NUMERO : N°67 -Septembre Octobre 2016

Recruter un candidat venant du conventionnel

Face à l’explosion de la filière bio depuis plusieurs années, il y a pénurie de main d’œuvre qualifiée.

Dernièrement, un client m’a fait cette demande : « J’aimerais un candidat issu du sérail, qui connaît bien la filière bio… ». Plus si facile que cela ! Surtout à un certain niveau de poste, les places sont rares et l’on s’accroche à son fauteuil.

Il faut donc aller chercher des compétences expérimentées dans le conventionnel. De plus en plus attirés par la bio, avec de nombreux postes à pourvoir (il suffit d’aller faire un petit tour sur le site www.bio-emploi.com) et à la recherche de donner du sens à leur carrière.

En entretien, il faudra tout de même évaluer certains points pour s’assurer d’une bonne intégration de vos futurs collaborateurs, très souvent très éloignés de la philosophie et des valeurs de la bio…

Lorsque vous écoutez les motivations de votre candidat, il est toujours prêt à vous faire un beau discours sur la malbouffe, sur les pesticides, sur les reportages télé qui dénoncent l’industrie agroalimentaire et sur nos enfants à qui il faut éviter tout cela. Très louable tout ça. Rien à redire…

Mais un peu léger.

Premier point qui permet de valider la motivation des candidats : le salaire. En effet, il y a encore un certain écart entre les rémunérations dans le conventionnel et la bio. La rémunération ne doit pas être le principal moteur. Il faudra souvent consentir à une perte de salaire, compensée par des conditions de travail plus humaines, dans des entreprises, pour la plupart réalisées en éco-construction… Il faudra, côté recruteur, parler de projets, de perspectives au candidat. Il faudra qu’il se projette dans son futur poste.

Les valeurs

Chaque entreprise a son histoire, plus ou moins longue, dans cette filière. Très souvent, elles sont dirigées par une personnalité. Certes, la filière est devenue un « business » et a des impératifs économiques. Mais il sera nécessaire pour le candidat de bien connaître les valeurs de l’entreprise et son histoire. Je ne parle pas des produits ou des marques ! C’est selon moi, une évidence, avant d’aller en entretien, pour un candidat, de passer dans un magasin bio, de goûter les produits, regarder la part de linéaire, les concurrents… Evidence, mais pas pour tout le monde. Je pose toujours la question en entretien et reste souvent surpris de la réponse… La commercialisation notamment des produits bios demande un bonne connaissance des produits, des origines, des valeurs nutritives et sera basée sur le conseil.

Concernant les valeurs de l’entreprise, il est aisé, de nos jours, de trouver sur internet, sur les réseaux sociaux des éléments préparatoires à l’entretien. Lorsque le recrutement se fait par l’intermédiaire d’un cabinet de recrutement, il faut s’assurer que le consultant aura, lui aussi, bien intégré ces éléments. Ce sera à lui de transmettre et de préparer le candidat avant son entretien final.

Quoi qu’il en soit, il est primordial de découvrir un entretien les motivations profondes du candidat.

Est il intéressé par une « image », par un secteur plus réduit, par un « gap »au niveau salarial, un rapprochement géographique ? Certes, cela a aussi son importance, mais comment il entend intégrer une entreprise porteuse de valeurs, s’intégrer dans des équipes convaincues et investies, ce sont des questions qui méritent d’être creusées.

La plus grande vigilance à avoir est sur les postes de manager. Parfois, les méthodes de management dans le conventionnel sont à l’opposé de celles pratiquées dans la bio. Des managers dans la distribution conventionnelle et dans certaines enseignes, auront beaucoup de mal à imposer un style de management qui soit directif.

Enfin, le meilleur baromètre à l’issue d’un recrutement se lira sur le visage des deux parties… Le sourire et le plaisir de travailler ensemble !

Jean de Paredes
Tél. : 06 10 90 26 68

www.bio-emploi.com

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