NUMERO : sept-oct 2013

Les suppléments de mélatonine

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Qu’est-ce que la mélatonine ?

La mélatonine (N-acétyl-5 méthoxytryptamine) est synthétisée naturellement par la glande pinéale (épiphyse), à partir d’un acide aminé essentiel, le tryptophane qui se transforme en sérotonine puis en mélatonine. Les niveaux de mélatonine sont étroitement liés au rythme « éveil/veille » et plus particulièrement à l’alternance lumière/obscurité. Durant le sommeil les niveaux sont 5 à 15 fois plus élevés que le jour, permettant la régulation des rythmes circadiens via la stimulation de l’hypothalamus. En général synthétisée vers 21h, on observe un pic en pleine nuit, entre 1h et 3h, pour redevenir indétectable vers 9h du matin. Cependant, son niveau tend à diminuer avec l’âge et surtout, avec le temps passé sur les écrans, la lumière des villes ou encore l’exposition chronique aux champs électromagnétiques, il arrive que sa synthèse ne soit plus optimale.

Désormais, vous avez à votre disposition des suppléments de mélatonine de synthèse, c’est-à-dire strictement bio-identique à l’hormone produite naturellement par la glande pinéale, pour contrebalancer son déclin.

Que disent les textes officiels ?

Selon le règlement européen n°432/2012 du 16 mai 2012, deux allégations santé ont été attribuées à cette substance :

● «  la mélatonine contribue à atténuer les effets du décalage horaire » si le consommateur est informé que l’effet bénéfique est obtenu par la consommation d’au moins 0,5 mg de mélatonine juste avant le coucher, le premier jour du voyage et les quelques jours suivant le jour d’arrivée à destination.

● « La mélatonine contribue à réduire le temps d’endormissement » si le complément contient au moins 1 mg de mélatonine par portion quantifiée, à prendre avant le coucher.

Contre les troubles du sommeil

De multiples études ont démontré que sa prise, avant le coucher permettait de ramener le taux de mélatonine à son niveau optimal (celui de l’adolescent et du jeune adulte) et surtout d’améliorer la qualité du sommeil chez les insomniaques. Les délais d’endormissement sont raccourcis et ceux qui se réveillent pendant la nuit se rendorment plus vite. Ainsi la mélatonine recale l’horloge biologique et constitue donc une alternative aux somnifères allopatiques qui ont de nombreux effets indésirables.

Utile en cas de décalage horaire

Elle est également intéressante pour enrayer les insomnies liées au décalage horaire qu’il soit attribuable à :

● Un voyage en avion quand plusieurs fuseaux horaires sont traversés rapidement (lorsque le décalage dépasse 7 heures) ou

● Un travail de nuit ou en horaires décalés.

Une piste chez le diabétique

Des récepteurs à la mélatonine étant présents dans le pancréas et des récepteurs à l’insuline se rencontrant au niveau de la glande pinéale, il semblait logique qu’un lien puisse être fait entre manque de mélatonine et équilibre glucidique. Récemment, une étude a démontré qu’une sécrétion insuffisante de mélatonine nocturne augmente le risque de diabète de type 2 étant donné que parmi les participants, les diabétiques avaient des niveaux bas de mélatonine durant la nuit comparativement au groupe sain. Et la sensibilité à l’insuline, une hormone clé dans le contrôle de la glycémie et du poids, était meilleure parmi ceux ayant les taux les plus élevés de mélatonine. Ainsi, un faible taux de mélatonine peut altérer la sensibilité à l’insuline, et favoriser le diabète de type 2.

Une aide contre les maux d’estomac

Sécrétée à tous les niveaux de la muqueuse digestive, elle semble aider à la guérison des œsophagites, des stomatites, des gastrites et des ulcères à l’estomac.

Ni trop, ni trop peu…

Quand elle vient à manquer, elle engendre des troubles du sommeil et d’autres perturbations métaboliques, mais en excès, elle peut aussi stimuler la production d’hormones thyroïdiennes (en favorisant la conversion de T4 en T3 active) et donc tenir éveillé.

Y-a-t-il des effets secondaires ?

D’après les nombreuses études, aucun effet secondaire ni aucun effet rebond n’ont été spécifiés. Ainsi, après l’arrêt du traitement, les troubles du sommeil reprennent mais ne s’aggravent pas, contrairement à l’effet de certains somnifères.

Quel est le dosage optimal ?

Vous avez à votre disposition :

● des comprimés sublinguaux dosés de 0,05 à 0,5 mg,

● des formes à avaler, de 1 à 2 mg (le maxi autorisé en France), à prendre 30 minutes avant le coucher, couplée ou non à la vitamine B6 qui améliore la synthèse naturelle de cette hormone et contribue à réduire la fatigue. Ces doses sont à adapter selon le gabarit et le propre ressenti de chacun au réveil.

Pour qui, Pour quoi ?

● Difficultés d’endormissement

● Réveils nocturnes avec difficultés à se rendormir

● Sommeil superficiel et agité, rumination excessive la nuit

● Syndrome des jambes sans repos

● Décalage horaire

● Pré-diabétiques

● Travailleurs postés et/ou de nuit

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