NUMERO : Mars-Avril 2015

Algues bio : une production exigeante…

Une réglementation stricte 

En France, au début des années 1980, seules 12 variétés d’algues étaient classées comme « alimentaires ». Depuis février 2014, 24 algues sont autorisées à la consommation : 8 algues brunes, 11 algues rouges, 2 algues vertes et 3 micro-algues. Il ne s’agit pas de nouvelles variétés, mais l’ouverture à des sous-variétés provenant essentiellement de l’étranger. Bio ou non, leur vente est soumise à des exigences réglementaires strictes qui touchent principalement leur teneur en métaux lourds, en iode et sur des critères microbiologiques.

Récolte ou culture bio

Même si les algues ont toujours été considérées comme des produits d’origine agricole, c’est seulement depuis août 2009 que leur certification biologique est faisable. Les algues marines bio peuvent être soit récoltées ou cultivées. Pour les deux types de production, les conditions portent principalement sur :

● La qualité de l’eau

Les zones de production doivent être de « Haute Qualité Ecologique »,  telle que définie par la Directive Cadre sur l’Eau (DCE). C’est-à-dire qu’elles doivent tenir compte de son état chimique et écologique  : pas de contamination, conditions sanitaires garanties. La qualité de l’eau doit également répondre aux mêmes critères que ceux exigés pour les zones de classes A ou B relatives à la production des mollusques bivalves. Une évaluation sur le degré de la contamination fécale, des  teneurs en métaux lourds, des hydrocarbures, permettront de déterminer ce classement. (plus d’information : www.zones-conchylicoles.eaufrance.fr)

● La gestion des ressources naturelles

Si la production est inférieure à 20 tonnes par an, l’opérateur doit fournir un Plan de Gestion Durable (PGD) qui liste les mesures prises et à prendre afin de garantir la durabilité de l’activité notamment du point de vue environnemental.

À savoir

Naturland possède un cahier des charges spécifique pour les algues bio. Il reprend les bases du règlement CE Bio en y ajoutant certaines exigences supplémentaires (préférence de la récolte manuelle, aspect social chez l’opérateur, exclusion de certaines espèces d’algues à la certification en cas non garantie de récolte durable…)

Projet AlgmarBIO : pour un développement de la filière algues marines bio bretonne.

AlgmarBIO est un projet pluriannuel multi-partenaires dont l’objectif général est la structuration de la filière « Algues marines » Bio bretonne. Coordonné par Initiative Bio Bretagne, il comprend différents axes de travail : récolte des algues (Récolte des algues de rives – guide de bonnes pratiques et formation des professionnels), structuration de la filière, réglementation, recherche, communication.

Pour en savoir plus :

www.bio-bretagne-ibb.fr

 

Le PGD doit présenter une estimation ponctuelle de la biomasse dès le début des activités de récolte, ainsi qu’une description complète et une carte des zones de récolte et de culture (en mer et sur la terre ferme). De plus, un carnet de production des algues est obligatoire.

Si l’activité dépasse les 20 tonnes par an, une évaluation environnementale est demandée. Elle concerne plus particulièrement la culture et a pour objectif d’évaluer l’incidence de l’exploitation sur l’environnement.  Toutefois, une période de conversion de 6 mois au minimum sera obligatoire.

Transformation

En matière de transformation, la réglementation européenne encadre essentiellement les étapes de lavage et séchage :

● Si le produit final est l’algue marine fraîche, seul le lavage à l’eau de mer est autorisé.

● Le séchage par contact direct de l’algue avec une flamme est interdit.
Enfin, l’opérateur doit nettoyer et désinfecter ses installations et équipements de production à l’aide de moyens physiques ou manuels.