NUMERO : juil-août 2007

Dossier Soja – Bien connaître le soja, pour mieux le conseiller

Consommation du soja Bio

Selon le baromètre de l’Agence Bio effectué en octobre dernier, les produits à base de soja se classent en dixième position des produits les plus consommés par les acheteurs et consommateurs de produits biologiques, avec un taux de 27 %. (74 % pour les fruits et légumes, 69 % pour les produits laitiers, 48 % pour la viande et 43 % pour le pain)

« vrai » et « faux » soja

Le soja que l’on utilise en France a une couleur jaune. Dans d’autres pays on trouve des variétés grises, brunes, noires ou mouchetées. La légumineuse vendue en France sous le nom de « soja vert » est en réalité voisin du haricot, le haricot mungo.

Culture

Avantage agronomique pour l’Agriculture Biologique
Le soja a un rôle essentiel en agriculture biologique et notamment dans la rotation des cultures. Il est comme toutes les légumineuses un bon précédent cultural pour les céréales qui sont très demandeuses en azote. En effet, par ses feuilles, il absorbe l’azote de l’air qu’il va restituer au sol grâce à des nodules racinaires renfermant des bactéries (Bradyrhyzobium japonicum). Cela permettra d’enrichir le sol en azote et ainsi d’obtenir de meilleurs rendements. Facile à cultiver, il a l’inconvénient d’être sujet à l’enherbement qui engendre des coûts de production supplémentaires. Enfin, sa résistance aux parasites et aux maladies permet de le cultiver aisément sans utiliser pesticides ni autres traitements chimiques. Sa culture est exigeante en eau mais moins comparativement à d’autres cultures comme le maïs.

Bio à l’inverse du conventionnel
Environ 75 % du soja bio cultivé en France est destiné à l’alimentation humaine. Il est seulement de 20 % pour le conventionnel.

Exigence qualitative mais onéreuse
Le soja bio en France représente une surface d’environ 6.500 ha pour 9.000 tonnes en 2005 (57.000 ha en conventionnel pour 150 000 tonnes – 200 millions de tonnes au monde). En bio, il est principalement cultivé dans le Sud-Ouest. Les variétés en bio sont sensiblement les mêmes que pour le conventionnel, toutefois, la sélection en bio est plus contraignante car seul le soja ayant un taux de protéine important est retenu. De plus, les lots doivent répondre à des critères qualitatifs (pas de graines abîmées ou cassées, bonne maturation, triage précis) afin d’éviter tout problème à la transformation.

Soja bio et OGM : la sécurité à tout prix

Le taux légal pour indiquer sur l’étiquetage la présence d’OGM est de 0,9 %. Le seuil de présence d’OGM a été fixé à 0,01 % en bio (seuil de détection des méthodes de mesures). Pour garantir l’absence totale d’OGM, la filière bio a du mettre en œuvre des systèmes de contrôles complémentaires. Analyse des lots de semences avant les semis et après la récolte. Suivi et traçabilité des lots, précautions spécifiques pour le nettoyage et les transferts de lots, transports… Toutes ces mesures coûtent cher à la fois en moyens humains, administratifs et en analyses.

Soja bio français ou importé

L’augmentation de la demande de soja bio fait évoluer les cours. La production française est de plus en plus concurrencée par celle de la Chine et de l’Amérique du sud qui proposent des prix inférieurs de 20 à 25 %. Les principaux fabricants français font généralement confiance à la production française car ils sont conscients qu’il est important de la soutenir afin de garantir des produits de qualité, de privilégier les circuits courts, de sauvegarder nos terroirs et de maîtriser au mieux la traçabilité.

Un boeuf fournit environ 200 kg de viande (1 500 repas), les céréales qui servent à le nourrir permettraient de servir 18 000 repas.La viande de bœuf produite avec des céréales cultivées sur 1000 m2 nourrit un homme pendant 19 jours.
Une surface équivalente, cultivée en soja, nourrit un homme pendant 217 jours !
Pour produire un kilo de protéines animales, il faut 6 fois plus de terre que pour produire un kilo de protéines de soja.