NUMERO : Juillet – Août 2014

Peau sèche et déshydratée : définition et besoins

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Peau sèche ou déshydratée ?

Peau sèche et peau déshydratée sont souvent confondues, alors que sur le plan physiologique ce sont deux phénomènes différents. La peau est déshydratée quand elle manque d’eau alors qu’une peau sèche manque de lipides.

Rappelons en effet que la peau est recouverte d’une couche lipidique (nourrie notamment par le sébum) exerçant un rôle de barrière, à la fois contre les agressions extérieures et contre les pertes d’eau. Si cette barrière lipidique est affaiblie, l’évaporation de l’eau (alias pertes d’eau transépidermiques) est plus importante.

Et si en général une peau sèche est donc aussi déshydratée, l’inverse n’est par contre pas forcément vrai. On peut avoir une peau mixte ou grasse qui tire en raison du manque d’eau. Les deux phénomènes étant cependant étroitement liés, les produits de soin adaptés conviennent en général à la fois aux peaux sèches et déshydratées. En général seulement : car il va de soi qu’une peau grasse et acnéique mais déshydratée ne sera pas traitée comme une peau qui manque de lipides.

La peau sèche et déshydratée concerne tout le monde et à tous les âges, même des personnes très jeunes. L’activité des glandes sébacées diminuant avec l’âge, le phénomène devient cependant plus fréquent quand on vieillit (apparition de la ménopause chez les femmes). Ses symptômes sont bien connus : peau terne (manquant d’éclat) et rêche, qui perd de sa souplesse et de son élasticité, inconfort car la peau « tire », notamment sur le visage.

Dans les cas extrêmes peuvent apparaître des fissures et des gerçures (mains) et sur le corps la « peau de crocodile », c’est-à-dire qu’elle est très rugueuse et a tendance à desquamer (cellules mortes qui se détachent par paquets). En général, le maquillage ne s’étale pas bien, avec un « effet plaque », un aspect terreux. Enfin, comme évoqué plus haut, la peau sèche et déshydratée étant plus fragile, elle réagit facilement aux agressions extérieures, en particulier au froid. D’où la présence possible, parmi les symptômes, de rougeurs, de démangeaisons, d’inflammations, conséquences des irritations.

A noter également que la sécheresse/ déshydratation se manifeste différemment selon les zones de peau (visage, mains, pieds, corps…) car celles-ci ne sont pas exposées de la même façon à l’environnement, et de plus la densité des glandes sébacées y est aussi différente. Sur le visage des peaux matures par exemple, le manque d’hydratation rendra les rides plus visibles.

Facteurs aggravants : ce qu’il faut éviter

L’exposition au vent et au froid est un facteur qui accentue le phénomène de peau sèche et déshydratée : on estime qu’en hiver, entre

 

30 et 40 % des femmes souffrent de sécheresse cutanée, d’autant plus que le chauffage excessif agresse aussi la peau. Il est donc impératif de bien protéger les zones exposées contre le vent ou l’air en général s’il est agressif : bonnet, gants, écharpe… Si un air trop sec, comme celui de l’hiver mais aussi dans un intérieur surchauffé est préjudiciable à la peau, l’exposition trop intense au soleil est aussi un facteur aggravant. En intérieur, l’utilisation d’un humidificateur peut s’avérer utile. Si le climat est chaud et sec, il faudra aussi encore plus veiller à bien nourrir et hydrater sa peau et ne pas s’exposer au soleil aux heures où la chaleur est la plus intense, de la fin de la matinée à la fin de l’après-midi.

Bains et douches trop fréquents, trop longs et/ou trop chauds sont évidemment l’ennemi des peaux sèches, car ils fragilisent encore plus la couche protectrice de la peau, et d’autant plus que l’eau est calcaire. L’eau tiède est préférable, la durée maximum de la douche ou du bain devant être de 10 à 15 minutes maximum. 2 ou 3 bains par semaine sont largement suffisants, en alternance avec une courte douche. Douche d’ailleurs à privilégier, car non seulement elle est moins préjudiciable à la peau, mais en plus elle est plus écologique, car consommant moins d’eau.

Eviter aussi d’abuser des bains moussants : leurs tensioactifs détruisent aussi la couche protectrice de la peau. A l’inverse, ajouter de l’huile végétale dans l’eau du bain aide soigne la couche protectrice. A l’issue, éviter de frotter trop fort : se sécher en tapotant avec une serviette douce est préférable. Quant aux piscines, leur eau reste souvent très chlorée, ce qui n’est pas bon pour la peau. Une bonne hydratation dès la sortie de l’eau est obligatoire. Pour revenir aux produits d’hygiène, le savon classique est l’ennemi de la peau : parce que toujours légèrement basique, il détruit aussi la couche protectrice de la peau.

Tant qu’à faire, mieux vaut employer un savon surgras, c’est-à-dire contenant un excédent de lipides non saponifiés. Mais la vraie règle pour le visage, c’est l’utilisation d’un lait nettoyant, et pour le corps de gels-douches avec des bases lavantes naturelles douces, comme on les rencontre en général en cosmétique certifiée.

Et si contrairement à ce que l’on pense l’alcool à dose raisonnable n’est pas forcément l’ennemi de la peau, dans le cas des peaux sèches et déshydratées par contre, il vaut mieux éviter autant que possible des produits trop riches en alcool, en raison de son action desséchante.

Les bons gestes

Une peau qui reste trop longtemps sèche et déshydratée peut à terme conduire à de vraies pathologies, comme des dermatites. Il faut donc la soigner au quotidien, l’objectif principal étant de maintenir ou de restaurer la couche lipidique protectrice de la peau et/ou de lui apporter des actifs lui permettant de garder son hydratation naturelle. C’est le rôle des crèmes, lotions et baumes hydratants, qui sont en général des émulsions (huile dans eau ou eau dans huile), les formules trop riches (eau dans huile, huiles pures…) étant à éviter sur une peau grasse qui manque d’hydratation. Important : ne pas attendre d’avoir l’impression que la peau se manifeste de nouveau parce qu’elle a « soif » : le soin d’une peau sèche et déshydratée doit être une préoccupation quotidienne.

La réhydratation/relipidation commence néanmoins dès le nettoyage, surtout pour le visage. Comme dit plus haut et souvent répété dans ces pages : le visage se nettoie toujours avec un lait nettoyant, qui est lui-même une émulsion et apporte donc de « bons lipides » (pour une peau grasse ce sera un gel nettoyant, non gras et non agressif). Le lait nettoyant se rinçant en général à l’eau claire (et non avec le tonique à la suite), si l’eau est calcaire, utiliser simplement de l’eau minérale en bouteille, dont l’emploi reste peu onéreux.

Quant aux toniques des gammes visages pour peaux sèches et déshydratées justement, ils apportent aussi en général des actifs qui permettent à la peau de maintenir son hydratation : à ne pas oublier donc. Avant la crème visage, on utilisera de plus ces produits dits « complémentaires » qui apporteront un supplément d’actifs hydratants ou relipidiants, comme les céramides, la lanoline, la glycérine végétale, différents dérivés d’acides gras, de l’acide hyaluronique, etc.

Autant d’ingrédients que l’on retrouve aussi dans les crèmes hydratantes, mais ici en teneur plus élevée. Ce produit complémentaire pourra d’ailleurs être tout simplement une bonne huile végétale pénétrant bien, comme les huiles de jojoba, de macadamia, d’amande douce, etc. Certaines sont présentées sous la forme d’ampoules ou de capsules unidoses très pratiques.

Quant à la crème de nuit, aux formules encore plus riches, c’est vraiment dans le cas de peaux sèches et déshydratées qu’elle devient obligatoire. Ne pas oublier non plus régulièrement (une fois par semaine) un masque hydratant, dont la concentration en actifs peut atteindre l’équivalent de plusieurs semaines de crème. Effet « repulpant » et rafraîchissant garanti !

Pour le corps, c’est lotion ou baume hydratant obligatoire après chaque bain ou douche, une huile pure n’étant pas non plus inintéressante, surtout dans les cas évoqués plus haut (piscine, bain prolongé, etc.). Appliquer l’hydratant quand la peau est encore légèrement humide en facilitera la pénétration. Un gommage ?

Ce n’est pas interdit (une fois par semaine également) : il permet d’éliminer les cellules mortes et facilite donc l’action des produits hydratants utilisés à la suite. Mais il faut impérativement utiliser un gommage doux et non abrasif. Côté maquillage, pour le teint, on évitera les poudres et on s’orientera vers ces superbes textures crèmes que proposent les marques certifiées : non seulement elles sont faciles à appliquer mais en plus elles participent à l’hydratation de la peau.

En été, voire en hiver, il faut utiliser une crème solaire protectrice, en n’oubliant pas que les laits solaires, et surtout les sprays, s’ils sont plus pratiques d’emploi (car plus faciles à étaler), sont inversement moins nourrissants. Il existe aussi des après-soleil hydratants, qui peuvent s’avérer utiles. Et pour lutter contre la bise et le froid asséchant de l’hiver, on aura toujours à portée de main un bon baume hydratant, une « cold cream », mais bien entendu à la formulation 100 % naturelle, sans le moindre dérivé pétrolier !

À ne pas oublier

S’hydrater par voie interne est aussi important. Cela signifie déjà boire suffisamment (1,5 litre) chaque jour. Eviter l’abus de boissons diurétiques (café, thé) quand on a la peau déshydratée. L’approche compléments alimentaires peut être intéressante (nombre de vitamines ont une action hydratante, sans parler des acides gras essentiels), mais le corps va utiliser ces nutriments partout où il en a besoin, pas seulement pour la peau. Mieux vaut adopter le principe d’une alimentation équilibrée – c’est de toute façon meilleur pour la santé ! – notamment riche en acides gras essentiels (oméga 3 et 6) : poissons gras, bonnes huiles végétales (colza, noix, olive…).

Et si malgré tous vos soins, la peau reste désespérément très sèche, allant jusqu’aux irritations graves et à d’autres symptômes handicapants, il ne faut pas hésiter à consulter un médecin ou un dermatologue (en préférant bien sûr un praticien ouvert aux solutions naturelles !) qui pourra voir si le problème n’est pas plus profond. Car il existe en effet des « peaux sèches constitutionnelles », cause par exemple de ce que l’on appelle la dermatite atopique. La couche cornée de l’épiderme étant « par construction » en mauvais état, d’une part l’eau contenue dans la peau s’évapore plus qu’elle ne devrait et d’autre part cette fragilisation facilite les agressions de l’environnement, d’où une peau très sensible.

Nous sommes alors typiquement dans le cas où peau sensible et peau sèche sont intimement liées. La dermatite atopique nécessite un traitement médical, même si des produits de dermocosmétique naturelle peuvent bien sûr aider à améliorer les problèmes cutanés. Une peau très sèche peut également avoir pour cause une maladie comme l’eczéma ou le psoriasis, ou avoir d’autres origines physiologiques (hypothyroïdie) qui peuvent aussi nécessiter un traitement médical).

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