhaitent apporter leurs précisions.

Taille industrielle des élevages de poules pondeuses, marges pratiquées par la grande distribution sur les fruits et légumes bio (150 % de différence de marge brute en GMS sur la pomme bio vs conventionnelle selon l’UFC-Que Choisir), conditions de travail indécentes dans les serres d’Almeria en Espagne… Le magazine Complément d’Enquête, diffusé le 30 septembre, s’est intéressé aux pratiques de ce qu’il nomme le « bio business » ou « bio low cost ». Si la plupart des sujets concernent la grande distribution, Biocoop y est également cité notamment pour la dé-saisonnalité du lait de chèvre opérée par des éleveurs, que rapportent deux producteurs du groupement Chèvres Bio France. Biocoop et l’Agence Bio ont souhaité apporter des précisions sur les faits cités dans des communiqués, publiés ci-dessous.

Communiqué de Biocoop

A travers ce reportage, la coopérative Biocoop est montrée du doigt sur les thèmes de la saisonnalité du lait de chèvre bio mais également sur sa notion de prix juste ou plus largement sur les tensions avec ses Paysan.ne.s Associé.e.s.

Des relations tendues entre la coopérative Biocoop et les groupements Paysan.ne.s Associé.e.s ? Nous vivons dans une coopérative multi acteurs donc, oui, il peut y avoir ponctuellement des tensions, mais c’est aussi parce que nous sommes en coopérative que nous trouvons les réponses.

« Biocoop ne respecterait pas la saisonnalité du lait de chèvre ? » Biocoop distribue du lait de chèvre, prêt à boire ou sous forme de produits transformés (yaourts, fromages etc.). Le lait de chèvre représente 4 % des volumes de produits laitiers vendus chez Biocoop. Le reste est majoritairement du lait de vache et, dans une moindre mesure, du lait de brebis. La majorité des élevages (60 %) de la filière chèvre Biocoop respecte la saison. Biocoop n’oublie pas le local et le direct magasins – producteurs : Les produits locaux issus de la filière chèvre représentent 16 % de l’offre chez Biocoop.
Aujourd’hui, la question de la saisonnalité est au cœur des préoccupations de Biocoop et celle du lait est déjà un sujet chez Biocoop. En effet, ce sujet est en étude au sein de la coopérative, en co-construction avec la filière, les groupements et les transformateurs afin de trouver la meilleure solution pour toutes les parties prenantes. Ce travail est un projet de moyen terme qui incube chez Biocoop depuis près d’1 an.

« Depuis le reportage, le groupement Chèvres Bio France s’est dissous » Le groupement Chèvres Bio France est un jeune groupement (2014). Depuis quelques mois, il existe en effet des tensions internes au sein même du groupement. La coopérative Biocoop en a conscience et y est attentive. Notre volonté est d’assainir ces points de frustrations et que les éleveurs trouvent, tous ensemble, un terrain d’entente sur leurs objectifs à long terme.
Biocoop a créé cette filière et souhaite l’accompagner et la soutenir sur le long terme afin de développer, ensemble, une alimentation bio exigeante et créatrice de valeurs pour toutes les parties prenantes.

Pour conclure : Nous ne sommes pas parfaits, nous ne l’avons jamais affirmé, mais une chose est sûre, nous sommes transparents. La preuve en est.

Communiqué de l’Agence Bio

La demande de bio et de bio français, étant croissante depuis plus de 20 ans, l’agriculture et la transformation françaises en bio connaissent un important changement d’échelle. Sur le thème de l’industrialisation du bio, rappelons que :

  • La taille moyenne des exploitations en bio en France est 20 % plus petite que la moyenne nationale toutes exploitations confondues. Le lien au sol est obligatoire et la taille des exploitations agricoles est nécessairement limitée : le producteur devant principalement nourrir ses animaux avec ce qu’il produit sur sa ferme
  • Le bio est produit par un tissu dynamique de PME partout sur le territoire.
  • Avec 56 % du marché du bio vendu en grande distribution, la vigilance reste cruciale pour que le bio reste un modèle économique rémunérateur pour l’amont et pour l’aval. La contractualisation pluriannuelle, dans l’ADN du bio historique, reste un rempart contre les aléas du marché et la volatilité des prix.
  • Les situations de surproduction évoquées sur certains produits sont conjoncturelles, tandis que la demande de bio reste structurelle.

Cette croissance du bio reste encadrée et contrôlée

Tous les acteurs des filières bio françaises sont mobilisés sur le sujet pour œuvrer au maintien d’un développement cohérent de l’agriculture biologique, d’une juste rémunération et d’un accroissement de sa consommation.
La certification bio est aujourd’hui la certification publique la plus exigeante, pour répondre aux enjeux majeurs de lutte contre le changement climatique, de préservation de la biodiversité, de restauration de la qualité des eaux…
C’est donc l’occasion de rappeler qu’il n’y a pas de vrai ou de faux bio.
Un produit bio reste un produit biologique, quelle que soit la taille du producteur. Certifié bio, il apporte la garantie que l’ensemble des critères exigés par le règlement européen a été respecté lors de son élaboration, c’est-à-dire sans produits chimiques de synthèse, dans le respect du lien au sol et du bien-être animal.

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