NUMERO : Mai – Juin 2015

Nous l’avions écrit ! Retour sur 7 ans d’éco-anticipation sur l’avenir de la bio

2008

1 ● Les produits de la ruche (N°19 – Septembre-octobre) : à cette époque peu de produits de la ruche sont labellisés bio.  La quasi totalité des matières apicole provient de Chine ou d’autres pays lointains. L’offre est ciblée simplement  « Produits de santé pour la famille ». Je mentionne aussi que la façon dont les produits sont fabriqués allait à terme compter au moins autant que les promesses d’utilisation.

– Bilan 2015 : la labellisation bio est devenue courante. La tendance est aux récoltes locales (propolis française etc.). L’offre produit est désormais segmentée plus finement (produits sport, enfants, cosmétique gelée royale haut de gamme, etc.). La création de filières solidaires se développe.

– Pertinence : excellente

– Tendances 2015-2025 : montée en gamme (produits premium et luxe) – Produits santé élargis (pansements…), B2B et médicamenteux – Matières apicoles exotiques typées avec de forts bénéfices santé (Le miel de Manuka a été précurseur) – Fabrication artisanale – Prise en compte du bien-être du rucher et renforcement des pratiques apicoles bio pour lutter contre la disparition des abeilles.
 

2009

2 ● Le sans gluten (N°21 – Janvier-février) : la revue Bio Linéaires identifie ce marché, encore mineur, et lui prédit un  bel avenir…

– Bilan 2015 : le sans gluten s’immisce partout en se parant d’arguments plaisirs pour mieux séduire. Selon les dernières données, ce marché très dynamique aurait doublé ces derniers mois… Cette tendance du « sans-sans » désormais structurée en vrai marché a été l’une des vedettes des derniers salons Biofach.

– Pertinence : excellente.

– Tendances 2015-2025 : une forte croissance est encore à attendre du fait de plusieurs influences croisées (augmentation des personnes intolérantes au gluten, marché des seniors, innovations produits centrées sur la praticité et le progrès gustatif). 

3 ● Les cosmétiques bio en 2029 (N°22 – Mars-avril) : en 2009, le marché s’accélère et le nombre de marques disponibles s’étoffe. Je décris plusieurs évolutions de long terme importantes et recommande des formules composées d’ingrédients originaux avec une forte identité et typés locaux, une tendance en cours depuis à peu près 2013…

– Bilan 2015 : le marché redevient dynamique. Les gammes dites premium et luxe s’étoffent avec des extensions (sport…). La cosmétique bio rentre de plus en plus en concurrence avec les soins dits naturels. La beauté se veut naturelle et garantie sans retouches Photoshop. Les marques intègrent de plus en plus leur propre filière d’approvisionnement. La saturation du marché amène les petites marques alternatives à trouver des marchés de niches (internationalisation, régionalisation, vente Internet). La beauté devient globale et intérieure avec des services adaptés bientôt incontournables (cours de cuisine, de relaxation etc.).

– Pertinence : très bonne à excellente.

– Tendances 2015-2025 : percée du bio vers le luxe – Montée de formulations high-tech issus des bio-technologies – Internationalisation des marques – Les clients deviennent des communautés à animer – Éco-conception poussée des produits et des emballages – La tendance DIY va se renforcer et muter en cosméto-herboristerie de quartier – Début des applications smartphone avec coaching électronique et surveillance de la peau en temps réel.

4 ● Psychologie de l’alterconsommateur (N°24-25-26-27 – Juillet 2009 à janvier 2010) : ce dossier comportemental décortique les grands désirs et paradigmes « secrets » qui animent ce consommateur à part. Les motivations d’achat, présentées entre autre sous forme de tableau, décrivent avant l’heure les tendances phares à l’œuvre aujourd’hui, par exemple le pouvoir d’attraction du « sans-sans  », la notion de santé « corps-esprit », et le besoin de communautés.

– Bilan 2015 : un nouveau type de consom’acteur émerge, alimenté par la jeune génération Y, âgée de 20-35 ans et désormais adulte et consommatrice. Plus complexe à cerner, elle est friande de naturalité, mais aussi de lien social, de dialogue, de participation et de technologie connectée (smartphones, tablettes (en savoir plus cf. Bio Linéaires n°55).

– Pertinence : bonne à très bonne

– Tendances 2015-2025 : ce nouveau consommateur « vert clair », mélangeant parfois le bio et le naturel, et fan de produits sans emballage, et de DIY (produits faits soi-même) va obliger rapidement les acteurs du bio à proposer des  produits adaptés, et à communiquer autrement en délaissant les campagnes de publicités classiques au profit notamment d’événements physiques et digitaux propices à la rencontre.
 

2010

5 ● Alimentation : tendances fortes, prospective 2047 (N°29 – mai-juin et  N°30 juillet-août) : on s’alimente bio pour le goût mais aussi de plus en plus pour le bénéfice santé.  Les circuits courts commencent à faire parler d’eux dans la presse grand public… J’annonce la percée dans le bio de la tendance végétarienne et de l’alimentation dite raw food qui seront vraiment médiatisées en 2013. Sont aussi annoncés une extension de la notion de local vers le maintien de l’emploi, et l’émergence d’une alimentation hors-foyer rapide relationnelle riche en contact humain.

Côté prospective longue (2047), je prédis aussi le retour en force du monde agricole  et un mélange des genres fait d’alliances inédites entre concurrents ou d’extension de marchés qui, d’ailleurs se fait plus rapidement que prévu dans le monde conventionnel. Par exemple l’union de coopératives agricoles InVivo démarre actuellement une véritable filière de distribution circuit court avec son concept de petit supermarché « Frais d’ici », conçu pour écouler les produits de ses adhérents.

– Bilan 2015 : la concentration des acteurs s’accélère. La tendance  Truck foods signe le retour de la restauration conviviale de rue. Le Vegan, cousin radical du végétarisme, et aussi vedette du salon Biofach 2015 devient désirable auprès du grand public. Les superaliments et le raw food se démocratisent. Les espaces restauration rapide et sur place se généralisent dans les magasins.

– Pertinence : bonne à excellente.

– Tendances 2015-2025 : l’agriculture bio adopte un mix complexe de techniques high-tech (Robots, géolocalisation, écrans tactiles), et de éco-savoirs divers (biodynamie, permaculture, etc.). Les plantes dites rustiques continuent leur pouvoir d’attraction. La consommation d’insectes va se démocratiser, boostée par l’apparition de start-up insectivores et la création de produits « discrets » : farines, barres protéinées, etc. Le rachat de terres agricoles par les marques et distributeurs se généralise. Ces derniers poursuivent leur diversification à l’international en s’acheminant progressivement vers un conglomérat de marques et d’usines de production en propre, sur les traces des Mousquetaires. L’achat de produits alimentaires commandés sur Internet et livrés à domicile va prendre son envol. Signalons aussi les premiers pas d’une tendance culinaire dite « historique » : cuisine maya, gauloise, romaine, viking, etc.

Enfin, en 2025, près d’un français sur trois aura plus de 60 ans, annonçant l’âge d’or de la Silver Économie, qui profitera notamment aux superaliments, aux restaurateurs « diététiques » et aux compléments alimentaires, et annonce l’émergence de magasins diététiques spécialisés.

2011

6 ● Le vrac (N°35 – mai-juin) :  Bio Linéaires réalise un dossier complet sur le sujet. La revue encourage au développement de ce rayon particulier encore présent uniquement en magasin bio, et pressent son entrée dans d’autres canaux de distribution.

– Bilan 2015 : la bio, pionnière du vrac n’a pas encore vraiment tiré tout le potentiel de ce rayon. La grande distribution a équipé  avec talent quelques hypers mais n’a pas encore généralisé ce mode de vente. Une des conditions à sa pérennité tient à une hygiène irréprochable.

– Pertinence : excellente.

– Tendances 2015-2025 : très tendance, le rayon vrac s’émancipe et évolue vers un concept plus global de flat store ou magasin « sans-sans » anti-gaspillage et multi-univers (alimentation sec, liquide, et produits frais – hygiène et bien-être, etc.). (CF. Bio Linéaires N°56).

7 ● Eco-innovation : comment imaginer les produits verts de demain ( N°37- 38-39-40 septembre 2011-mars 2012) : ce grand dossier, bien que pas toujours dans le bon timing de prédiction et un peu trop pessimiste sur la situation économique et sociale mondiale (le monde continu de tourner sans cataclysme majeur), préconise cependant des voies d’actions qui révèlent toute leur pertinence en 2015 : implications de la bio vers la RSE, notamment les défis liés à  la création d’emploi – Montée du segment premium-luxe et des chaînes de magasins bio low-cost – Création innovante de nouveaux business models de la bio.

Les grandes tendances à l’oeuvre en commerce conventionnel et encore étrangères à la bio sont signalées et analysées en détail : consommation collaborative, nouveaux liens sociaux, commerce digital, etc. Suite et fin au prochain numéro !

 

 

7 ● Eco-innovation : comment imaginer les produits verts de demain (N°37-38 – Septembre à décembre) : le terme « Bio 3.0 », apparaît pour la première fois dans le numéro de novembre, plus de deux ans avant sa di usion au salon Biofach de 2014. Ce terme désigne une nouvelle génération de produits et magasins bio qui intègre à la fois des innovations technologiques, sociales et de sens marquées, et prend en compte les nouveaux besoins de la jeune génération dite Y âgée de 20-35 ans.

Pour la première fois est aussi soulignée la nécessité pour les distributeurs de créer des points de vente novateurs qui soient aussi des lieux de vie, et d’inaugurer de nouveaux modèles économiques en rupture avec les modèles classiques.

– Bilan 2015 : le développement durable et la RSE sont un des sujets phares des Rencontres de Natexbio à Marseille 2014. Le salon Biofach 2015 crée «la bourse aux emplois». Aux USA, la distribution bio dite low-cost commence à chahuter sérieusement le distributeur leader Whole Foods Market. Côté innovation commerciale de rupture (proposer des objets en occasion ou en location par exemple) les marques et distributeurs bio sont encore en retrait, mais les choses évoluent : la marque Aroma-Zone, se fait distributeur en ouvrant récemment à Paris sa boutique pionnière de la cosmétique DIY (Do It Youself). Les entreprises sociales et solidaires de plus en plus médiatisées apportent aussi un vent frais en distribution avec des réseaux de vente solidaires, la vente d’aliments à prix réduit, etc.

– Pertinence : correcte à très bonne.

– Tendances 2015-2025 : les labels vont certainement évoluer sous la pression de nouvelles exigences sociales et le souci de maintenir un haut niveau d’exigence pour que la bio spécialisée continue de se démarquer. Les produits « fait-soi même » vont s’étendre à l’hygiène, à l’alimentaire et aux produits d’entretien.

Comme en conventionnel, les magasins se positionneront de plus en plus sur un segment de prix précis : low-cost, premium…

Au chapitre des scénarios non souhaitables, une guerre des prix larvée ( éau de la grande distribution) peut entraîner une baisse progressive de la qualité «bio».

 

2012

7bis ● Les initiatives d’aujourd’hui qui anticipent 2020 (N°39- 40 – Janvier à avril) : la suite de ce dossier dresse un pot-pourri d’initiatives pionnières dans les domaines de la distribution, de la consommation et de la communication. L’évolution des circuits courts en 6 familles est abordée ainsi que la nécessité pour la bio de communiquer autrement en privilégiant la création de lien social plutôt que la di usion de publicités presses et 4X3.

Sont aussi détaillées la fameuse consommation collaborative et la consommation durable, deux notions alors en pleine médiatisation qui, curieusement, touchent très peu à cette époque la bio, alors que la grande distribution s’en inquiète déjà et commence à o rir des initiatives novatrices en ces domaines.

– Bilan 2015 : la notion d’économie circulaire se démocratise et pénètre la bio. Côté communication, si les rendez-vous avec les producteurs et les cours de cuisines se vulgarisent, et le BA-BA des médias sociaux maîtrisé, on est encore loin d’une communication globale centrée sur la valorisation du client et la création d’événements bon marché favorisant les liens physiques directs.

 

8 ● Dossier snacking (N°41 – Mai-juin) : après la bière (2008), le sans gluten (2009), les produits de la mer (2011), le rayon vrac (2011), Bio Linéaires se penche sur la restauration rapide à emporter, encore peu courante en bio, avec un grand dossier complet : études consommateurs, conseils pratiques, aspects nutritionnels…), qui contribuera à accélérer la mise en place de cette nouvelle o re alimentaire, désormais correctement assimilée en 2015.

 

9 ● L’avenir du surgelé (N°44 – Novembre-décembre) : face au constat que 71 % des clients concernés par les surgelés sont insatisfaits par l’o re disponible en magasins, Biolinéaires tente de valoriser ce segment avec le 1er dossier complet sur le sujet.

– Bilan 2015 : le surgelé n’a pas encore e ectué sa percée, mais ce secteur évolue peu à peu.

2013
10 ● Distribution : quel avenir ? (N°44-51 – Novembre-décembre 2012 à Janvier-février 2014) : ce grand dossier consacré à la distribution et étalé sur 8 numéros détaille les sept grandes mutations clés qui impactent toutes les formes du commerce de détail conventionnel et bio. Les grands atouts et les points faibles de la grande distribution sont explorés en profondeur.

La révolution du commerce digital crosscanal et les nouvelles habitudes de e-consommation sont analysées. Aux États-Unis, les secrets de la réussite du plus grand distributeur bio Whole Foods Market sont dévoilés, ainsi que des exemples innovants de transformation de certains centres commerciaux en mini-villes urbaines et écologiques, et qui peuvent inspirer la bio européenne.

– Bilan 2015 : la croissance régulière de la distribution bio spécialisée démontre que celle-ci à su trouver et maintenir son public. Cependant, certaines (R)évolutions de rupture ne sont pas encore prises a leur juste mesure, comme par exemple le commerce digital, trop souvent pris pour la seule installation d’une e-boutique avec retrait en magasin, ou encore la nécessité de repenser en profondeur la notion de convivialité avec son client.

 

2014

11 ● Dossier veggie & vegan (N°53 – Mai-juin ) : Bio Linéaires se penche sur l’estimation du marché vegan en France déjà détecté à Biofach en 2011 et 2012, mais très peu pris en compte par les marques et les magasins. L’étude incite fortement les points de vente bio à implanter un rayon vegan spécifique.

– Bilan 2015 : le vegan s’étale au grand jour : en 2015 à Biofach un quart d’un hall y était réservé.

 

12 ● Distribution bio 3.0 : le magasin idéal de 2025 (N°56-57 – Novembre-décembre 2013 à Janvier-février 2015) : point d’orgue de plusieurs années d’études et d’éco-prospective, cette suite de deux articles dresse un portrait robot réaliste du magasin bio du futur proche qui intègre des innovations ou tendances de consommations déjà perceptibles en 2015. L’accent est mis sur les circuits ultra-courts complets (production ET transformation) sur le DIY, le «fait sur place», le lien social, le non gaspillage des ressources, un contact humain renforcé, une utilisation raisonnée et  ne des nouveaux outils commerciaux digitaux, et, surtout la nécessité de se dé nir non plus comme un simple commerce, mais aussi comme un centre de vie collaboratif, et communautaire centré désormais, au delà du simple conseil, sur le mieux-être et le mieux-vivre du client. La révolution bio ne fait que commencer.

 

Partager les expériences pour
construire l’avenir

Par Michel Knittel, auteur des rubriques
cosmétique de Biolinéaires

Comment mieux préparer l’avenir qu’en s’inspirant de ce qui se passe quotidiennement autour de soi, qu’en partageant les expériences, qu’en additionnant les compétences ?

C’est sur la base de cette réflexion que nous avons imaginé pour la rubrique cosmétique de Bio Linéaires, depuis janvier 2014, une série d’interviews de professionnels, tous particulièrement compétents dans leur domaine précis, avec un fil rouge cohérent tout au long de l’année, allant des attentes des consommateurs aux ingrédients au coeur des produits, en passant par le conseil à la vente, l’ambiance en magasin, la valorisation du naturel, etc. Démarche originale et inédite, les interviews « croisées » inaugurées en janvier 2015 (deux professionnels d’horizons différents répondant aux mêmes questions, avec l’avantage de bénéficier ainsi d’avis et d’expériences pouvant se compléter directement) procèdent du même souci : se poser en permanence la question « Quelles connaissances et quels outils sont aujourd’hui nécessaires pour être demain performant, résistant et même offensif ? ».

Toujours avec un fil rouge cohérent d’un article à l’autre, pour une réflexion rationnelle et dynamique. Ecouter, comparer, comprendre, partager. Bio Linéaires mobilise son réseau d’experts et de passionnés pour vous apporter des éléments de réflexion pratiques, de façon innovante.