Millésime Bio confirme son statut de place de marché

Photo : SudVinBio.

Salon Millésime Bio 2026 : entre résilience et nouvelles tendances

La 33e édition de Millésime Bio, qui s’est clôturée le 28 janvier 2026 à Montpellier, confirme son statut de première place de marché mondiale pour les vins et alcools bio. Malgré un contexte de filière complexe marqué par des incertitudes économiques, le salon a réuni 1 400 exposants et enregistré 8 700 visites professionnelles. Pour Julien Franclet, président de SudVinBio (Ndlr : organisateur de l’évènement), le bio est à la croisée des attentes sociétales et reste un levier de progrès indispensable pour la préservation des ressources.

 

Rencontres avec les grossistes spécialisés
du réseau bio

 

Millésime 86 : la réponse aux nouveaux réseaux

Marc-Edouard Avias, responsable de Millésime 86 (Groupe Relais Vert).

Au cœur de cette dynamique, Millésime 86 (Groupe Relais Vert) illustre la vitalité du secteur avec un chiffre d’affaires de 7,9 millions d’euros en 2025, en progression de 10 %. Sous l’impulsion de Marc-Édouard Avias, nouveau responsable au profil technique (BTS Viti-Oeno), la structure se positionne comme un partenaire stratégique des réseaux spécialisés, qui représentent 95 % de son activité.

L’offre s’adapte aux mutations de la consommation : si le vin demeure le pilier (42 % de l’offre), les segments No-Low (sans alcool) et les boissons alternatives comme les thés glacés ou les concentrés de gingembre connaissent un développement rapide, offrant aux réseaux des leviers de croissance inédits.

 

La Cave Bio : l’expertise du service et du « Décolisage »

De gauche à droite : Mathieu Lemaire (dirigeant de La Cave Bio), Charlotte Bardon (responsable marketing et communication) et Gauthier Dupin (responsable achats et logistique).

De son côté, La Cave Bio, dirigée par Mathieu Lemaire — dont la famille a fondé la méthode Lemaire-Boucher dans les années 60 — mise sur une proximité historique avec les points de vente. Avec un catalogue de 650 références 100 % bio, ce grossiste se distingue par une agilité logistique remarquable.

Sa singularité repose sur le décolisage gratuit à la bouteille. Ce service permet aux magasins de commander des spiritueux ou des crus haut de gamme à l’unité, optimisant ainsi leur trésorerie et la rotation de leurs stocks sans s’encombrer de cartons complets. Avec un franco accessible à 250 € HT, La Cave Bio facilite l’accès aux vins de 150 vignerons sur l’ensemble du territoire.

 

Vintastique : la cave Biodis qui mutualise la logistique des vins bio

Quentin Bodin, gestionnaire cave chez Vintastique (Biodis).

Lors du Millésime Bio 2026, Quentin Bodin, gestionnaire cave et bière (15 ans d’expérience dans la distribution bio, notamment en charge de cave) chez Vintastique, marque du grossiste Biodis, revient sur un salon riche en rencontres et en enseignements. Il y a pris la température d’un marché du vin bio inquiet – entre baisse de consommation et impact climatique – tout en sélectionnant de nouvelles cuvées pour dynamiser le catalogue 2026 (environ 200 références, ¾ de vins et ¼ biére et sans alcool). Son rôle est d’accompagner les magasins, conseils sur les lancements, argumentaire de vente et choix des gammes avec comme remarque qu’au-delà de 10 euros en rayon, les ventes ralentissent considérablement. Atout clé de Vintastique s’appuie sur la logistique commune de Biodis. Les magasins passent une seule commande avec possibilité de décolisage à l’unité.

Entre expertise logistique, flexibilité de commande et innovation produit, les acteurs de la distribution bio transforment ces attentes en succès commerciaux durables.

 

Un enjeu de transmission

Le salon a également mis en lumière un enjeu crucial : le renouvellement générationnel. Xavier Thuizat (Meilleur Sommelier de France 2022) a rappelé que le bio est une condition sine qua non pour séduire la Gen Z. Les 18-34 ans sont en effet sur-représentés parmi les consommateurs de vin bio (31 %), y trouvant une réponse à leurs exigences de transparence.

Philippe Delran

Le débrief de Rachel Fergeau :
« Le bio n'a plus rien à envier au conventionnel »

Technicienne en dégustation, diplômée du DUAD*, Rachel Fergeau évolue dans le secteur de la filière vin et des boissons. Photo : R. F.
Bio Linéaires : Rachel, vous venez de passer une journée complète à Millésime Bio, focalisée sur la dégustation. Selon votre expertise, existe-t-il encore aujourd’hui une frontière gustative entre les vins conventionnels et les vins bio ?

Rachel Fergeau : Très franchement, la différence ne se voit plus. J’ai eu l’occasion de goûter de très jolies références, aussi bien de nos régions que de l’étranger. En gardant une dégustation objective et neutre, j’ai découvert des pépites que j’aurais pu tout à fait retrouver dans de grands salons conventionnels. La qualité technique est désormais au rendez-vous partout.

Le boom du « No-Low » et la mixologie

BL : Cette année, le salon a inauguré l’espace « Vino & Cie » dédié au « No-Low » (boissons sans alcool ou à teneur réduite). Quelle est votre impression sur ces nouveaux produits ?

R. F. : J’ai eu de belles surprises, notamment sur des vins de pays étrangers, comme l’Espagne ou l’Allemagne. J’ai goûté des produits qui conservent une vraie similitude avec des cépages autochtones. On y retrouve des trames aromatiques familières, avec de très belles finitions en bouche et des sensations qui éveillent réellement les papilles.

BL : Vous évoquiez également un potentiel intéressant pour la mixologie…

R. F. : Tout à fait. J’imagine très bien ces produits s’intégrer dans l’univers du cocktail. Soit pour des créations 100 % sans alcool, soit en « low-alcohol » en combinant les deux univers. Cela permet de réduire la proportion d’alcool globale tout en conservant une complexité et une qualité de dégustation très intéressantes.

Organisation et pépites du concours

BL : C’était votre première édition. Comment avez-vous trouvé l’organisation par rapport à des manifestations comme Wineparis ?

R. F. : J’ai été très surprise par l’ampleur du salon et le nombre d’exposants, notamment la forte présence espagnole. L’organisation est fluide, les vignerons sont disponibles pour échanger. Mais ce qui est assez unique, c’est l’espace dédié à la dégustation libre. Cela permet de se recentrer, de déguster au calme et d’aller vraiment vers ce qui nous parle, sans la sollicitation directe des stands.

BL : Dans cet espace, on retrouve justement les lauréats du concours « Challenge Millésime Bio ». La sélection vous a-t-elle semblé pertinente ?

R. F. : Le jury a fait un excellent travail. J’y ai fait de nombreuses découvertes avec une sélection très pertinente, notamment sur les monocépages. Cela m’a permis d’apprécier des spécificités de terroirs différentes tout en restant sur un même cépage. C’est un très joli concours qui reflète bien la diversité et l’excellence actuelle de la filière bio.

Propos recueillis par Philippe Delran

*Diplôme Universitaire d’Aptitude à la Dégustation.

La référence pour les professionnels de la distribution bio spécialisée et alternative

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