NUMERO : Juil-Aout 2011

Les oméga-3 stars du gras

La plupart du temps ces acides gras saturés se retrouvent dans les
graisses animales (lait, fromage, beurre, viande) ou dans certaines
graisses végétales (huile de palme). A côté de cette sous classe, réside
celle des graisses insaturées et c’est dans cette dernière, composée
d’acides gras insaturés, que l’on retrouve :

● les AG mono-insaturés comme l’acide oléique de l’huile d’olive,
qui est un oméga-9 et

● les AG polyinsaturés et plus exactement les oméga-6 comme
l’acide linoléique et enfin les célèbres oméga-3.

Un oméga-3 c’est quoi ?

Il n’existe pas un seul oméga-3 mais plusieurs acides gras oméga-3
possédant plus ou moins d’insaturations. Ils se retrouvent aussi
bien dans le règne végétal (certains fruits oléagineux et les huiles
qui en sont extraites : noix, lin, colza) que dans le règne animal (les
poissons gras : thon, saumon, hareng, maquereau, anchois, sardine,
truite). Toutefois, dans les végétaux, seul l’acide alpha-linolénique
(AAL), qualifié d’« essentiel » puisque l’organisme ne sait pas le synthétiser,
est présent. Les acides gras à longues chaînes qui en découlent
comme l’EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA (acide
docosahexaénoïque) sont apportés uniquement par les poissons.

Une question d’équilibre

Rien ne sert de se fixer sur les oméga-3 si les apports en oméga-6
ne sont pas pris en compte. En effet, tout se passe au niveau des
deux précurseurs des familles oméga-6, l’acide linoléique (AL), et
oméga-3, l’acide alpha-linolénique (AAL). Comme l’enzyme qui va
transformer ces précurseurs en acides gras à chaîne plus longue est
la même pour les deux familles (la delta-6 désaturase), une concurrence
va alors se produire avec malheureusement une préférence
pour la série des oméga-6.
Ainsi, si l’apport en oméga-6 est trop important, la synthèse des
autres acides gras oméga-3 (comme l’EPA et le DHA) sera insuffisante.
C’est exactement ce qui se passe quand l’alimentation apporte
vingt fois plus d’ Ω6 que d’ Ω3. On dit alors que le rapport
Ω6/Ω3 est à 20/1 alors qu’il devrait être de 4/1 voire 1/1 pour que
l’organisme soit en parfaite santé.
De plus, certaines pathologies comme le diabète ou certains comportements
comme l’excès d’alcool, de tabac ou même le stress
peuvent diminuer la transformation de l’acide alpha-linolénique en
EPA et DHA.

Quelles sont leurs actions sur l’organisme ?

Les acides gras oméga-3 agissent de manière ubiquitaire dans l’organisme.
Comme tous les acides gras, ils constituent de très bons
combustibles énergétiques, mais ce sont surtout les constituants
universels des membranes biologiques. Et en favorisant la fluidité
de ces membranes, ils permettent de moduler l’activité de certaines
protéines et de certaines enzymes.
Ils possèdent également une action positive sur tout le système
cardiovasculaire (coeur et vaisseaux) en participant à la régulation
de la tension artérielle, à la normalisation des lipides sanguins (HDL

et LDL cholestérol, triglycérides), en améliorant l’élasticité des vaisseaux
et en empêchant l’agrégation des plaquettes sanguines.
Au niveau du cerveau et du système nerveux, ils améliorent les capacités
d’apprentissage, la concentration, l’humeur car ils sont « anti
stress » et « anti-déprime » et enfin seraient une des pistes intéressantes
dans la prévention alimentaire de la maladie d’Alzheimer.
Leurs propriétés anti-inflammatoires naturelles en font également
des armes de choix dans toutes les manifestations type arthrites ou
tendinites.
Et, cerise sur le gâteau, ils sont aussi reconnus pour leurs bienfaits
sur les phénomènes allergiques et en particulier sur l’asthme.

Quels sont les besoins quotidiens ?

Selon le dernier avis de l’afssa, publié le 1er mars 2010, les besoins
quotidiens pour un adulte sont évalués ainsi :

● Acide alpha-linolénique (ALA) : 2.2 g (1 % de l’apport énergétique
total).

● EPA + DHA : 500 mg, voire 750 mg pour les personnes à haut
risque cardiovasculaire.

Côté alimentation on recommande quoi ?

Il est important de recommander des oméga-3 d’origine végétale et
animale afin d’apporter non seulement le précurseur, l’acide alphalinolénique,
mais également les acides gras à longues chaînes, EPA
et DHA.
Pour les sources végétales pensez à recommander quotidiennement
l’usage de l’huile et des graines de lin broyées ou de l’huile
de cameline, de chanvre, de noix, de colza et de noix de Grenoble
et de pécan.
Pour les sources animales recommandez deux à trois fois par semaine
 : maquereau, saumon, morue, anchois, hareng, thon, sardine,
truite, loup de mer, flétan.

Les suppléments pour qui ?

Il n’est pas toujours aisé de recommander à vos clients la consommation
de poisson, deux à trois fois par semaine. Vous pouvez donc
avoir recours, dans certains cas aux suppléments d’Ω3 et en particulier
chez les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires (infarctus,
hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie), d’asthme, de
stress et d’anxiété, chez les enfants souffrant de troubles de l’attention,
chez la femme allaitante et chez la femme enceinte en prenant
soin de faire stopper les prises un mois avant le terme pour éviter les
risques d’hémorragies liés à l’accouchement.
Ces capsules seront toujours à recommander de préférence le midi
ou le soir, en plein milieu des repas pour éviter tout relent de poisson,
fort désagréable, ou alors seront à conseiller sous forme « gastro-
résistante », généralement un peu plus chères mais très efficaces.
Côté qualité, assurez-vous auprès de vos fournisseurs que les huiles
de poissons contenus dans les capsules sont distillées moléculairement,
un terme pompeux pour simplement dire qu’elles sont filtrées
et donc garanties sans PCB et sans résidus de métaux lourds.