NUMERO : nov-déc 2007

Les savons en cosmetique naturel …


Utilisation

Le savon possède une bonne aptitude à émulsionner les graisses et à les mettre en suspension dans l’eau. Mais, il présente également l’inconvénient de former des sels de calcium et de fer insolubles qui, en présence d’eau dure, se déposent sur le linge et encrassent les tuyauteries. C’est pour cette raison que dans les pays développés, on utilise des détergents pour les lessives et on réserve le savon pour la toilette.

Comment fabrique-t-on du savon ?

Le savon résulte de la réaction chimique suivante Corps gras + alcali + chaleur = savon + glycérine
• A noter que lorsque l’alcali est de l’hydroxyde de sodium, on obtient un savon dur et lorsque l’alcali est de l’hydroxyde de potassium, le savon obtenu est liquide. Savon conventionnel ou savon écologique résultent de la même réaction chimique mais l’origine des matières premières et les conditions de transformation diffèrent.

SAVON ECOLOGIQUE
SAVON CONVENTIONNEL
LES MATIERES PREMIERES
Huiles végétales : coco, palme, olive
Acides gras d’origine animale ou végétale
LA SAPONIFICATION
Pas de températures élevées 70° ni de pressions fortes. Cuisson lente (plusieurs jours), montée en t° progressive. La glycérine reste dans le savon pour l’hydratation. Pas de résidus alcalins (signe d’un mauvais dosage dans la réaction)
Huiles et soude sont chauffées entre 120 et 130°. Pression de plusieurs bars pour accélérer la saponifi cation. Parfois 3 minutes. La glycérine est soutirée pour être vendue à part (prix 10 fois celui du savon). Plusieurs lavages sont nécessaires

 

Beaucoup de savonniers ne font pas la saponifi cation et partent de « bondillons » ou savons en copeaux auxquels ils ajoutent les additifs naturels ou non. Ce mélange passe dans une machine appelée « extrudeuse » qui le transforme en barres de savon débitées en savons individuels

LES ADDITIFS
Sont ajoutés après la cuisson pour éviter leur dégradation par la chaleur Parfum : HE et plantes bio si possible Pigments minéraux et végétaux pour colorer le savon Pour les savons surgras, ajout de beurre de karité ou autres huiles non saponifi ées
Parfums de synthèse Colorants de synthèse Antioxydants, conservateurs de synthèse et agents séquestrants (EDTA) Opacifi ants pour unifi er la teinte (oxyde de zinc) Azurants optiques pour donner une brillance aux savons blancs Germicides : pour les savons déodorants

 

• Autres exigences des fabricants de savons écologiques labellisés : une fabrication écologique qui ne laisse pas de déchets non recyclables, ne pollue pas les eaux et ne participe pas à l’effet de serre. Ces exigences écologiques s’inscrivent pour la plupart des fabricants dans une démarche de commerce équitable en ce qui concerne l’achat des matières premières.

Les différents types de savon

• Le « vrai savon » : c’est du savon traditionnel, très simple
• Le savon de Marseille
Le terme « savon de Marseille » ne correspond pas à une provenance géographique mais à un procédé de fabrication et à une composition de 72 % d’huiles végétales. C’est la signification du 72 % estampillée sur le bloc de savon. Dans la forme traditionnelle il est sans colorant ni additif. Le savon traditionnel vert contient de l’huile d’olive. Le savon de Marseille blanc est fabriqué à partir d’huile de coprah et de palme.
• Le savon d’Alep : Il est obtenu par saponification traditionnelle au chaudron avec un temps de chauffage de 15 jours. La soude est d’origine végétale : certains fabricants emploient une plante sauvage, le shnane (Suaeda vera), d’autres la salicorne (Salicornia). Le savon est composé d’huile d’olive de 1ère pression à froid à un taux d’acidité d’environ 1,5° afi n de garantir une bonne saponifi cation. Après lavages successifs, on ajoute l’huile de baies de laurier aux environs de 12 % (au-delà de cette concentration, le savon serait trop mou ; il est donc possible que dans certains savons d’Alep, il y ait un mélange d’huiles notamment de l’huile de palme). Une fois la cuisson terminée, la pâte est étalée et découpée manuellement en pains de couleur verte, échafaudés en tours pour sécher pendant quelques semaines ou mise en cave pour une longue période de 3 ans de séchage. Ils prennent alors une couleur brunâtre. Le savon d’Alep n’est pas une marque protégée.
• La savonnette d’Alep :
même procédé de fabrication. Elle peut contenir des parfums. Après saponifi cation, elle est mise dans des moules et le temps de séchage est de 9 mois.


• Le savon liquide de Marseille et d’Alep :
l’alcali est de la potasse qui va donner la consistance liquide au savon. Pour le savon d’Alep, les fabricants utilisent soit de l’huile de 1ère pression, soit de l’huile de grignons d’olive, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une 2ème pression à partir des résidus de la pulpe et des fragments de noyaux. Le terme « savon liquide » correspond à un procédé traditionnel de saponifi cation par opposition à une base lavante ou à une crème lavante qui, elles, sont fabriquées à partir de tensio- actifs (comme pour les gels douche, les shampooings…)
• Le savon surgras :
conçu pour éviter le dessèchement de la peau. Il contient des huiles végétales hydratantes.
• Le savon sans savon ou savon dermatologique : un pH en accord avec celui de la peau neutre ou légèrement acide, des tensio-actifs, des solvants, des conservateurs.
• Le savon noir pour hammam : C’est une substance noire obtenue à partir de la saponifi cation d’un mélange d’huile et d’olives noires broyées et macérées dans du sel. Très riche en vitamine E, il a des vertus hydratantes et exfoliantes. Après l’avoir utilisé, on procède au gommage du corps avec le gant granuleux en tissu (Kassa au Maghreb).