NUMERO : Mai-Juin 2012

Le consommateur bio et le snacking

Les objectifs d’enquête

Effet de l’évolution de nos modes de vie, les ventes de produits assimilés au « snacking » sont de manière générale en très forte croissance. L’univers bio est lui beaucoup plus proche des valeurs du « slow food ». Une précédente enquête avait d’ailleurs montré la faible attractivité d’une offre de légumes préparés au rayon ultra frais. Dès lors l’enquête a cherché à explorer la notion de mini univers restauration rapide bio.

Méthodologie :

les enquêtes sont réalisées auprès d’un échantillon de consommateurs représentatif au niveau national de la clientèle des magasins spécialisés Ils sont plus de 79 % à avoir une forte consommation bio (plus de 50 % de leur consommation alimentaire est bio). 57 % d’entre eux sont des consommateurs depuis plus de 5 ans Parmi ces consommateurs nous avons pré identifié 330 personnes concernées par le thème « manger sain en ayant une contrainte de temps »
Dans cette population, l’enquête a défini deux segments :
● l’un de 220 personnes concernées par la restauration hors domicile à proximité du lieu de travail,
● l’autre de 110 personnes concernées par le besoin de restauration rapide dans d’autres contextes que ceux liés au travail.
Il est important de souligner le fait que cet échantillon est ainsi centré sur la clientèle actuelle des magasins bio, les clients nouveaux ou à fortiori à venir potentiellement concernés par ce principe de restauration ne sont pas représentés dans cette enquête. C’est là une limite qui devra être dépassée dans une nouvelle étude à venir

Fréquence de restauration rapide liée au lieu de travail dans la clientèle des magasins bio

après avoir défini 4 familles de produits ;
1. Produits frais et froids : Salades composées, entrées de carottes râpées ou cèleris, taboulés divers, salades de pâtes …
2. Sandwiches ou produits à base de pain
3. Produits « traiteurs » froids ou chauds : galettes garnies, quiches, croque-monsieur, pizza, produit de charcuterie
4. Barquettes pré cuisinées réchauffées

Question : « Au travail, à domicile, en déplacement, vous avez une demi-heure pour vous restaurer, parmi les consommations suivantes, quelles sont celles qui vous correspondent ? »,
Parmi le public concerné par la contrainte de devoir se restaurer en moins d’une demi-heure à proximité du lieu de travail, l’essentiel de la consommation se reporte sur les produits frais et froids. Ils sont 56 % à en consommer « souvent », 40 % de « temps en temps »

Classement des produits attendus par ordre de préférence de ces clients :

1) Salades composées
2) Fruits frais à l’unité
3) Sandwiches
4) Desserts à base de fruits
5) Soupes
6) Produits laitiers à l’unité
7) Fruits secs et à coques en petits sachets
8) Gâteaux, pâtisseries et biscuits à l’unité
9) Boissons
10) Les » box » (pâtes)
11) Les wraps
12) Confiserie
13) Glaces individuelles
14) Chips et produits apéritifs

Fréquence de restauration rapide non liée au lieu de travail dans la clientèle des magasins bio

Dans un contexte non lié au travail extérieur, la consommation rapide de produits frais et froids est là aussi privilégiée par 50 % des personnes

Classement des produits attendus par ordre de préférence de ces clients :

1. Salades composées
2. Fruits frais à l’unité
3. Desserts à base de fruits
4. Fruits secs et à coques en petits sachets
5. Sandwiches
6. Produits laitiers à l’unité
7. Soupes
8. Gâteaux, pâtisseries et biscuits à l’unité
9. Boissons
10. Les » box » (pâtes)
11. Les wraps
12. Confiserie
13. Glaces individuelles
14. Chips et produits apéritifs

Des mini univers de restauration rapide bio

D’une manière générale le consommateur est largement favorable (84 %) à la création de mini univers bio dans les magasins spécialisés. Cependant, être favorable à un concept ne veut pas dire que l’on en sera client. Ainsi à la question : dans l’hypothèse ou un magasin spécialisé bio serait proche, pourriez-vous être client de son mini univers de restauration rapide bio ? Voici les réponses selon les deux types de consommation.

33 % d’annonce de fréquentation régulière chez les personnes à proximité de leur lieu de travail,
14 % chez les autres, le résultat est sans équivoque, répondre à la contrainte du lieu de travail est la motivation qui incite le plus à recourir régulièrement à un mini univers bio. À partir de là, il importe de définir les conditions d’attractivité optimale d’un tel lieu.

… Comment optimiser l’attractivité d’un mini univers bio dans un magasin spécialisé ?…

 

Chez les consommateurs ayant une contrainte de temps liée au lieu de travail

La propreté et l’origine des produits sont présents dans les 3 premiers critères d’attractivité de ces clients, sans surprise pour ce qui concerne les consommateurs des magasins spécialisés. La présence du critère « prix » est beaucoup plus significative. C’est la première enquête pour laquelle le facteur prix est jugé aussi important. Il y a un budget alloué par le consommateur à la restauration près le lieu de travail, il lui importe de ne pas le dépasser. « L’emballage écologique » est le critère suivant dans l’odre d’importance, il précède la « rapidité de service ».

D’autres critères ont été noté sur 10 selon leur importance pour les clients :

Chez les consommateurs ayant une contrainte de temps liée au domicile ou non liée au travail

Pour cette clientèle l’ordre d’importance entre « origine » et « prix » est inversé. « L’emballage écologique » est également prioritaire. Il précède le besoin d’un espace de « convivialité ». On voit ici qu’un mini univers de restauration bio devrait concilier à certaines heures le besoin de rapidité de service du premier type de clientèle avec des critères propices à l’espace convivial souhaité par l’autre catégorie de clients.

Les autres critères notés sur 10 dans l’ordre de leur importance pour les clients :

Synthèse des réponses aux questions ouvertes sur les attentes consommateurs

S’il y a lieu de faire une différence selon que les produits seront consommés à l’extérieur du domicile ou à l’intérieur, on retrouve dans l’une ou l’autre des consommations un certain nombre d’enseignements :
● Le consommateur privilégie une offre simple, qu’il puisse choisir ou composer lui-même. A cet égard la salade composée ou à composer est le produit phare.
● Le consommateur bio peut bien être obligé au « manger rapidement »mais il portera dans ce cas une grande attention au prix.
● Le produit concurrent c’est le « fait maison » que l’on apporte avec soi.
● L’écologie de l’emballage doit être de perception immédiate.
● Il y a sans surprise une forte corrélation entre le lieu de vie urbain des répondants et l’intérêt pour ce type de restauration
● Le profil type du consommateur intéressé est celui de la femme active citadine quand elle est éloignée du domicile.
● Une offre de produits végétariens est attendue.
● La perception « propreté-prix-origine-lieu et service adaptés » est fondamentale

En guise de conclusion

Le consommateur bio considère qu’il y a une sorte de défi à relever de concilier à certaines occasions le « se nourrir rapidement » avec « manger sainement ». Ce besoin est plus particulièrement présent chez une partie de la clientèle bio, celle qui travaille à proximité du lieu d’achat. 33 % de cette catégorie de consommateurs pourrait être client régulier.

Point spécifique sur le consommateur bio et les micro-ondes

Les avis et la pratique sont très partagés
La clientèle considère majoritairement que le micro-onde est « à éviter » ou « à proscrire ». Le rejet formel est porté par 36 % des consommateurs.
31 % les utilisent sans arrière-pensée.
33 % sont dans le soupçon ou l’expectative