NUMERO : mai-juin 2008

Naturellement Frais …

Le bouquet que tient Otto Greither dans la main respire la santé. Les plantes d’echinacea cultivées dans les champs à proximité de Magstadt et récoltées en plein été vont tout droit dans la presse de Schoenenberger.

Otto Greither , le « Seigneur des plantes »

Anticipant la question, Otto Greither tient à préciser au photographe de « natürlich » « Je porte toujours le costume traditionnel. » « Il est confortable et je suis toujours bien habillé. » L’homme mise sur la qualité et la continuité. Ce qui compte, c’est ce qui fait ses preuves, qu’il s’agisse de vêtements ou de ses produits, sans cesse développés mais qui reposent sur un savoir transmis et éprouvé. Otto Greither est le « Grand Old Man » de l’industrie phytopharmaceutique allemande, le « Seigneur des plantes », le maître à penser des marques Salus, Schoenenberger et Dr. Dünner, entre autres.

 

Nous rencontrons Otto Greither sur son nouveau site de Magstadt, aux portes de Stuttgart, où la production de jus de plantes fraîches est en cours de lancement. Ce nom mérite que l’on s’y arrête, qu’on l’apprécie à sa juste valeur : production de jus de plantes fraîches. Il intègre l’essence et la philosophie caractéristiques de ce qui est élaboré à Magstadt : la plante et sa fraîcheur, le site de production et le processus de pressage, et en n le jus, l’essence de la qualité. Mais nous allons y revenir.

 

Ce n’est pas une visite de routine que Otto Greither, venu du siège situé à Bruckmühl en Bavière, accomplit aujourd’hui, mais une première. Bien que l’on plani e, mette au point, construise et teste le site ultramoderne depuis plusieurs mois, Otto Greither, le propriétaire, se rend pour la première fois en personne sur le site de Magstadt. Il accorde beaucoup de temps à ses collaborateurs, leur fournit des informations, fait preuve de vivacité et d’une grande curiosité. Il est rompu au travail intellectuel, c’est une évidence. Il enregistre tout, analyse ce qu’il entend, apprécie ce qu’il voit et prononce alors avec laconisme, de la voix de quelqu’un qui n’a rme pas savoir tout mieux que les autres : ici on va procéder à telle modi cation, là on va apporter telle ou telle amélioration. Les collaborateurs n’en reviennent pas de leur surprise : l’homme connaît son sujet. Rien d’étonnant à cela : « Voilà après tout 64 ans que je suis dans le métier » con e Otto Greither lors de la pause de midi, passée devant un bretzel et une infusion.

 

Pour le jeune Otto Greither la voie était toute tracée, il deviendrait chef d’entreprise. Son père dirigeait un sanatorium de tout premier ordre, dans lequel on pratiquait la phytothérapie, tandis que durant les premières années sa mère élaborait dans sa cuisine les produits naturels appropriés. « À mon retour de la guerre, je n’avais pas le choix, la reprise de l’a aire s’imposait » se souvient-il. Il ne l’a jamais regretté.

 

Mais qui eût cru que de l’a aire maternelle naîtrait la société Salus, leader du marché des thés, jus et compléments alimentaires sains ?

 

Ce n’est qu’en 1991 que Otto Greither procède à l’acquisition de la société Schoenenberger, sise près de Stuttgart. Greither et Schoenenberger étaient alors rivaux sur le marché des produits diététiques. « Dommage que nous soyons concurrents,» lui arrviait- il parfois de dire à son adversaire wurtembergeois, expert en plantes médicinales, « nous nous entendons si bien. » Dans les années 1920, Schoenenberger, pharmacien et chercheur botaniste, redécouvrait les propriétés curatives des jus de plantes fraîches pour la phytothérapie. Il fondait le pressoir Schoenenberger, y élaborait des jus de plantes et oeuvrait pour la réhabilitation de la phytothérapie.

 

Engagement pour les producteurs BIO de la région de Stuttgart

Ses convictions étaient révolutionnaires à l’époque : « La nature nous o re des remèdes parfaitement e caces, souvent mieux tolérés que les produits chimiques, ils sont tout aussi valeureux. » Dans l’intervalle, la phytothérapie peut prendre appui sur de nombreuses études cliniques et une somme considérable d’expériences collectées par les médecins et les innombrables patients.

 

Visionnaire, Schoenenberger obtenait en 1961, après plusieurs décennies d’engagement soutenu, que les « jus de plantes fraîches » soient pris en compte par la législation réglementant la fabrication et la vente des médicaments. Le groupe Salus est aujourd’hui l’un des plus importants producteurs de jus de plantes fraîches, sa gamme de produits se décline en plus de 30 préparations. Rares sont les maladies contre lesquelles il n’existe aucun remède.

 

« Après le rachat, on aurait bien évidemment pu transférer l’entreprise sur le site de Bruckmühl » poursuit Greither lors de la visite des nouveaux bâtiments, mais je n’ai pas voulu. « Nous ne travaillons pas uniquement pour amasser beaucoup d’argent » dit-il avec conviction. « Les exploitants agricoles du cru travaillent depuis plusieurs dizaines d’années pour Schoenenberger, leur supprimer leur emploi aurait été injuste. » Otto Greither n’avait pas non plus pensé que la culture de plantes BIO au Chili, lancée il y a 20 ans de cela, pourrait dégager un éventuel béné ce. Il était plutôt motivé par les conclusions tirées de l’accident de réacteur de Tchernobyl, qui glaçaient jusqu’à la moelle des os et n’autorisaient à l’époque aucune réponse à la question : comment accéder à des matières premières non polluées ? Un contact avec le Chili s’avérait alors providentiel. Greither se rend plusieurs fois par an en Amérique du Sud et s’assure personnellement de l’évolution de la culture des plantes. « La législation réglementant la fabrication et la vente des médicaments reconnaît les vertus phytothérapeutiques des jus extraits de plantes médicinales de Schoenenberger » rapporte Greither.

 

« De l’artichaut, e cace stimulateur de la vésicule biliaire et protecteur du foie, jusqu’à la prêle des champs aux propriétés drainantes, la gamme de produits se décline en plus de 35 jus. Plusieurs millions de bouteilles sont vendus chaque année aux magasins diététiques partenaires en Allemagne et à l’étranger. La qualité garantie de la marque repose sur la mise en oeuvre de la meilleure matière première possible. Plus de 90 % de nos matières premières végétales nous sont fournis en qualité BIO par des producteurs sous contrat de la région de Magstadt, pour certaines exploitations c’est la troisième génération qui est aux commandes.