NUMERO : N°73-Septembre Octobre 2017

Viandes et bien-être animal

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L’objectif des quelques lignes qui suivent n’est pas de déterminer s’il est « bien ou mal » de manger de la viande, ni même de dire s’il faut en manger peu, « raisonnablement » ou … moins. Il s’agit, dans un contexte où la majorité de nos concitoyens est carnivore, de faire une synthèse des pratiques en matière d’élevage et  d’abattage des animaux de ferme.

Définition officielle

Dans sa définition bien-être animal l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) fait référence aux cinq libertés dont chaque animal d’élevage doit disposer :

  • ne pas souffrir de la faim ou de la soif
  • ne pas souffrir d’inconfort
  • ne pas souffrir de douleurs, de blessures ou de maladies
  • pouvoir exprimer les comportements naturels propres à l’espèce
  • ne pas éprouver de peurs ou détresse.

En France, le code rural stipule :  « Tout animal étant un être sensible, il doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce » (Article L214-1) « Il est interdit d’exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques…  » (Article L214-3)

Qu’en est-il pour la bio ?

Les cahiers des charges des élevages certifiés Bio imposent :

  • L’élevage hors sol (sans aucun accès à des aires extérieures) est interdit.
  • Chaque animal dispose d’un espace bien aéré, de lumière et d’une surface minimum, paillée à l’intérieur des bâtiments, lui permettant de se mouvoir librement.
  • La densité des animaux et la taille des bâtiments sont limitées.
  • La nourriture des animaux est obtenue suivant les règles de l’agriculture biologique.
  • L’élevage des vaches et brebis, herbivores, repose sur l’utilisation maximale des pâturages, selon leurs disponibilités durant les différentes périodes de l’année.
  • Les jeunes mammifères sont nourris avec des laits naturels, et de préférence au lait maternel.
  • Le gavage est interdit en agriculture biologique.

Priorité à la prévention

Les souches et races choisies sont les plus adaptées et les plus résistantes possible, de préférence indigènes ou locales.

La santé des animaux est axée principalement sur la prévention, avec des méthodes et conditions d’élevage privilégiant le bien- être animal et stimulant les défenses naturelles.

En cas de problème sanitaire, homéopathie et phytothérapie sont utilisées en priorité.

Pour des raisons de bien-être, en cas de besoin et à titre exclusivement curatif, les médicaments vétérinaires sont utilisables dans un cadre très précis.

Des garanties de bien-être tout au long de la filière

L’attache est interdite, sauf en montagne et dans des situations précises, compte tenu des conditions climatiques et avec obligation de sortie au moins deux fois par semaine en dehors de la période de pâturage.

La reproduction recourt de préférence à des méthodes naturelles, l’insémination artificielle restant autorisée.

La castration ne peut être pratiquée que sous anesthésie ou analgésie.

L’épointage du bec, l’écornage et le raccourcissement de la queue des agneaux ne sont possibles, à titre strictement exceptionnel, que pour des raisons de sécurité ou si elles sont destinées à améliorer la santé, le bien-être ou l’hygiène des animaux en évitant qu’ils se blessent les uns les autres.

Les techniques de claustration, de muselière pour les veaux, ou tout régime carencé, sont interdites.

À l’abattoir

« Toutes les précautions doivent être prises en vue d’épargner aux animaux toute excitation, douleur ou souffrance évitables pendant les opérations de déchargement, d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage ou de mise à mort  » Article R214-65 du code rural.

L’acheminement des animaux vers le poste d’abattage doivent se faire à allure régulière, sans coups ni stress.

Le box d’immobilisation doit être adaptable à la taille de l’animal. Les animaux entrant dans le box ne doivent avoir aucune vue sur leurs congénères déjà abattus. L’immobilisation doit être la moins longue possible.

L’étourdissement fait perdre conscience à l’animal et l’insensibilise à la douleur. Cet état de perte de conscience doit durer jusqu’à la mort de l’animal (saignée par section d’au moins une des deux carotides).

Pour conclure

Tous les éleveurs bio (et probablement la grande majorité des éleveurs conventionnels) ont un grand respect pour leurs animaux, et les élèvent dans des conditions du meilleur bien être possible. Le moment de l’abattage est toujours pénible pour eux et ils font tout pour éviter toute souffrance aux animaux.

Les mauvais traitements et le stress des animaux à l’abattoir entrainent une perte de qualité de la viande pouvant aller jusqu’à une dévalorisation importante. Le stress induit une hausse du pH de la viande qui se traduit par une couleur sombre, et une viande dure et sèche.

Les « bavures » inadmissibles fortement médiatisées sont des exceptions dans un monde où l’ensemble des opérateurs respectent le bien-être des animaux pour des raisons éthiques mais aussi économiques. Elles sont souvent un symptôme de l’intensification et du productivisme de notre époque. On peut lire sur ce sujet le livre reportage « Steak Machine » de Geoffrey LE GUILCHER publié aux éditions Goutte d’Or.

Noël Ledey – Symbiose – Audit & Développement

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