NUMERO : sept -oct 2011

CQP bio : zoom sur l’IFOPCA

BL : Quel regard peut-on avoir aujourd’hui par rapport au CQP Bio ?
Stéphane Le Flao (SLF) : C’est une formation qui a fait ses preuves ! Il faut se rappeler qu’au départ ce sont des professionnels du bio sous l’impulsion de la FNDE (Fédération Nationale de l’Epicerie) et du Synadis, qui ont défini son contenu et son référentiel de compétences, en le calant au plus près des besoins des magasins.
BL : C’est une formation très générale ?
SLF : Il s’agit de la formation la plus complète, qui par sa durée et sa régularité forme le plus efficacement les salariés de notre secteur. De plus, depuis sa création, elle a su évoluer en restant à l’écoute des entreprises et s’est réactualisée constamment, en gardant bien évidemment l’objectif défini par le référentiel de compétences.
BL : La formation n’est-elle pas trop théorique ?
SLF : Au contraire, nos intervenants sont des professionnels du secteur qui connaissent bien les besoins des entreprises et n’ont de cesse que d’aborder concrètement les différents domaines étudiés que ce soit sur les produits ou sur les techniques de vente.
BL : Cela se traduit comment ?
SLF : à l’IFOPCA, nous avons la chance d’avoir un équipement professionnel important avec notamment : un magasin épicerie, de fruits et légumes, de produits frais, un laboratoire de préparation (coupe, atelier cuisine…), 3 chambres froides… Ainsi les salariés seront amenés aussi bien à monter un étal de fruits et légumes, monter des gondoles, réaliser du facing, des vitrines de fromages, de faire des coupes de fromages, que de recevoir une palette de marchandise en respectant les règles à la livraison… Il est même possible de cuisiner ! Bref, c’est loin d’être une formation trop théorique, et en aucun cas statique ! Sans oublier les découvertes filières…
BL : Vous parliez de cuisine ?
SLF : en effet, nous étudions aussi de manière approfondie tout ce qui touche à l’équilibre alimentaire. Nous l’abordons également par 3 ateliers culinaires dans lesquels nous réalisons un déjeuner complet permettant ainsi de mieux comprendre la façon dont on peut préparer les produits tout en se souciant de leur complémentarité.
BL : et les découvertes filière ?
SLF : le cahier des charges prévoit que les salariés aillent à la rencontre des opérateurs de la filière qu’ils soient producteurs, transformateurs ou grossistes …
BL : quel accueil recevez vous ?
SLF : toujours excellent ! Outre les rencontres avec les grossistes sur le MIN de Rungis, lorsque nous allons visiter des producteurs ou des transformateurs, nous partons 3 jours en région. Là, l’accueil est toujours formidable. C’est un instant d’échange unique entre celui qui produit ou fabrique les produits et le vendeur qui, en bout de chaîne, les conseille. C’est aussi un moment fort de la formation pour le groupe qui revient toujours très soudé et qui prend conscience du travail effectué et de la qualité de l’engagement des opérateurs bio.
BL : Quels sont les pourcentages de réussite à l’Ifopca ?
SLF : les pourcentages sont traditionnellement élevés. On a atteint les 92 % pour la session qui vient de s’achever en juin dernier. C’est

Les stagiaires en formation lors des visites « découverte filière bio » : Chez les Côteaux Nantais en compagnie de Michel Delhommeau (en haut) – A la Maison Gaborit avec Bernard Gaborit dans des cultures bio et à la fabrication des fromages. (photo Ifopca)

assez logique, car lorsque nous « montons » les groupes, nous apportons une attention particulière à la motivation des candidats. Ce qui fait que les groupes, alors que très hétérogènes en âge et parcours scolaires et professionnels, sont en fait très homogènes par leur motivation liée au secteur du bio. C’est l’élément fédérateur. C’est ce qui permet de créer une véritable émulation dans les groupes, d’échanger ses expériences respectives dans les différents magasins et de créer une dynamique qui les porte jusqu’à la certification.
BL : et après, que deviennent ces salariés ?
SLF : près de 80 % continuent dans le magasin dans lequel ils ont effectué leur contrat, certains d’ailleurs en acquérant des responsabilités qu’ils n’auraient pas pu assurer avant la formation. Les autres principalement restent également dans le bio, dans une autre entreprise parce qu’ils déménagent ou parce qu’ils ont répondu à une offre d’embauche leur permettant une évolution intéressante. Evidemment, pour quelques uns, la vie apporte ses changements qui peuvent les diriger vers d’autres orientations. Mais ça, c’est la vie ! Aujourd’hui, nous avons certains de nos anciens stagiaires qui sont à présent tuteurs de CQP actuels : cela veut dire qu’ils les accompagnent durant la formation et deviennent les interlocuteurs avec notre formateur référent. Pour quelques uns, ils ont même pris la gérance d’un magasin.
BL : En conclusion ?
SLF : Pour conclure, se former c’est plus qu’important, c’est nécessaire. Dans un univers de plus en plus concurrentiel, la clientèle ira toujours vers un meilleur service, un meilleur conseil, une proximité que seuls nos magasins peuvent offrir. A nous de leur apporter ! La formation est déjà une réponse.