NUMERO : N°67 -Septembre Octobre 2016

Seuls les résultats comptent…

Nous sommes en 1968… les anciens peuvent se souvenir de cette période où l’agriculture biologique naissait et s’affirmait malgré l’acharnement dont elle faisait l’objet de la part des services officiels d’alors. Les jeunes, aujourd’hui, ne s’interrogent pas : l’agriculture biologique existe bien… elle est reconnue officiellement depuis maintenant une trentaine d’années. Partie prenante du paysage agricole mondial, elle est même enseignée dans toutes nos écoles.

Mais que le combat pour sa reconnaissance a été rude !… tant sur le terrain chez les agriculteurs que dans les milieux officiels relevant de l’Agriculture ou de la Santé. Ci-après, nous vous livrons quelques lignes écrites par le Professeur Jean Boucher qui, avec Raoul Lemaire et son équipe, fait partie des pionniers de cette méthode agronomique portant leurs noms et qui, entre autres, excluait tout apport de produits chimiques de synthèse.

Jean-François Lemaire

« Oui Messieurs les Officiels l’Agriculture biologique est une réalité… »

En réponse à un article paru dans une revue agronomique, le professeur Boucher fait le point.

L’agronomie officielle s’éveille à l’idée de « l’agriculture biologique ». Nous en sommes à la fois heureux et déçus. Heureux parce qu’il est bon que la question soit posée dans tous les milieux et déçus parce qu’on parle d’une méthode de culture « biologique » qui ne prend pas les moyens de la réussite.

Au début de 1968, nous avons lu une communication de l’Académie d’Agriculture par M. de Croutte. En octobre 1968, dans « les Cahiers, des Ingénieurs Agronomes », le compte rendu de cette communication, et le texte que nous avons en mains est accompagné d’une note manuscrite qui sent l’esprit technocratique. Son auteur dit à peu près ceci : « Nous allons vers le cataclysme, c’est le progrès ; on n’arrête pas le progrès ». Nous n’acceptons pas cette caricature diabolique du progrès qui entraîne la terre à sa destruction physique et l’homme à sa destruction physique et mentale.…/… Mais la méthode que nous préconisons est autre chose que celle que décrivent les officiels. Celle-ci est pour nous une contrefaçon de biologie, c’est la seule dont ils parlent, comme pour en prouver l’inanité. 

La méthode que nous appliquons est basée, non sur une action négative, mais sur des principes d’action positive hors de portée des agrochimistes et de leurs fausses conceptions.

1) distinguo : nous nous efforçons de réaliser un compost jeune (dix jours de fermentation chaude, parfois moins), …/…

2) Nous mettons tout en œuvre pour la réussite non seulement des cultures dérobées, mais aussi et surtout des associations de légumineuses : gazonnantes dans les céréales, variées dans les cultures arborescentes.

Trois éléments de force méconnus des agrochimistes nous permettent des résultats exceptionnels :

1, le compost jeune de matière végétale, assaini au Lithothamne Calmagol, 2, le Calmagol, 3, le phosphore rendu assimilable par l’action stimulante du magnésium marin et des oligoéléments. Le calcium fossile, élément de dégénérescence est neutralisé par l’action rééquilibrante du magnésium marin.

Ces actions aboutissent à :

  • une stimulation remarquable, importante de la flore microbienne protéogénétique (Rhizobium et Azotobacter),
  • un enrichissement considérable en « auxines » rhizogènes et en vitamines d’utilisation énergétique des « carburants » biologiques ; enrichissement qui est fonction de l’équilibre cultural, basé sur la céréale.

C’est sur le terrain que nous convions les agrochimistes en général. SEULS LES RESULATS COMPTENT.

Déjà des témoignages sur les bienfaits de la bio en 1969 !

Je viens en qualité d’aqrobiologiste et membre du Syndicat de Culture Biologique du Morbihan, lancer un appel, à mes amis paysans. Eh bien oui, c’est la force des choses qui m’oblige à dénoncer le mal et faire connaître le bien. Il y a 3 ans, j’étais encore un grand utilisateur d’engrais chimiques et j’en supportais les conséquences néfastes :

– mammites en plein chez mes vaches,

– bronchite vermineuse chez mes porcs.

Je ne savais plus comment faire. C’est alors que mon ami M. Roland me conseilla d’essayer les fertilisants biologiques. Après quelques hésitations, j’ai décidé enfin de les employer et bientôt sur la totalité de ma ferme. Après 3 ans de pratique de la méthode Lemaire-Boucher, je vous assure que je suis satisfait, les inconvénients avec mes vaches et mes porcs ont disparu pour ainsi dire. Mes bêtes sont en pleine santé et lorsqu’on est plusieurs années en culture biologique, on n’a que des avantages à tout point de vue. Ma femme et moi nous élevons 7 enfants : nous connaissions les misères de la vie. Nous avons résolument dit adieu aux engrais chimiques, car nous savons maintenant le mal qu’ils font en déséquilibrant la vie microbienne de la terre, en compromettant la santé de nos animaux et surtout la nôtre. Il faut attaquer le mal à sa source si on veut vraiment supprimer la maladie, et c’est avec cette méthode qu’on arrivera à faire des progrès surprenant dans ce domaine.  Vive la culture biologique.

Joseph Le Gaillotte – Guéperno (56) – Quinistie
Extrait du n° 50 A&V janvier 1969

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