NUMERO : Mai – Juin 2015

Conseils préventifs en cas de lithiases rénales

 

Les lithiases urinaires, plus couramment appelées calculs rénaux, résultent de la concrétion de cristaux qui se développent au niveau des reins.

Assez fréquentes dans nos sociétés occidentales, elles sont généralement sans gravité mais peuvent générer des douleurs quand les calculs migrent dans l’uretère et peuvent aboutir à des pathologies plus graves comme l’insuffisance rénale chronique.

Les premiers épisodes se déclarent le plus souvent chez les personnes jeunes, entre 20 et 50 ans, et sont plus fréquents chez l’homme que chez la femme.

Il est classique de distinguer plusieurs types de calculs en fonctions de leur composition :

Les calculs calciques :
● Oxalocalciques, constitués d’oxalates de calcium,

● Phosphocalciques constitués de phosphate de calcium et favorisés par des infections chroniques des voies urinaires.
Les calculs uriques, faits d’urate de sodium.

Toutefois, les calculs se modifient avec le temps et ont tendance à se charger en calcium. Dans 80 % des cas il s’agit de calculs calciques (oxalocalciques et phosphocalciques) bien visibles aux rayons X lors d’une radiologie. Il faut savoir qu’un calcul ne se forme pas en quelques jours mais peut mettre jusqu’à 3 ou 4 ans à se constituer.

Parmi les dénominateurs communs des lithiases rénales, on observe :

● Une sécrétion d’urine insufisante et/ou

● Une excrétion accrue de substances minérales ou organiques.

La concentration de ces substances augmente alors dans les reins et des cristaux se forment facilement.

En premier lieu, il est impératif de revoir l’équilibre du bol alimentaire afin de réduire la fréquence des récidives.

Augmenter la diurèse

C’est le premier réflexe à acquérir : conseiller 2 litres d’eau par jour, à répartir sur toute la journée mais également la nuit, même si la gêne occasionnée par une levée nocturne est invalidante, elle reste indispensable pour obtenir une prévention suffisante en cas d’épisodes à répétitions.

La majorité des lithiases étant calciques, il faut conseiller des eaux pauvres en calcium ou de l’eau du robinet filtrée.

A l’inverse, s’il s’agit de lithiases uriques, il faut miser sur les eaux riches en bicarbonates.

En parallèle, il faut lutter contre la déshydratation : éviter de surchauffer le logement ou les bureaux, bien compenser en cas de périodes de fortes chaleurs et compenser si l’activité physique ou la sudation est intense.

Réduire les protéines animales

L’augmentation du calcium dans les urines peut non seulement résulter d’un apport plus important en calcium mais surtout d’un apport excessif en protéines animales et en sel qui favorisent la libération du calcium osseux. Que les calculs soient d’origine calcique ou urique, la ration quotidienne en viandes (blanches ou rouges), volailles, poissons ou oeufs, ne doit pas excéder 150 g par jour. Le plus simple est de n’en consommer qu’une seule fois par jour, au déjeuner.

Diminuer l’apport en sel

Les apports en sel doivent également être revus à la baisse car il favorise la fuite du calcium dans les urines. Il est donc conseillé de veiller non seulement à l’apport en sel de table mais également de limiter les aliments qui en fournissent le plus : pain, fromages, charcuteries, bouillons-cube dans les potages…

L’objectif sera moins de 5 grammes de sel par jour (soit moins de 2 g de sodium par jour).

Soutenir avec des compléments alimentaires

Dans tous les cas, vous pouvez conseiller deux compléments spécifiques :

La sève de bouleau bio. Comme elle possède une action sur la diurèse, elle draine et filtre divers déchets (acide urique, urée, excès de sodium, phosphates…).

Ainsi, n’hésitez pas à la préconiser en cure de 2 à 3 semaines minimum à raison de 50 ml par prise.

L’aubier de tilleul. Il désinfiltre les tissus et élimine le surplus d’eau hors de l’organisme. C’est donc un excellent dépuratif rénal et un très bon diurétique de par la présence de fraxoside.

Mais il possède surtout la capacité de lutter contre les petits calculs rénaux et permet leur élimination hors des reins et de la vessie.

D’autres plantes peuvent aussi être bénéfiques de manière quotidienne (tisanes ou gélules) : le frêne, l’orthosiphon, la reine des prés, la pilosell

Les compléments alcalinisants

A base de citrates ils empêchent la cristallisation, et de bicarbonates ou de lithothamne ils modifient l’équilibre acido-basique.

Que recommander en cas de lithiases calciques ?

Fréquence : 80 % des cas

Composition des lithiases : Elles sont constituées d’oxalate de calcium (oxalocalciques) ou de phosphate de calcium (phosphocalciques). Les calculs oxalocalciques ont augmenté ces dernières décennies en partie en raison de la consommation accrue de chocolat.

Type de boisson : Boire entre 1,5 et 2 litres d’eau. Pour diluer les urines, vous devez conseiller des eaux dites « peu minéralisées » et/ ou de l’eau du robinet  filtrée.

Ne pas omettre de conseiller tous les jours des fruits et des légumes frais qui apportent, eux aussi, l’eau nécessaire à la couverture des besoins hydriques (autres que ceux énumérés plus bas).

Réduire drastiquement les apports en sel : ils doivent être contrôlés car le sel favorise la présence de calcium dans les urines. Les règles de base sont :

● Pas de salière à table,

● Une cuisine avec l’utilisation de peu de sel ou avec des sels moins riches en sodium mais enrichis en épices et aromates divers,

● Limiter les aliments grands pourvoyeurs de sel : pains, fromages, poissons et viandes fumées et salées, bouillon-cube

● Le minimum de produits transformés dans les paniers.

Recommander une alimentation pauvre en oxalates en diminuant les aliments en contenant le plus :

● Boissons : thé, café, chocolat (cacao), vin blanc ;

● Légumes : betterave, céleri, asperge, épinard, oseille, blette, salsifi ;

● Fruits : rhubarbe, framboise, groseille ;

● Fruits oléagineux : cacahuète, noix de pécan, pistache, amande, noisette ;

● Condiments : ciboulette, persil, poivre.

Ces aliments ne sont pas interdits mais ils doivent être consommés avec modération et il faut éviter de cumuler tous les jours plusieurs sources.

Pas d’excès d’aliments riches en protéines animales. Il est impératif de conseiller la consommation de protéines animales une seule fois par jour maxi ou d’opter, quelques jours par semaine, pour des menus 100 % végétariens.

Réduire les apports en produits laitiers. Un seul laitage par jour s’avère suffisant en cas de lithiases calciques.

Que recommander en cas de lithiases uriques ?

Fréquence : 20 % des cas

Composition des lithiases : Elles sont constituées d’urate de sodium et peuvent être associées à des « crises de goutte » mais leurs fréquences ont nettement diminué ces dernières décennies.

Type de boisson : Boire beaucoup, au moins 1,5 litre par jour. Celles à privilégier doivent permettre de lutter contre l’acidité des urines, c’est à dire avec un indice Pral négatif et donc généralement à fortes teneurs en bicarbonates. L’apport hydrique doit venir aussi des fruits et légumes frais qui neutralisent également l’état d’acidose chronique.Afin de diminuer l’acidité des urines, il est également possible d’ajouter du bicarbonate de sodium dans les plats.

Diminuer les aliments riches en purines qui sont susceptibles d’entraîner une augmentation du taux d’acide urique :

● Les poissons gras : anchois, saumon, sardine, hareng, truite ;

● Les crustacés : crevettes, langoustines, homards, langoustes ainsi que les coquillages ;

Les abats et certaines charcuteries riches en purines : rognons, foies de veau, langues, saucisses, ris de veau, cervelles, foie gras ;

● La levure de bière.

Ne pas consommer trop de viandes (viande rouge, viande blanche) et de gibiers : pas plus d’une fois par jour.

Limiter ou supprimer les apports en alcool : maximum un verre de vin rouge par jour et pas ou très peu de bière.

Attention au surpoids : en cas de surpoids, vous devez aider vos clients à perdre cet excès pondéral avec notamment une préférence pour les aliments à IG bas, la pratique régulière d’une activité physique et des suppléments adéquats. Miser sur un apport sufifsant en vitamine C puisqu’elle réduit l’uricémie chez les goutteux, si les crises sont associées à des calculs uriques.

Angélique Houlbert
Nutritionniste