NUMERO : Septembre – Octobre 2014

Voyage au coeur de l’INCI

Depuis qu’il existe des certifications de cosmétique naturelle est il devenu plus facile, pour les consommateurs ou les magasins bio, de reconnaître la « vraie » cosmétique naturelle en se basant sur la liste INCI ?

Reconnaître la cosmétique naturelle n’est pas une tâche aisée. C’est entre autres lié au fait que beaucoup d’ingrédients synthétiques – ou d’ingrédients naturels chimiquement modifiés – qui n’existaient pas il y a 10 ou 12 ans, sont apparus depuis que les certifications existent. Les cosmétiques naturelles étant surtout composés d’huiles végétales et d’extraits de plantes, les noms INCI se terminant par Oil pour les huiles, Extract pour les extraits ou Water pour les hydrolats, sont importants.

C’est un point facile à retenir : Oil, Extract, Water = végétal. De plus, beaucoup de fabricants, car ils vendent aussi aux USA, utilisent aussi la nomenclature CTFA obligatoire là-bas. Le mot anglais désignant l’ingrédient correspondant est alors ajouté au nom INCI. Avec quelques notions d’anglais on peut ainsi savoir de quel ingrédient naturel il s’agit. Prenons par exemple les six premiers noms INCI d’une crème : Aqua (Water), Glycine Soja (Soybean) Oil, Glycerin, Simmondsia Chinensis (Jojoba) Seed Oil, Potassium Cetyl Phosphate, Olea Europaea (Olive) Fruit Oil.

La majeure partie de ces ingrédients est facile à identifier, car il s’agit de véritables huiles végétales : soja, jojoba et olive. Plus la glycérine et l’eau. Un seul terme est incompréhensible : Potassium Cetyl Phosphate (un complexe d’émulsifiants). Autre exemple d’une crème de cosmétique naturelle : Aqua (Water), Tilia Cordata Water, Dicaprylyl Ether, Caprylic/Capric Triglyceride, Octyldodecanol, Glycerin. On reconnaît : eau, hydrolat de plante (de tilleul) ainsi que glycérine. Dicaprylyl Ether ? Caprylic/Capric Triglyceride ? Octyldodecanol ? Ces ingrédients ne peuvent pas être « décodés » par des non-spécialistes. Il s’agit aussi d’huiles, mais qui ce ne sont pas végétales : ce sont des huiles de synthèse, obtenues à partir de matières de base naturelles. Il y a 10 ou 12 ans de telles huiles n’existaient quasiment pas.

Idem pour les ingrédients commençant par Hydrogenated ou Hydrolyzed. Derrière eux se cachent des composants naturels plus ou moins fortement modifiés chimiquement. Cette évolution ne facilite pas l’identification de la cosmétique naturelle en se basant sur la déclaration INCI. Pour le consommateur le premier critère reste bien sûr la présence d’un label : si un produit affiche le logo d’une des certifications connues (BDIH, Cosmébio, Nature & Progrès, NaTrue…), il s’agit bien de cosmétique naturelle ou bio.

Peut-on néanmoins, à l’inverse, au moins reconnaître, grâce à cette déclaration INCI, qu’un produit n’est pas de la cosmétique naturelle ?

Oui, tout à fait. Prenons à nouveau comme exemple les six premiers noms INCI d’une crème : Aqua, Dimethicone, Glycerin, Stearic Acid Palmitic Acid, PEG-100 Stearate. Deux termes montrent déjà qu’il ne s’agit pas de cosmétique naturelle. Le premier est Dimethicone, un silicone.

Il est facile de retenir les silicones les plus fréquemment utilisés : Dimethicone, Cyclopentasiloxane et Cyclohexasiloxane. Règle générale : tout ce qui se termine en -cone ou en -xane n’est pas autorisé en cosmétique naturelle. Autre indice : les lettres PEG.

Beaucoup d’ingrédients, principalement des émulsifiants/tensioactifs, commencent par PEG ou PEG/PPG. Si ces lettres sont présentes, il ne s’agit pas de cosmétique naturelle. Cela vaut aussi pour les termes INCI qui se terminent par -eth, comme dans Laureth ou Oleth. Avec les colorants, ce sont surtout ceux dont le code, après les lettres CI (Colour Index = index des couleurs), commence par le chiffre 1, 2 ou 4 (comme CI 15865, un colorant azoïque) qui constituent un tel indice.

Journaliste pendant 20 ans, Rita Stiens s’est intéressée de longues années durant aux thématiques liées à la santé, à la cosmétique et à la psychologie. A partir du milieu des années 1990, elle a publié plusieurs ouvrages consacrés principalement aux ingrédients cosmétiques. Depuis, grâce à ces livres critiques, elle s’est construit une réputation internationale, notamment comme experte en cosmétique naturelle.

Ses livres se veulent des guides à travers la « jungle » de la cosmétique et des aides pratiques pour choisir des produits de beauté sains et efficaces.

Pour la France, c’est son livre La Vérité sur les Cosmétiques, régulièrement mis à jour, et son site www.laveritesurlescosmetiques.com qui permettent d’accéder à ses riches conseils et informations. Deux de ses sujets de prédilection sont d’une part les risques sanitaires et la pollution liés à la cosmétique, et d’autre part la qualité et les avantages de la cosmétique naturelle.

Même si un seul de ces points apparaît,par exemple un PEG ou un ingrédient se terminant par -eth, il est déjà clair que le produit ne peut pas être un cosmétique naturel certifié. Les aspects éthiques jouent un rôle important pour beaucoup de consommateurs. Peut-on reconnaître, grâce à la liste INCI, si exemple l’acide hyaluronique est d’origine animale ou si la glycérine est d’origine végétale ou pétrolière ? Ce n’est pas évident. Les ingrédients animaux sont toutefois de moins en moins utilisés en cosmétique naturelle. Un composant comme l’acide hyaluronique, obtenu autrefois à partir de crête de coq, est désormais issu de biotechnologie. De plus, nombre de cosmétiques naturels sont aujourd’hui affichés comme vegan. Et en cosmétique naturelle de toute façon, seule la glycérine végétale peut être utilisée : celle purement synthétique ou d’origine pétrochimique est interdite.

 

« En termes d’efficacité, la cosmétique naturelle est tout à fait comparable à la cosmétique conventionnelle »

 

Puis-je, en tant que consommateur ou conseiller de vente en cosmétique, savoir aussi grâce à l’INCI si a priori une crème est efficace ?

Les promesses d’efficacité – action anti-âge, diminution des rides… – ne sont vérifiables que de façon limitée voire pas du tout. Le seul moyen serait que des volontaires appliquent pendant des années une crème sur la moitié du visage et une autre crème sur l’autre moitié : il faudrait quasiment vivre dans des conditions de laboratoire, pour exclure les facteurs importants d’influence comme l’alimentation ou le soleil, sans oublier les gènes qui jouent un rôle crucial.

Mais il existe néanmoins des actifs pour lesquels une certaine efficacité a pu être démontrée grâce à des tests sérieux. En cosmétique naturelle, cela est par exemple le cas de l’actif anti-âge dont le nom commercial est Easyliance (nom INCI : Acacia senegal gum (and) Hydrolyzed rhizobian gum). Mais une telle efficacité, dans ce cas un effet raffermissant par contraction, est temporaire et ne stoppe pas le vieillissement naturel de la peau. Avec les crèmes, on peut surtout tester l’augmentation de l’hydratation cutanée.

Même si on parle alors d’anti-âge, il s’agit avant tout d’une amélioration de l’hydratation. C’est pourquoi les ingrédients hydratants (glycérine par exemple) apparaissent en tête de la liste INCI de presque toutes les crèmes anti-âge. Car une peau bien hydratée est plus ferme et les rides y sont moins profondes. Cette augmentation peut être mesurée par des tests objectifs.

En Allemagne, la Stiftung Warentest ( une fondation indépendante) fait régulièrement des tests comparatifs de produits cosmétiques. Pour vérifier l’efficacité d’une crème, les volontaires doivent respecter des critères précis, pendant au moins 30 jours. On mesure ensuite l’augmentation de l’hydratation cutanée.

À propos d’efficacité justement : la cosmétique naturelle peut-elle selon vous faire « jeu égal » avec la cosmétique conventionnelle ?

Oui : dans un de ses tests par exemple, la Stiftung Warentest est arrivée à la conclusion suivante : « Comme le démontrent nos tests, les crèmes naturelles sont comparables aux crèmes conventionnelles sur le plan de l’efficacité ». Mais toutes les crèmes naturelles n’étaient toutefois pas aussi bonnes. Certaines hydrataient la peau bien mieux que d’autres. Une des crèmes était efficace, mais n’a cependant pas reçu la note « Bien », car les testeuses avaient critiqué la consistance épaisse et la mauvaise pénétration. Nous sommes là face à un problème essentiel : la cosmétique naturelle doit encore plus être à la hauteur des attentes des consommateurs. Elle doit être efficace, avoir un parfum plaisant, pénétrer rapidement, contenir autant que possible beaucoup d’ingrédients bio, satisfaire à des exigences éthiques, etc. Concilier tout cela est particulièrement difficile.

Y a-t-il des ingrédients certifiés naturels qui ont plus de valeur que d’autres ? Par exemple des actifs anti-âge ou hydratants qui sortiraient particulièrement du lot ?

En cosmétique naturelle, dans les crèmes et lotions, 4 types d’ingrédients de base doivent idéalement être employés :

  1. De bonnes huiles et graisses végétales de base, comme les huilesde jojoba, de tournesol, de soja et d’olive, le beurre de karité, etc.
  2. Des huiles actives spécifiques comme les huiles d’argousier, depépins de grenade, de pépins de raisin, d’onagre ou de rose sauvage.
  3. Des extraits de plantes (il en existe pour tous les usages) : ils contiennent des polyphénols, des anthocycanes et des tannins (par exemple le thé vert, les myrtilles, le raisin, les roses, la pensée, le ginkgo, le millepertuis, la racine de réglisse) ayant une action antiâge particulièrement bonne.
  4. Des actifs isolés comme les vitamines.
     

En cosmétique conventionnelle, pour les crèmes anti-âge, on utilise largement les filtres anti-UV comme actifs.

Personnellement, pour des raisons liées à la santé, je suis absolument opposée aux crèmes de jour avec un indice de protection élevé. D’une part en raison du mode d’action des filtres anti-UV de synthèse (beaucoup sont des perturbateurs endocriniens) et d’autre part parce que je considère qu’un blocage permanent de la lumière sur la peau – c’est-à-dire de

la synthèse de la vitamine D – est des plus préjudiciables. L’essentiel dans les produits de soin est en fait la base de la formule. Pour les soins naturels, je suis par exemple une fervente avocate de l’emploi des véritables huiles végétales, pour leur richesse en actifs. Chaque véritable huile végétale est un cocktail unique d’actifs, dont de précieux actifs anti-âge comme les composés végétaux secondaires (flavonoïdes, phytostérols…).

Si un fabricant utilise surtout les huiles de synthèse autorisées en cosmétique naturelle (huiles estérifiées), comme le Dicaprylyl Ether, cela implique une perte en actifs car ces composés végétaux secondaires disparaissent largement lors de l’élaboration de ces huiles.Généralement, l’efficacité des actifs isolés est très surévaluée et l’importance des ingrédients de base sousestimée. Parmi les actifs, il n’y en a pas un surpassant vraiment les autres. Par ailleurs, on sous-estime combien les ingrédients naturels intégraux peuvent êtres « multifonctionnels ».

Exemple : les extraits d’algues et l’aloe vera sont de bons hydratants mais ils ont aussi de bonnes propriétés de protection (antioxydantes) de la peau en raison de leur « cocktail d’actifs ». Les fabricants s’orientent toujours naturellement, pour attirer le client et se différencier des confrères, vers des actifs précis.

Et il y a en permanence de nouvelles modes. Grenade et huile d’argan sont par exemple depuis quelques temps en vogue. Ce sont certes d’excellents ingrédients, mais cela tourne facilement à l’ingrédient-prétexte…

Qu’entendez-vous par « ingrédient prétexte » ?

J’ai par exemple sous les yeux une gamme de cosmétique naturelle « bon marché », dont la promotion est faite massivement sur la présence d’aloe vera et d’huile d’argan. La réalité est cependant tout autre : l’huile d’argan n’est contenue qu’en quantité très minime et l’aloe peut être un ingrédient bas de gamme, même quand il est déclaré sous la forme de gel. Il est surtout peu cher sous forme de poudre (concentré).

Et ce concentré peut être dilué dans une proportion de 1 partie d’aloe pour 200 parties d’eau : avec 5 ml de concentré d’aloe on peut faire un litre ! Dans la crème de cette gamme bon marché on ne trouve aucune huile végétale véritable parmi les huiles de base. L’huile principale est de l’isopropylpalmitate, une huile de synthèse bon marché dont une partie est issue de la pétrochimie.

Cette huile est certes rarement utilisée mais fait malheureusement toujours partie des ingrédients autorisés dans un des référentiels de cosmétique naturelle certifiée. Heureusement, de telles formules vraiment « pauvres » sont rares.

Parlons maintenant des formules contenant des tensioactifs, c’est-à-dire du type gel-douche et shampooing. Que peut-on déduire de leurs INCI ?

On peut voir quels types de substances lavantes (tensioactifs) ont été utilisés. Un grand nombre de tensioactifs sont irritants, de façon démontrée, comme le sodium lauryl sulfate et le sodium laureth sulfate qui le sont particulièrement. L’ammonium lauryl sulfate, toujours utilisé en cosmétique naturelle, possède aussi un potentiel irritant élevé. Néanmoins, les produits lavants contiennent presque toujours un mélange de tensioactifs pour réduire le potentiel irritant de certains d’entre eux.

Mais on ne peut pas savoir de combien il est réduit en se fiant à l’INCI. Il y a bien sûr par contre des tensioactifs bien tolérés, les meilleurs étant les acylglutamates, qui sont aussi nettement plus onéreux que les autres tensioactifs. De tels tensioactifs se reconnaissent à leur nom INCI contenant Glutamate, comme Sodium Cocoyl Glutamate. Relativement doux aussi sont les tensioactifs à base de sucre, reconnaissables au terme Glucoside, comme pour Decyl Glucoside.

J’utilise personnellement comme produit de douche uniquement des cosmétiques naturels contenant des acylglutamates et des tensioactifs de sucre. Avec les shampooings, c’est différent. Mon expérience personnelle m’a montré qu’il n’est pas vraiment facile de trouver le shampooing idéal pour son cuir chevelu et ses cheveux. Chez moi par exemple, des shampooings avec de très bons tensioactifs car très doux ont conduit à un cuir chevelu désagréablement sec. Il peut aussi arriver que des cheveux très denses ou longs deviennent difficiles à discipliner après le lavage.

Il y a aussi des personnes ne supportant pas la cocamidopropyl bétaïne – un tensioactif toujours autorisé dans une des certifications – avec apparition de démangeaisons et de sensations de brûlure au niveau de la tête et du cou. Comme il y a des shampooings de cosmétique naturelle avec beaucoup de mélanges différents de tensioactifs, quand on n’est pas satisfait d’un shampooing, il faut en essayer d’autres.

« L’essentiel n’est pas de savoir ce que ne contient pas un produit mais bien de savoir ce qu’il contient ».

Il y a beaucoup de cosmétiques arguant de leur naturalité, alors que ce n’est pas le cas. Est souvent mis en avant l’allégation « sans… ». Les consommateurs doivent-ils être méfiants ?

Très méfiants ! Car le « greenwashing » va très loin. Les messages de naturalité comme les plantes et les fruits sont souvent en contradiction frappante avec le caractère chimique réel du produit. Les allégations « sans… » doivent être purement et simplement ignorées, car elles n’apportent en fait rien. Elles sont superflues et induisent même le consommateur en erreur.

Pour la cosmétique naturelle certifiée, mettre en avant « sans parabènes » est parfaitement inutile, car les parabènes, comme les PEG ou les silicones, sont de toute façon interdits. Pour un cosmétique non certifié, l’allégation « sans parabènes » signifie que d’autres conservateurs ont pu être utilisés, comme la méthyl-isothiazolinone, qui sont très préoccupants car fortement allergisants. L’essentiel est de savoir ce que contient le produit. C’est à cela que les consommateurs doivent être attentifs.

Quels types de produits sont particulièrement efficaces en cosmétique naturelle ? Quels sont ceux qui pour vous sont les plus convaincants ?

Qu’il s’agisse de nettoyage, de tonique visage ou de crème, personnellement, pour le soin visage, je ne jure que par la cosmétique naturelle. Et c’est la même chose pour les gommages, les produits pour la douche ou les laits pour le corps.

Quant au maquillage, fards à paupières, rouges à lèvres ou gloss, personnellement la palette des couleurs offerte me suffit largement. Cela ne me dérange pas non plus que les rouges ou les gloss ne soient pas « longue durée » et que les mascaras ne soient pas waterproof. J’attache beaucoup d’importance à l’absence d’ingrédients chimiques à risque pour les rouges à lèvres (qui finissent en grande partie dans l’estomac) et pour les produits pour le sensible contour des yeux.

Pour les fonds de teint et autres poudres, pour être honnête, je n’utilise pas que de la cosmétique naturelle. Je m’y retrouve mieux avec d’autres produits. Mis à part cela, je suis totalement séduite par la cosmétique naturelle. Il suffit de trouver les produits qui vous conviennent.

Je ne les ai pas trouvés chez une seule marque, mais en utilise de différents fabricants. Pour moi, cosmétique naturelle signifie sérénité : grâce à elle, je fais quelque chose pour avoir une apparence soignée, protège ma santé et apporte de plus ma contribution à la protection de l’environnement, tout en me faisant du bien.

Pour revenir à la liste INCI, que doivent faire les fabricants pour mieux informer les consommateurs ?

Soyons réalistes : ce qui intéresse avant tout les fabricants, c’est de rendre le produit et son packaging attractifs, et d’utiliser des textes vendeurs pour ainsi séduire les acheteurs. Je ne m’attends donc pas à ce que plus de fabricants « sacrifient » de la place pour offrir par exemple, en plus de la liste INCI officielle, une traduction en clair dans la langue de chaque pays.

Ils peuvent néanmoins le faire sur leur site Internet, mais même ceci n’est pas encore évident pour tous. Je serais déjà heureuse si la liste INCI était écrite plus grand et donc plus facile à lire et si tous les magasins en ligne pouvaient ou étaient obligés de publier l’INCI des produits. Dans un « vrai » magasin, le consommateur peut consulter l’INCI et avoir des explications. Sur Internet, il achète souvent « à l’aveuglette ».

Que peuvent faire les vendeurs/vendeuses de cosmétique naturelle, pour être bien informé(e)s et est-ce que les fabricants devraient proposer par exemple plus de formations ?

L’intérêt pour des informations sur les composants des cosmétiques est très, très élevé, comme le montrent les nombreux mails que je reçois chaque jour du personnel de vente et des personnes qui ont découvert mon site www.laveritesurlescosmetiques.com et utilisent intensément ma base de données INCI. Pour ne parler que de la version française de ce site, j’ai plus de 78.000 visiteurs par mois. Et mon livre La Vérité sur les Cosmétiques contient également un dictionnaire INCI. En ce qui concerne les formations, j’aimerais qu’il y en ait pour savoir comment prendre bien soin de la peau et comment utiliser correctement les produits.

Plus d’un tiers des femmes estime avoir la peau sensible. Cela est dû dans de nombreux cas à l’utilisation de soins inadaptés et notamment à la mode des formules très « légères ». Pour ce qui concerne les soins inadaptés, deux choses vont en général de pair : ces crèmes devenues de plus en plus légères et l’assortiment offert par nombre de fabricants devenu tellement complexe que les achats inappropriés sont inévitables.

« Quel produit vous faut-il ? Vous trouverez chez nous toutes les réponses » a affirmé par exemple un fabricant de cosmétique naturelle à propos de son offre, qui comprenait rien que pour les peaux sèches 12 produits de soins sous différentes formes : crème, fluide, sérum et gel. Contrairement au fabricant, ni le consommateur ni le vendeur de la boutique de cosmétique ne sait si la formule d’un produit ou telle combinaison de produits répond aux besoins de base d’une peau donnée.

De plus, ces besoins changent aussi, étant par exemple différents en hiver et en été, dépendant aussi de l’état physique de chacun.

Nous avons donc simplement besoin de meilleures informations en matière d’adaptation des soins. Les fabricants doivent pour cette raison offrir les formations correspondantes, mon souhait étant que ces formations servent aussi à optimiser la qualité du conseil dans les magasins spécialisés.

Merci beaucoup pour ces éclaircissements sur un sujet complexe s’il en est !

Photos de Rita Stiens par Antonia Jacobsen