NUMERO : Mars-Avril 2010

La commercialisation des produits en conversion ?

Définition

La conversion à l’agriculture biologique correspond à la phase de transition entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique. Elle débute au moment où les pratiques deviennent rigoureusement conformes aux règles de production biologique et à partir de la date à laquelle l’opérateur déclare son activité auprès d’un organisme de certification. En France, il sont cinq : Agrocert, Certipaq, Ecocert, Qualité-France et SGS.
La période de conversion est gérée par unité (parcelle, catégorie d’animaux) et doit faire l’objet d’un contrôle. Il est donc indispensable d’informer un organisme de certification de tout projet de conversion de parcelle et/ou d’atelier d’animaux. La conversion ne couvre pas d’éventuelles phases précédentes durant lesquelles un agriculteur aurait adopté des techniques intermédiaires, proches du bio.

La conversion pour les productions végétales

Date d’entrée en conversion d’une parcelle.
Deux situations se présentent pour l’opérateur bio.
● Cas des habilitations : la date formelle de début de conversion vers l’agriculture biologique des parcelles débute au plus tôt à la date d’engagement de l’opérateur auprès de l’organisme de certification. Simultanément, il doit notifier son activité auprès de l’Agence Bio.
● Cas des renouvellements (mise en conversion de nouvelles parcelles) : la date formelle de début de conversion, faite par courrier recommandé auprès de l’Organisme Certificateur, est au plus tôt la date de déclaration de mise en conversion ou au plus tard la date de contrôle (si cette déclaration s’effectue lors d’un contrôle).
Calcul de la durée conversion
Deux situations sont à prendre en compte selon le type de culture : les cultures annuelles (blé, carottes, salades…) et les cultures pérennes (vignes, vergers…)
Pour une culture annuelle ou une prairie
● la récolte qui intervient dans les 12 premiers mois après la date de début de conversion ne peut pas faire référence au mode de production biologique, elle doit être vendue dans le circuit conventionnel.
● une production bénéficiera de l’appellation « Produit en conversion vers l’agriculture biologique » (ou « produit issu de terre en conversion vers l’agriculture biologique ») si une période d’au moins 12 mois s’est écoulée entre la date de début de conversion et la date de la récolte sur la parcelle. La production sera bio, si une période d’au moins 2 ans (24 mois) s’est écoulée entre la date de début de conversion et la date de mise en place de la culture annuelle sur la parcelle.
Pour une culture pérenne
● la récolte qui intervient dans les 12 premiers mois après la date de début de conversion ne peut pas faire référence au mode de production biologique, elle doit être vendue en conventionnel.
● La ou les récoltes intervenant entre le 12ième et 36ième mois après la date de début de conversion peuvent être mises sur le marché avec la référence « Produit en conversion vers l’agriculture biologique » ou « Produit issu de terre en conversion vers l’agriculture biologique ».
● la récolte qui a lieu après le 36e mois après la date de début de conversion portera la référence : « Produit de l’agriculture biologique ».

*(RCE/834/2007(article 17) et RCE/889/2008 (articles 36 et 37 chapitres 5)

Avantages pour la filière Bio

La vente de produits en conversion demande sur le lieu de vente une bonne identification (séparation avec les produits bio, ardoise et étiquetage spécifique) et une bonne information. Les avantages Proposer des produits en conversion permet :
● pour le nouveau producteur bio, de se sentir accompagné et soutenu dans sa démarche (sur le plan de la technique, de la planification et dans la commercialisation de sa production)
● de développer les conversions françaises et ainsi à long terme de ralentir les importations
● d’être une alternative sur des produits bio en situation de rupture
● de proposer des prix un peu moins élevés (même si ce n’est pas le but recherché)
● d’offrir des variétés parfois non disponibles en bio
● d’impliquer le consommateur dans une démarche environnemental cohérente quant on sait qu’elle correspond à sa deuxième motivation d’acte d’achat.
sources : Ecocert Qualité France