NUMERO : Juil-Aout 2011

Vient de paraître : « comment nourrir l’avenir »

Surconsommation de protéines animales

La première partie de ce document est consacrée à la surconsommation de protéines animales et sur ses implications sur la santé. Il met en lumière le fait que cette surconsommation d’aliments d’origine animale est devenu un problème de malnutrition, puis il liste les maladies découlant d’une telle malnutrition. Il met aussi en avant les conséquences sur la santé de nos sociétés et de nos économies. En effet, les auteurs s’emploient à définir un concept de système alimentaire et démontrent que nos habitudes alimentaires basées sur la « viande » ont abouti à la mise en place de systèmes agricoles et agro-alimentaires industriels, nationaux et internationaux, qui veulent toujours produire plus, au détriment de la qualité. Ils en examinent les conséquences socio-économiques aux points de vue distribution, stockage, logistique, consommation de pétrole, aberrations, injustices, famines, etc… Ils abordent le challenge démographique à venir à savoir : ce système est-il viable pour les 9 milliards d’individus prévus sur terre pour 2050 ? Enfin, les implications sur l’environnement sont clairement explicitées : l’agriculture industrielle mise en place pour fournir toutes ces protéines animales est un désastre pour la nature et les écosystèmes aussi bien dans les pays dits riches que ceux en voie de développement. Les auteurs soulignent quelques uns de ces effets : érosion, déforestation, pollution des sols et des eaux, effet de serre, changements climatiques, etc.

Bienfaits des protéines végétales

La deuxième partie, plus optimiste nous projette dans un modèle de système alimentaire où la consommation des protéines animales représenterait seulement 30 % de notre diète, (des protéines animales de haute qualité, issues de l’alternative que représente l’agriculture biologique) et les 70 % de protéines restantes, provenant des ressources végétales, également de haute qualité. Les bienfaits seraient multiples à tous les niveaux :
● bienfaits pour la santé : ce modèle alimentaire impacte positivement et directement sur la santé des individus. Ce film le prouve à travers des témoignages, des études scientifiques, et des études épidémiologiques.
● bienfaits pour nos sociétés et de nos économies : la viabilité d’un tel système s’il était privilégié à plus grande échelle permettrait la création d’emplois pour remplacer ceux liés à la production industrielle, le maintien de notre pouvoir d’achat, le développement d’une production suffisante pour nourrir la population mondiale.
● bienfaits pour l’environnement : les bénéfices écologiques corrélés

à une humanité privilégiant un régime basé majoritairement sur les ressources végétales permettrait d’introduire une relation symbiotique entre production agricole et écosystème.

Conclusion

Les auteurs plaident en faveur d’un refus du fatalisme suscité par le système industriel actuel. Ils soulignent qu’un système agricole et agro-alimentaire ne peut être durable que s’il est basé sur une réflexion triple : la santé des personnes, des économies et de l’environnement ; une interdépendance, une cohérence et une approche conceptuelle systémique pour nous aider à « nourrir l’avenir ». Ils invitent le consommateur à commencer par agir individuellement sur son alimentation, afin que petit à petit, grâce aux individualités conjuguées, le système alimentaire change en profondeur, et qu’à leur tour les consommateurs influent sur les modes de production, de transformation et de distribution mis en place. Selon eux, ce documentaire doit faire prendre conscience que manger est un acte essentiel et capital, un véritable POUVOIR individuel, qui lorsqu’il devient pouvoir d’achat, permet au consommateur d’être le véritable acteur des changements, et non plus seulement le spectateur d’évènements soient disant inéluctables. Enfin, grâce aux prises de consciences individuelles, les citoyens élargiront leur réflexion sur le fait que pour penser et agir durable, il faut revenir au bon sens, ce bon sens où « l’écologique » inspire le « politique » qui lui-même agit sur « l’économique » ! L’inverse de ce que nous vivons actuellement, un monde à l’envers, où l’économie « dicte sa loi » au pouvoir politique incapable de gérer les défis écologiques à venir.

Bibliographie :
Ce scénario s’inspire d’un travail réalisé en Ecologie Humaine, à l’Université de Bordeaux I, par Jean-James GARREAU, biologiste, créateur de l’association IRÉNIS (Institut de Recherche à Écologie Humaine). Ce film est soutenu en partie par des acteurs de la filière Bio et recherche actuellement d’autres soutiens. IRÉNIS – Tél 05 53 77 24 78 – E-mail :
Intervenants :
Claude Aubert : Ingénieur agronome, fondateur du mouvement Terre Vivante, un des pionniers de l’agriculture biologique – Philippe Desbrosses : Docteur en science de l’environnement, expert consultant au sein de l’Union Européenne et du Parlement de Bruxelles, PDG du groupe Sainte- Marthe – Gilles-Eric Séralini : Docteur en biologie moléculaire à l’université de Caen, expert pour le gouvernement français, l’Union Européenne, le Canada et l’Inde, président du conseil scientifique du CRII-GEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique) – Fabrice Nicolino : Journaliste, écrivain, auteur de « Pesticides, révélations sur un scandale français » et de « Bidoche : l’industrie de la viande menace le monde » – Pierre Rabhi : Agriculteur, écrivain, consultant auprès de l’ONU, fondateur du mouvement Colibris – Jean Montagard : Grand chef de cuisine, professeur en cuisine biologique et végétarienne – Jean-Patrick Costa : Consultant en Santé & Environnement, écrivain et conférencier, président de l’association ARUTAM – Marc Dufumier : Ingénieur agronome, Directeur de la chaire d’agriculture comparée à l’Institut AgroParis Tech.
Site internet : http://www.commentnourrirlavenir.com/