NUMERO : Mars/Avril 2012

Pesticides dans les aliments : analyses comparées conventionnels et bio

Rappel des faits

Entre juillet et septembre 2010, l’association avait acheté dans divers supermarchés des aliments non bio composant les repas types d’une journée d’un enfant d’une dizaine d’années. Elle avait alors composé 4 repas et un encas. Elle avait fait rechercher diverses substances chimiques. Les résultats de cette 1ère enquête, publiée en décembre 2010, montraient qu’en 24h, un enfant était susceptible d’être exposé, uniquement par son alimentation, à pas moins de 128 résidus chimiques. La palme ayant été attribuée aux pesticides avec 36 molécules différentes ingérées en une seule journée dont 17 cancérigènes et perturbateurs endocriniens !

Les suites : Acte 2

Suite à la parution de cette enquête et aux résultats obtenus, de nombreuses personnes ont souhaité savoir s’il y avait une réelle différence entre les menus non bio étudiés et des repas composés avec les mêmes aliments issus de l’agriculture biologique. L’Association est donc partie en quête de la réponse entre septembre et décembre 2011 en se concentrant sur les résidus de pesticides.

Pourquoi uniquement les pesticides ?

La grande différence entre les pratiques culturales et de stockage des aliments bio et non bio réside dans l’usage, ou non, de pesticides de synthèse. En outre, certains sceptiques disent parfois que les cultures ne se font pas sous cloche et que donc les champs bio pourraient être contaminés par des pesticides pulvérisés sur les champs conventionnels. Générations Futures a donc souhaité vérifier, par cette enquête, si la différence entre les produits bio et non bio était bien réelle.

Des résultats sans appel, en faveur du bio !

Les analyses de résidus de pesticides de ces fruits, légumes et céréales des repas bio ou non bio d’une seule journée montrent :
● 0 résidu de pesticides dans les fruits et légumes bio analysés contre 37 dans les conventionnels (ce qui représente 27 molécules différentes)
● 1 molécule en résidus de synergisant dans 2 échantillons de pain à des doses très faibles en bio.
● Il y a 223 fois moins de résidus de pesticides en moyenne dans les aliments bios analysés que dans les aliments conventionnels
● 17 résidus de pesticides suspectés d’être cancérigènes ou perturbateurs endocriniens dans les produits non bio analysés contre 1 seul détecté en bio.

Quelles aliments testés ?

L’association a repris exactement les mêmes fruits, légumes et jus que ceux testés dans leurs menus toxiques de décembre 2010, hormis les pêches qui, à cette époque de l’année, n’étaient plus disponibles. Elles ont été remplacées par des clémentines et pour être conforme aux résultats de 2010, des analyses de clémentines non bio ont été effectuées pour pouvoir faire un réel parallèle. Ainsi ont été analysés au regard de la présence de résidus de pesticides :
● pour le petit déjeuner bio : pain de mie bio, jus de raisin bio et pommes bio.
● pour le déjeuner bio : laitue bio, tomates bio, haricots verts bio, raisins bio et baguette bio
● au gouter un smoothie bio
● pour le dîner bio : salade mélange bio, riz Thaï bio, citrons bio, clémentine bio et pain bio entier

Par qui ont été faites les analyses ?

L’association a fait appel à Fytolab (Belgique) pour cette recherche de résidus de pesticides. L’un des meilleurs en ce domaine. FYTOLAB est certifié entre autre par :
● L’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire belge (AFSCA) pour l’analyse de pesticides, mycotoxines et nitrates dans l’alimentation.
● Le Ministère Belge de la Santé Public pour l’analyse de formulations de pesticides.( contenu en matière active et caractéristiques physico-chimiques)
● La Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) en France pour l’analyse de pesticides sur produits végétaux en méthode mono et multi résidus
● L’organisation néerlandaise BIO-KAP.
FYTOLAB est reconnu comme l’un des trois laboratoires, qui, sur la base des recommandations de leurs adhérents, permet de faire correspondre les attentes liées aux exigences très élevées de leurs normes sur les produits biologiques avec des analyses et des conseils d’un très haut niveau de qualité, etc.

Conclusion

Selon F. Veillerette, porte-parole de Générations Futures. « Ces éléments montrent clairement que la non présence de résidus de pesticides dans les aliments bio garantit le consommateur des risques éventuels dus à la présence de nombreux résidus de pesticides dans les aliments conventionnels dont certains sont suspectés d’être cancérigènes ou pouvant perturber le système endocrinien. ».

Mise en garde sur les limites de l’enquête

Cette enquête est basée sur l’analyse d’aliments susceptibles d’être ingérés lors d’une seule journée. Elle ne prétend pas être parfaitement représentative de la consommation alimentaire française moyenne et ne prétend pas refléter exactement l’état moyen de la contamination et non contamination par des résidus de pesticides des aliments vendus en France. Enfin, les résultats contenus dans ce dossier n’ont pas de valeur statistique significative au regard du faible nombre d’échantillons analysés, mais sont illustratifs de la problématique traitée. Pour plus de renseignements : www.generations-futures.com