NUMERO : jan-fev 2011

L’huile de Lin biologique, la plus riche en oméga-

 

Un peu d’histoire…

Les travaux du Dr Johanna Budwig sur l’utilisation de l’huile de lin dans la prévention des polyarthrites, cancers et autres pathologies dégénératives ont inspiré Catherine Kousmine à la fin des années 80. Dès le petit déjeuner, elle préconisait la célèbre crème Budwig à base de fromage maigre, de graines oléagineuses, de céréales entières, de citron, de banane et d’huile de lin.

Toutefois, en France, l’huile de lin étant interdite, elle décida de la remplacer par de l’huile de tournesol qui malheureusement ne possédait pas les mêmes propriétés que l’huile de lin sur la santé.

Cultivée très largement sur tous les continents pour ses fibres qui serviront à l’industrie textile et pour ses graines oléagineuses, le lin (Linum usitatissimum), se retrouve principalement sous les climats tempérés et tropicaux et en particulier au Canada, en Argentine, en Inde et aux Etats-Unis.

Cette plante annuelle est récoltée après floraison, un peu avant que les graines ne soient totalement mûres et ne tombent à terre.

Comment obtient-on l’huile de lin biologique ?

L’huile de lin biologique est obtenue par pression à froid des graines de lin arrivées à maturité, sans aucun recours aux produits chimiques ou aux solvants. Une fois cette pression effectuée, l’huile est ensuite filtrée et stockée impérativement à l’abri de la lumière et de la chaleur pour éviter tout rancissement.

Quelle est la composition de cette huile ?

Comme toutes les huiles, l’huile de lin est composée de 100 % de lipides et n’est pas « plus grasse » ou « moins grasse » qu’une autre. C’est sa composition en acides gras qui diffère des autres huiles et en particulier sa forte teneur en acides gras polyinsaturés oméga- 3…

Très pauvre en acides gras saturés puisque 100 ml n’en apporte que dix grammes, elle est en revanche constituée à 90 % d’acides gras insaturés, et en particulier d’Acide Alpha Linolénique (ALA), le chef de file de la famille oméga-3 qui lui doit son nom et d’acide oléique, un oméga-9 très présent dans l’huile d’olive par exemple ou l’avocat.

Pourquoi est-ce si important de recommander sa consommation tous les jours à vos clients ? Petits rappels essentiels…

Le point fort de cette huile, comme nous venons de le voir, est son incroyable teneur en oméga- 3 et surtout son rapport oméga-6/oméga-3 proche de 0 (0.25 exactement). Pour rappel, il n’existe pas un seul oméga-3 mais plusieurs, possédant de plus ou moins longues chaînes.

Dans le règne végétal on les retrouve ainsi dans l’huile de lin et également dans certains fruits oléagineux et certaines huiles qui en sont extraites : noix, huile de noix, huile de colza. Le plus important des acides gras oméga-3, c’est-à-dire le précurseur de la série oméga-3, est l’acide alpha- linolénique (AAL).

Comme l’organisme ne sait pas le synthétiser, cet acide gras est qualifié d’« essentiel », tout comme l’acide linoléique (AL), le précurseur de la série des oméga-6. Ces deux acides gras doivent donc absolument être fournis à l’organisme par les aliments ou les compléments puisqu’il est incapable de les fabriquer.

Les autres acides gras oméga-3, mais aussi oméga-6, peuvent être synthétisés à partir de ces précurseurs grâce à des enzymes qui sont généralement les mêmes pour les deux séries. Mais comme l’organisme privilégie toujours la synthèse des oméga-6 sur celle des oméga-3, on observe globalement un déséquilibre fréquent dans la population avec un apport bien supérieur en oméga-6.

Ainsi, il est courant de constater des déséquilibres importants entre les apports en oméga-6 et oméga-3 allant parfois jusqu’à vingt fois plus d’oméga- 6 que d’oméga-3. On parle alors d’un rapport de 20 contre 1 alors qu’il devrait être de 4 contre 1 voire 1 contre 1 pour que l’organisme soit en parfaite santé.

De l’ALA aux autres acides gras oméga-3 à longues chaînes

Dans l’organisme, l’acide alpha linolénique (ALA) est partiellement transformé par le biais d’enzymes (des désaturases et des élongases) en acide stéaridonique, puis en acide eicosatetraénoïque et enfin en EPA (acide eicosapentaénoïque) et DHA (acide docosahéxaénoïque).

Le taux de conversion de l’ALA de source végétale, comme celui présent dans l’huile de lin, en EPA et DHA peut varier énormément. Les experts situent ce taux de conversion entre 1 et 10 %. Ainsi, il est important de recommander tous les jours l’huile de lin pour que la balance oméga-6 / oméga-3 penche du côté de ces derniers et ainsi monopolise les enzymes sur cette série afin de synthétiser les acides gras à longues chaînes.

Retenez également que le diabète, l’excès d’alcool, de tabac ou même le stress peuvent diminuer fortement la transformation de l’acide alpha linolénique en acides gras oméga-3 à plus longues chaînes. Dans ces cas précis, n’hésitez pas à coupler vos recommandations d’huile de lin à la consommation de poissons dits gras (thon, saumon, sardine, hareng, maquereau, truite) tous les deux jours.

Actions des oméga-3 sur l’organisme

Les acides gras oméga-3, agissent à plusieurs niveaux dans l’organisme.

● Comme tous les acides gras, ce sont de bons combustibles énergétiques mais leurs effets ne s’arrêtent pas là.

● Ce sont surtout les constituants universels des membranes biologiques. En favorisant la fluidité de ces membranes, ils permettent de moduler l’activité de certaines protéines et de certaines enzymes.

● Ce sont également des régulateurs d’un grand nombre de gènes, en particulier ceux impliqués dans le métabolisme lipidique (métabolisme des graisses).

● Ils possèdent une action positive sur le coeur et les vaisseaux en participant à la régulation de la tension artérielle, à la normalisation du taux de graisses circulantes dans le sang (HDL et LDL cholestérol, triglycérides), en améliorant l’élasticité des vaisseaux et en inhibant l’agrégation des plaquettes sanguines.

● Au niveau du cerveau, ils améliorent les capacités d’apprentissage et de concentration et seraient une des pistes intéressantes dans la prévention alimentaire de la maladie d’Alzheimer.

● Ils possèdent également une action sur l’humeur car ils sont « anti-stress » et « anti-déprime ».

● Ils sont aussi reconnus pour leurs bienfaits sur les phénomènes allergiques et en particulier sur l’asthme.

● Et enfin, ils jouent un rôle particulièrement protecteur sur les manifestations inflammatoires, et en particulier l’arthrite. Et les acides gras monoinsaturés ? L’huile de lin possède aussi une teneur en acides gras monoinsaturés non négligeable, de l’ordre de 18 grammes pour 100 grammes. Ces acides gras mono-insaturés, et en particulier l’acide oléique, ont prouvé leur efficacité dans la réduction des maladies cardiovasculaires puisqu’ils diminuent de façon significative au niveau sanguin, les taux de LDL-cholestérol, de triglycérides et de cholestérol total et augmentent le taux de HDL-cholestérol. Ainsi, les teneurs en oméga-3 et oméga-9 de l’huile de lin sont tout à fait intéressantes au quotidien pour limiter le risque de maladies cardiovasculaires liées à un mauvais bilan lipidique sanguin.

Quand, combien et comment conseiller l’huile de lin au quotidien à vos clients ?

Seule ou en alternance avec l’huile de colza ou de noix, vous pouvez recommander une cuillère à soupe d’huile de lin au repas du midi et au repas du soir sur les salades vertes, les crudités, les pâtes froides ou chaudes, tous les légumes cuits à la vapeur servis chauds ou froids, les jus de fruits mixés ou encore tous les poissons. Quand vous conseillez une cuillère à soupe (10g) d’huile de lin biologique, vous êtes certains d’apporter à vos clients près de 300 % des Apports Nutritionnels Conseillés (ANC) en oméga-3.

À qui recommander la consommation d’huile de lin biologique ?

L’Acide Alpha Linolénique ne pouvant être synthétisé par l’organisme, il est indispensable de conseiller quotidiennement au moins l’huile de lin afin de couvrir les besoins du corps en ALA, surtout si vos clients ne consomment pas du tout de poisson, par goût ou par conviction. Vous pouvez ainsi recommander cette huile à tous les membres de la famille (dès l’âge de trois ans).

Plus particulièrement, cette huile est conseillée aux personnes atteintes de certaines pathologies ou ayant des antécédents de maladies cardiovasculaires (infarctus, hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie), à toutes celles souffrant d’asthme, à tous les anxieux et les stressés, aux femmes enceintes et celles qui allaitent et aux enfants à partir de trois ans souffrant de troubles de l’attention puisque les oméga-3 auraient un effet très positif sur ces troubles du comportement.

Besoins quotidiens pour un adulte

La consommation française en acide alpha linolénique varie, selon les études, de 0,61 à 0,8 g par jour chez les femmes et de 0,78 à 0,94 g par jour chez les hommes (soit environ 0,3-0,4 % de l’apport énergétique total). Dans tous les cas, ces valeurs sont très inférieures aux ANC, qui sont du même ordre de grandeur que les apports recommandés par d’autres organismes internationaux, c’est-à-dire de 1 à 3 grammes par jour.
Conseils de stockage

L’huile de lin, de par sa richesse en acides gras polyinsaturés, est extrêmement fragile. Conseillez toujours à vos clients de la stocker dans un endroit frais, à l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’humidité. Une fois ouverte, elle doit être conservée au réfrigérateur ou dans un endroit très frais, et être consommée dans les trois mois.

Un point sur la règlementation

Très facilement oxydable, très instable et sensible à la chaleur, l’huile de lin avait été interdite à la vente en France le 11 mars 1908. Mais en 2008, son sort a enfin été tranché de façon positive et par arrêté du 12 juillet 2010, la commercialisation en France de l’huile de lin vierge en tant qu’huile alimentaire est désormais autorisée sous certaines conditions qu’il est important de connaître afin de mieux répondre aux questions de votre clientèle :

● L’huile de lin est autorisée seule ou en mélange dans les huiles alimentaires,

● L’huile de lin doit être présentée dans un conditionnement en matériau opaque d’un volume maximal de 250 ml, ayant subi un inertage à l’azote avant son obturation et ayant une date limite d’utilisation optimale inférieure à neuf mois,

● L’huile de lin doit comporter sur l’étiquetage les mentions suivantes :

« Ne pas utiliser pour la friture » ; « Conserver à l’abri de la chaleur avant ouverture » ; « après ouverture, conserver au réfrigérateur maximum trois mois. »

Une autre mention, portant sur l’âge minimum de consommation, peut elle aussi figurer sur l’étiquette car « En l’absence d’études sur son intérêt nutritionnel et son innocuité », l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) préconise dans son avis du 25 juillet 2006 de ne pas utiliser l’huile de lin dans l’alimentation des enfants de moins de trois ans.

Principe de précaution oblige…

Demandez toujours à vos clients, s’ils sont sujets à diverses allergies et recommandez-leur, d’effectuer un petit test sur la peau avant de la consommer ou de l’utiliser autrement.

Un usage pas uniquement alimentaire…

Un véritable soin de beauté pour le visage et le corps L’huile de lin peut également être conseillée en usage externe, seule ou en association avec d’autres huiles végétales ou servir de base pour l’application d’huiles essentielles externes.

En massage, mais aussi en produits de soins, elle va permettre de régulariser les peaux à tendance acnéiques et de soulager les peaux sèches durant cette période hivernale par exemple un jour sur deux.

Une aide externe précieuse aux problèmes de peau

Si vos clients se plaignent de l’hiver : lèvres gercées, crevasses et engelures sur les mains… vous pouvez leur conseiller l’utilisation de l’huile de lin directement sur la peau agressée pour favoriser la cicatrisation de celle-ci. N’hésitez pas également à la recommander sur les plaques d’eczéma ou de psoriasis, en plus de sa consommation quotidienne.

Et aussi… Une huile parfaite pour le bois

L’huile de lin, de par sa composition, est parfaitement adaptée au traitement et à l’entretien de toutes les surfaces bois dans votre maison ou votre extérieur. Elle permet de nourrir le bois, en particulier le chêne, et de le protéger de l’humidité et des intempéries en pénétrant les pores du bois, servant ainsi de film protecteur.

Mémo huile de lin alimentaire
Sa consommation : devrait être quotidienne pour tous, dès trois ans
Sa couleur : jaune d’or, claire
Ses atouts : riche en acide alpha-linolénique (AAL) et acide oléique, elle possède un rapport oméga-6/oméga-3 parfait : proche de 0
Son utilisation : seulement en assaisonnement dans les crudités et les salades
Sa texture : de liquide à un peu plus épaisse.
Son stockage : impérativement à l’abri de la lumière et de la chaleur.