NUMERO : sept-oct 2010

Pas de cahier des charges vin bio européen 2010

 

Rappel des faits

 

 
Le nouveau règlement sur l’agriculture biologique CE 834/2007 qui est entré en vigueur au 1er janvier 2009 devait intégrer la vinification. Celle-ci aurait dû normalement être opérationnelle pour la prochaine vendange de 2010. Rappelons que pour atteindre cet objectif, la commission européenne avait mis en place un projet européen, ORWINE, chargé de faire des propositions réglementaires de vinification bio et de fournir des éléments pour l’amélioration des méthodes de production et de la qualité des vins biologiques.
 
Ce projet conduit sur 3 ans (2006-2009) a été mené par quatre pays partenaires : l’Allemagne, la France, l’Italie (coordinateur) et la Suisse. Différentes thématiques ont été traitées comme l’identification des procédés et standards utilisés en vinification biologique, des enquêtes auprès des acheteurs et consommateurs pour identifier leurs attentes sur les vins bio, des enquêtes auprès des professionnels (producteurs, opérateurs) de la filière viticole bio sur les propositions d’Orwine et des expérimentations sur des méthodes de vinification novatrices correspondant à l’éthique de l’agriculture biologique, en considérant particulièrement les possibilités de réduction des doses de SO2 et en vue d’améliorer la qualité des vins bio.
 
Les propositions finales d’ORWINE ont été rendues fin 2009 auprès de la commission européenne pour être ensuite discutées, pour enfin déboucher sur un cahier des charges « vinification bio européen » au 1er juillet 2010. Malheureusement, un consensus n’ayant pas été trouvé entre les différents Etats Membres, le projet a donc été abandonné et reporté à une date ultérieure.
 
Conséquences :
 
● le nouveau logo bio européen ne pourra être apposé sur les bouteilles de vin
● l’appellation « vin biologique » sera interdite
Seule l’appellation « vin issu de raisin de l’agriculture biologique» sera autorisée,
● le logo national AB sera facultatif
● les logos des cahiers des charges privés seront autorisés (FNIVAB, DELINAT, BIODYVIN, DEMETER, NATURE&PROGRES)
 

 

Ce qu’en pensent les vignerons

 

 

Le retrait du projet de règlement européen ne suscite pas de grande inquiétude des vignerons qui pour la plupart s’étaient déjà engagés soit à travers des chartes ou qui logiquement pratiquaient des vinifications naturelles. Pourtant, pour beaucoup cette réglementation commune aurait permis d’avoir un cadre harmonisé évitant ainsi toutes polémiques. Il aurait de plus, facilité l’information du consommateur. Nous reprenons ci-après les remarques des principales associations du secteur.

 

 

Selon la FNIVAB (Fédération Nationale Interprofessionnelle des Vins de l’Agriculture Biologique)

 

 

 

 

Les professionnels de la filière ne baissent pas les bras !

« Depuis 2003, la FNIVAB a mis en place une « charte de transformation » afin que les vignerons puissent, au chai, continuer le travail mis en place dans la vigne et le justifier auprès de leur clientèle. En minorant les intrants et les pratiques physiques, la charte FNIVAB reprend les principes de la réglementation générale de l’agriculture biologique. Elle définit des règles de vinification respectueuses de l’environnement et des consommateurs en apportant une traçabilité et une clarté dans les pratiques de vinification. Le cahier des charges vin bio UE sera rediscuté au niveau européen dans les années à venir. Dans l’attente, l’utilisation du cahier des charges FNIVAB est apte à combler ce vide réglementaire et permet aux vignerons bio d’appliquer les pratiques de vinification en accord avec les principes de l’agriculture biologique. »

 

 

Selon le Syndicat des Vignerons Bio d’Aquitaine, le vin Bio n’est pas enterré !

 

 

 

« Depuis bien longtemps déjà, les vignerons Bio raisonnent, dans les faits, leur vinification. Le faible usage de produits oenologiques exogènes, la diminution des doses de SO2, la limitation des interventions sur le vin sont appliqués spontanément par les vignerons Bio : ce qui se fait à la vigne se continue donc au chai, pour permettre l’expression la plus pure et la plus optimale du raisin, fruit de la rencontre entre un homme et son terroir. Certains vignerons s’engagent d’ailleurs volontairement à appliquer un cahier des charges national, la Charte Vins Bio F.N.I.V.A.B. C’est la raison pour laquelle le Syndicat des Vignerons Bio d’Aquitaine n’est pas spécialement inquiet du retrait du projet de règlement européen. Sur le terrain, les faits parlent déjà pour nous. Il eût certes été préférable de les traduire dans une règlementation commune, que nous continuons à appeler de nos voeux, mais nous souhaitons, en tant que professionnels du Vin Bio, à rassurer le consommateur : le Vin Bio a toujours existé, il existe encore. Et il existera demain de plus en plus, puisque les consommateurs sont de plus en plus en demande d’un vin « vrai », élevé dans le respect de l’environnement et du travail des hommes, et, surtout, qui offre un grand moment de plaisir »