NUMERO : mai-juin 2009

Syndicale …

SYNADIS : rapprochement avec Conseils Nature

Synadis avait choisi le cadre du nouveau salon «Nature & Equitable Expo» à Paris pour tenir sa 10ème assemblée générale. Cette rencontre a été l’occasion pour les professionnels de la distribution spécialisée bio de faire un bilan de l’évolution de la filière et de débattre sur les perspectives d’avenir. 2009 sera également l’année des agrandissements de magasins et de l’ouverture de nombreux nouveaux points de vente. Toutefois, une inquiétude demeure : la maîtrise de la production bio française. Après avoir entériné le rapprochement avec le syndicat membre de la Fédération Française de la Diététique, «Conseils Nature» les professionnels ont convenu de se pencher dans les mois à venir sur différents dossiers comme celui du controle des magasins avec les nombreux points de ventes conventionnels qui intègrent de plus en plus des rayons bio dans leurs linéaires et la possibilité de la mise en place d’un cahier des charges français plus rigoureux que le nouveau règlement CEE avec peut être un identifiant spécifique proche du logo AB. Enfin, le bureau du Synadis travaille déjà sur le prochain salon Natexpo qui devrait être le lieu idéal pour fêter les 10 ans du syndicat…
SYNADIS nous communique son planning des formations organisées en régions pour les mois à venir. (sous réserve de modification) Pour plus de renseignements : Christian Lafaye – Tél. : 05 57 25 38 14

BIO EQUITABLE : une démarche universelle

L’Association BIO EQUITABLE promeut une démarche de Commerce Equitable Universelle, visant le développement économique durable des filières bio à travers des partenariats étroits entre les producteurs et les entreprises. Le projet BIO SOLIDAIRE, initié en 2007, traduit cette logique de développement pour des filières biologiques locales et durables. Trois filières sont aujourd’hui garanties BIO SOLIDAIRE : le tournesol, le blé panifiable et le tilleul. L’engouement pour cette démarche est croissant. BIO EQUITABLE souhaite ainsi impliquer d’avantage les distributeurs afin que ces derniers aient une meilleure connaissance des démarches BIO SOLIDAIRE. Un magasin ou un réseau spécialisé pourra être « parrain » d’une ou plusieurs filières. Le développement de partenariats de type « Distributeur-Filière » permettra d’avoir un échange de fond sur les enjeux des filières BIO SOLIDAIRE et valorisera ainsi leur engagement réciproque.

SYNADIET au MEDEC : compléments alimentaires et Médecins

Parmi les conférences proposées aux visiteurs du salon de la Médecine, le MEDEC, l’une a rencontré un succès particulier. Intitulée «Compléments Alimentaires : Efficacité et sécurité » elle était animée par Alban MAGGIAR, président de SYNADIET et directeur général du Laboratoire CARRARE. En effet, c’est plus de 300 personnes du secteur : médecins – généralistes, nutritionnistes, ORL – diététiciens, journalistes…qui y ont participé. Présentée sous l’égide de la Fédération Française de la Diététique elle avait pour objectif d’apporter les preuves de l’efficacité et de la sécurité des compléments alimentaires. Alban MAGGIAR a commencé par faire un point en rappelant la définition du complément alimentaire telle qu’elle ressort de la Directive Européenne de juin 2002 et de sa transposition en droit français par le décret 2006-352 du 20 mars 2006 : Rappelons qu’il s’agit d’une denrée alimentaire, qui vient en complément de l’alimentation, qui constitue une source concentrée de nutriments ou d’autres substances, à effet nutritionnel ou physiologique, et qui se présente sous forme de dose unitaire. Le complément alimentaire se distingue donc clairement du médicament ! Il a ensuite montré que les compléments alimentaires sont des produits qui peuvent être consommés par tous, en toute sécurité. En effet, ils sont soumis à un cadre réglementaire strict : définition précise, déclaration préalable avec contrôles sur la formulation et le dosage, vérification des étiquetages. En outre, différentes preuves scientifiques attestent de leur efficacité. Les récentes accusations relevées dans la presse relèvent de l’amalgame ou de la méconnaissance, notamment :
● pour le béta-carotène, la réglementation française autorise au maximum 4,8 mg par jour alors que les études concluant à son danger pour les fumeurs, sont basées sur des doses de 20 à 30 mg/jour,
● les gélules à l’origine d’un décès en novembre 2008 ne sont pas des compléments alimentaires : il s’agit de la contrefaçon frauduleuse de deux molécules médicamenteuses dont l’une est interdite en France.
Un public satisfait et peu informé
Les questions posées par le public, en fin d’exposé, ont illustré l’intérêt des médecins pour les compléments alimentaires. Les interrogations s’articulaient autour d’éventuels risques de surconsommation ou d’interaction et traduisaient la volonté de prescrire, à bon escient, des compléments alimentaires adaptés et adéquats. Un questionnaire a été rempli par les participants à la fin de la conférence. Les réponses reçues montrent que les médecins sont très généralement désireux de recevoir davantage d’informations sur ces produits.
En conclusion, la conférence de SYNADIET a confirmé l’intérêt et la confiance de l’assistance aussi bien sur le plan de la sécurité que sur celui de l’efficacité : l’accueil réservé à cette conférence montre bien que, dans une approche globale du bien être de la personne, les compléments alimentaires trouvent tout naturellement leur place.

Nouveaux locaux chez TOSSOLIA

La société coopérative ouvrière de production TOSSOLIA qui était implantée depuis 1990 en Drôme provençale a intégré son nouveau site à Revest du Bion dans les Alpes de Haute Provence (04). Pour répondre à la demande du marché, pour développer son activité (lancement récent d’une gamme sans gluten) et toujours tendre vers des produits plus qualitatifs, TOSSOLIA a agrandi ses ateliers en passant de 400 m² à 1200 m². Pour ses approvisionnements en matières premières, elle a dû aussi accentuer ses collaborations avec de nouveaux agriculteurs bio de la région, notamment dans la Drome et les Alpes de Haute Provence, principaux départements fournisseurs de leur soja bio. Rappelons enfin, que TOSSOLIA suit sa charte «nature» basée sur : – une volonté de proposer une alternative à une autre alimentation qui tend vers un meilleur partage des ressources de la planète – un caractère évolutif de l’entreprise, fondé sur l’artisanat, – une qualité « produit » avec un savoir-faire appliqué à l’élaboration du tofu et de spécialités végétales cuisinées. – des matières premières biologiques contrôlées.

Enfin de l’orge malté bio français !

Par manque d’intérêt du bio de la part des malteurs français, longtemps les brasseurs bio français ont été contraints de s’approvisionner chez les belges et les allemands et ce, sans connaître l’origine du grain. Les choses se sont améliorées quand quelques céréaliers et brasseurs bretons se sont regroupés au sein de l’association « de la Terre à la Bière ». Seul le malteur belge intervenait à façon. L’orge faisait donc un petit détour en Belgique avant de revenir en brasserie une fois malté. Depuis 2009, les Malteries Franco-suisses d’Issoudun sont certifiées en qualité de façonnier par Ecocert. Le malt est ensuite redistribué à la Brasserie du Canardou (24), la Brasserie Océane (16) et la Cervoiserie LANCELOT (56). Désormais, brasseurs et céréaliers français disposent donc d’un outil géographique central qui laisse espérer des développements futurs.

Céréco : Oscar du développement durable

La société bretonne Céréco installée à Domagné près de Vitré plus connu sous la marque Grillon d’Or a reçu l’Oscar du développement durable d’Ile et Vilaine pour sa démarche écologique globale. En effet, outre le fait de fabriquer des produits biologiques, plusieurs facteurs en relation avec l’environnement lui ont permis d’obtenir cette distinction : mise en place d’une filière locale d’approvisionnement qui offre aux producteurs des prix garantis, réduction des emballages, agrandissement du bâtiment industriel (sur une surface de 5 800 m²) avec des produits d’éco construction (brique et chanvre pour l’isolation, bardage en bois, cuve pour la récupération de l’eau, centrale solaire photovoltaïque et bientôt une toiture végétalisée). Enfin, comme le précise son chef d’entreprise, Gérard Le Goff, même la voiture du commercial est électrique !

BIOTIFOOD : relookage des produits bio par le design !

BIOTIFOOD est le nom donné à l’un des 6 projets retenus parmi les 78 initialement déposés dans le cadre de l’Appel à projet DESIGN’IN lancé par la région des Pays de la Loire. Initié par la société FOOD DEVELOPMENT basée à Nantes et spécialisée dans la R&D pour le secteur de l’alimentaire, ce projet est né du constat que les produits biologiques ont un emballage souvent identique aux produits classiques. Ayant pour objectif la « Valorisation des produits BIO par un emballage ECO », il vise donc à conduire une réflexion globale sur la présentation et les emballages des produits biologiques, puis à étudier et à proposer aux consommateurs de nouveaux packs et/ou modes de consommation, fondés sur les valeurs « bio ». Vincent LAFAYE, directeur de FOOD DEVELOPMENT, ajoute que l’intérêt de cette démarche réside également dans le fait qu’elle va répondre aux attentes des producteurs de produits bio qui sont généralement des petites structures n’ayant pas les moyens d’investir dans la recherche. Ce travail est également réalisé en partenariat avec le Syndicat des transformateurs de produits biologiques des Pays de la Loire. Les entreprises adhérentes intéressées participent directement au projet. Une réflexion est menée sur leurs produits.

Grands crus classés en Biodynamie

Château Fonroque et Château Moulin du Cadet, deux Grands Crus Classés de Saint Emilion proposent leur première récolte certifiée en Biodynamie. C’est l’oeuvre d’Alain Moueix qui dès 2002 avait déjà totalement reconverti ces vignobles en bio. Outre l’intérêt direct de la Biodynamie sur ces vignes, elle influence selon lui la structure et la dégustation des vins : « ma plus grande motivation est de produire des vins de grande qualité qui expriment pleinement leur terroir d’origine. Dans nos terroirs calcaires, la biodynamie m’a permis d’épurer le vin pour ne conserver que l’essentiel : gagner en notes florales et en précision dans l’expression du fruit, favoriser une structure ciselée presque cristalline et développer un touché de bouche soyeux, apporter une certaine verticalité qui donne une posture au vin et enfin mettre en valeur la minéralité dans une finale longue et fraîche, gage de vieillissement harmonieux. En conclusion, elle donne la sensation de mettre en valeur le côté vivant du vin »

Approbio : des cadeaux bio et éthiques

La jeune société bretonne, Approbio s’est spécialisée depuis peu dans le secteur des cadeaux d’entreprises et des collectivités. Elle intervient aussi pour tout type d’événement, notamment pour les fêtes des mères, des pères, de fin d’année ou pour des assemblées, congrès… Elle propose tout un panel de produits bio et équitables comme des produits alimentaires, des écoproduits, des jouets écologiques et des cosmétiques bio. Cette société innovante a choisi d’oeuvrer pour le développement durable en adoptant une démarche globale et cohérente : des produits biologiques, mais pas seulement : priorité est donnée aux produits régionaux, pour contribuer au développement local et limiter les transports. Approbio est également solidaire : les produits d’import sont issus du commerce équitable et elle noue en parallèle des partenariats avec des CAT /ESAT, pour valoriser le travail des personnes handicapées. Pas seulement pionnier sur ce secteur, son gérant, Hervé Lefeuvre est aussi un connaisseur avec ses 12 années d’expérience dans le secteur bio. Il veut aussi adapter à chaque demande et à chaque budget, de manière personnalisée les colis cadeaux qu’il confectionne à des prix accessibles pour tous.

Comment les consommateurs perçoivent-ils le vin « biologique » ?

Une étude conduite en France et en Australie a permis de de connaître la perception par les consommateurs du vin biologique par rapport au vin conventionnel, au vin sans sulfite et au vin en biodynamie. La base de cette étude a été menée à partir d’un questionnaire dans lequel la première partie comptait 17 attributs qualifiant un vin comme par exemple : vin boire entre amis, ne donne pas mal à la tête, etc. et pour chaque attribut, l’interrogé cochait la ou les catégories de vin correspondantes. La deuxième partie avait pour but d’obtenir des données sur les caractéristiques et les habitudes de consommation de produits biologiques. Voici quelques uns des résultats concernant la France.- plus de 94 % des personnes interrogées connaissent le vin biologique et 52 % en ont déjà consommé. En revanche, les appellations « bio-dynamique » et « sans sulfite » sont moins connues. En effet, 58 % ne connaissent pas le vin bio-dynamique et 40 % le vin sans-sulfite.- à la question de préférence et d’attirance par type de vin, 62 % citent le vin conventionnel en choix numéro un. Le vin biologique est majoritairement cité en deuxième choix. – les personnes interrogées ne font pas de distinction entre les vins biologiques et bio-dynamiques. Ces derniers sont associés à des attributs de produits haut de gamme comme « nécessite une éducation pour être apprécié », « plus cher », « innovant » et « à la mode ». Ils sont également associés à une production respectueuse de l’environnement. – le vin sans sulfite est perçu comme un vin bénéfique pour la santé et avec un goût particulier. Sa consommation est plus individualiste que celle du vin conventionnel. – les vins biologiques et bio-dynamiques sont associés aux mêmes idées et sont des vins qui sortent de l’ordinaire. (Auteurs : Charlotte du Luart, Chloé Pouply, Sarah Ribier, Hervé Remaud, Lucie Sirieix) – sources : www.organicmarket- info

Nouvelle méthode pour distinguer du lait bio du lait conventionnel

Le chercheur allemand Joachim Molkentin de l’Institut Max- Rubner à Kiel (Schleswig-Holstein) a développé une nouvelle méthode de test qui permet de distinguer le lait bio du lait conventionnel. Dans son article publié dans le magazine "Journal of Agricultural and Food Chemistry" Molkentin démontre que les propriétés chimiques du lait divergent de façon significative entre le mode de production bio et non-bio. Un des critères analysés est le volume de l’isotope de carbone C-13. La présence dans le lait des vaches de cet isotope stable est déterminée entre autres par le mode d’alimentation des vaches. Puisque l’alimentation des vaches en bio se base, d’une manière générale, sur une part plus importante en fourrage grossier et en herbe fraîche, la teneur en carbone C-13 est plus élevée que chez les vaches alimentées par de l’ensilage maïs. Les recherches menées pendant un an et demi ont par ailleurs montré que le lait bio affiche une teneur plus élevée en acides gras insaturés du groupe Omega 3. (Alpha-Linolen).sources : www.organic-market-info

Alternative Bio 2009 : une « nouvelle » marque privée bio

Différents opérateurs du secteur bio se sont unis dans Alternative Bio 2009 pour créer ensemble une marque qui complète le règlement européen. Leur objectif : accompagner le développement du secteur tout en garantissant cohérence technique, économique, environnementale et sociale. Selon cette organisation, « parce que l’agriculture biologique n’est pas seulement un moyen de production de biens de consommation mais bien l’engagement d’un secteur à produire dans le respect de l’homme et de l’environnement, producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs et organismes gestionnaires de marques se sont réunis au sein d’Alternative Bio 2009. Par ce travail, ils ne militent pas pour une bio plus contraignante, mais bien pour une agriculture biologique plus cohérente, dans un souci de pérennité des structures et de cohérence agronomique. Il ne s’agit pas d’aller contre le règlement européen, qui est un socle de base indispensable sur lequel construire, mais bien de le compléter avec des règles de production en adéquation avec les spécificités françaises voire régionales. D’autres marques privées ont déjà exploré cette voie en France et en Europe, plusieurs pays ayant fait le choix de mettre en place des certifications privées depuis fort longtemps. Certaines de ces marques participent d’ailleurs aux réflexions d’Alternative Bio 2009 et enrichissent de leur expérience les groupes de travail de la nouvelle dynamique française. Par la suite, des partenariats ou systèmes d’équivalence devront être envisagés ». Les membres fondateurs de l’association espèrent bâtir les fondements d’une marque qui soit une alternative pour les paysans et un repère pour les transformateurs et distributeurs qui le souhaiteront. Ce sera également l’occasion pour les consommateurs, qui sont partie prenante de ce travail, de se resituer dans l’univers des sigles français.