NUMERO : sept -oct 2011

Sécurité et hygiène : crédibiliser et professionnaliser les magasins bio

De manière à permettre une intégration optimale des règlements européens dans l’organisation des entreprises de ventes d’aliments au détail (compléments alimentaires compris), des associations les représentant ont rédigé un guide dénommé « guide pour l’instauration d’un système d’autocontrôle pour le commerce de détail en alimentation ». Ce guide de 194 pages a pour objectif « d’aider le détaillant à intégrer l’aspect « sécurité alimentaire » dans l’organisation quotidienne de son entreprise, dans le respect des exigences légales et de la façon la plus efficace et harmonieuse possible ». Il a été validé par l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) en octobre 2007. Pour être en conformité avec ces règlements, il ne suffit donc pas d’avoir demandé, reçu et affiché son agrément ou son autorisation auprès de l’AFSCA. Il est obligatoire d’implémenter son SAC. « Encore une contrainte et une charge de travail en plus » diront beaucoup. Et les mêmes d’attendre le moment peu agréable du passage d’un contrôleur de l’AFSCA pour s’y conformer. Vu qu’il n’est pas possible d’y échapper, autant y voir aussi tous les aspects positifs en toute objectivité. Tout d’abord, il existe un manuel pratique, qui en 15 fiches, accompagne le détaillant dans l’implémentation de son SAC. Tous les aspects de la vente sont passés en revue ce qui permet de revoir et d’améliorer l’efficacité de l’aménagement et des modalités de nettoyage du magasin, de l’hygiène du personnel, des procédures de réception, de stockage et de mise en rayon des marchandises, de la gestion des déchets… Lorsque c’est nécessaire, le manuel pratique renvoie aux chapitres ou aux annexes concernés dans le guide sectoriel. Inutile donc de lire entièrement le guide sectoriel. Ensuite, les annexes sont très utiles puisqu’elles sont des formulaires prêts à l’emploi pour noter les températures des frigos et des congélateurs, pour faire les réclamations aux fournisseurs en cas de nonconformité des produits… Enfin, et ce n’est pas le moindre, la mise en place des procédures de contrôles des températures, de gestion des non-conformités et de contrôle des DLC (Date Limite de Consommation) et des DDM (Date de Durabilité Minimum) permet de limiter les pertes source de baisse de rentabilité. Vu qu’aujourd’hui, toute la chaîne alimentaire belge est soumise à l’autocontrôle, BIO ou non, en s’y conformant, c’est tout le secteur qui montre une meilleure image, loin des a priori négatifs de manque de propreté. Ce qui ne signifie pas que le secteur BIO doit renoncer à sa philosophie. L’autocontrôle et un certain militantisme peuvent très bien cohabiter. Unadis asbl
Dominique CREMER, administratrice

Mesures d’assouplissement

Pour les petites structures, le guide sectoriel prévoit des mesures d’assouplissement. C’est le cas de 99 % des magasins spécialisés. Peuvent y prétendre :
a) les entreprises qui livrent directement (et uniquement, principalement) aux consommateurs et/où travaillent au maximum 5 ETP ou dont la surface est supérieur à 400 m²
b) les entreprises qui livrent à d’autres entreprises et / ou travaillent maximum 2 ETP (ex. vente à la ferme).
En quoi consistent ces mesures, notamment :
● ces entreprises peuvent remplir leurs obligations en matière de traçabilité par un classement méthodique des bons de livraison ou des documents d’accompagnement
● l’enregistrement des données sur les produits peut se faire dans les 7 jours si les produits ne sont pas transformés ou vendus plus tôt
● ces entreprises conservent les documents liés aux exigences de traçabilité pendant 6 mois plutôt que deux ans

Unadis

Unadis, l’Union professionnelle belge des détaillants spécialisés en produits BIO et compléments alimentaires, a vu le jour en décembre 2010. Unadis est avant tout une plateforme d’échange et de partage pour faciliter et enrichir la profession de détaillant spécialisé. Cette fédération professionnelle est aussi un interlocuteur central pour représenter le commerce de détail sur le marché BIO. Faire partie d’Unadis, c’est la possibilité de prendre part activement à l’avenir de la profession dans un esprit positif et constructif ! Bien que très jeune, Unadis a déjà de belles réalisations à son actif comme la formation vendeur/conseil BIO, le séminaire d’aide à l’implémentation d’un système d’autocontrôle et la mise en oeuvre d’une aide par téléphone pour répondre aux diverses questions. Une base de données reprenant l’ensemble des tarifs des fournisseurs est en préparation. De bonnes raisons d’adhérer !
www.unadis.be

Infos pratiques :
Unadis a organisé un séminaire pour aider les détaillants BIO (membres ou non) à implémenter leur SAC. Si vous êtes intéressé par une prochaine session, n’hésitez pas à nous contacter au 0495.13.30.71 ou