NUMERO : sept-oct 2013

Prévenir nutritionnellement la cataracte

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La cataracte se caractérise par une opacification partielle ou totale du cristallin. En France, elle touche majoritairement les personnes de plus de 70 ans (c’est la forme sénile), mais néanmoins, elle débute généralement en même temps que la presbytie, vers 45 ans. Les mécanismes impliqués sont majoritairement liés au stress oxydant et à des modifications dans le transport des éléments nutritifs à l’intérieur du cristallin. Comme ce dernier n’est pas vascularisé, c’est l’humeur aqueuse qui pourvoit à la majorité de ses besoins.

Les facteurs les plus fréquemment en cause sont l’exposition directe et prolongée aux UV solaires, le tabagisme, le diabète mal contrôlé, une alimentation pauvre en fruits et légumes ou certains médicaments (corticoïdes, antidépresseurs).

Le cristallin comporte jusqu’à 35 % de protéines essentiellement représentées par des cristallines « fragiles » qui nécessitent plusieurs systèmes de défenses antioxydantes (SOD, glutathion, vitamine C, vitamine E, caroténoïdes…). Cependant, avec l’âge, ces systèmes protecteurs deviennent de moins en moins efficaces et la prévention dès la quarantaine est donc indispensable pour ralentir la progression de cette maladie.

De la lutéine et de la zéaxanthine

Selon plusieurs études, un apport journalier en ces deux caroténoïdes xanthophylles serait associé à une diminution de la cataracte. Souvent associés dans les aliments, ils sont principalement présents dans l’œil. Même si les mécanismes d’action ne sont pas encore clairement élucidés, il semble que leurs actions soient liées à leurs propriétés antioxydantes et leurs capacités à filtrer la lumière bleue particulièrement agressive pour les photorécepteurs. L’organisme ne pouvant synthétiser de lutéine, c’est l’alimentation qui doit la fournir. Classiquement, elle n’en fournit que 1 à 2 mg par jour alors que, pour un réel effet protecteur, il en faudrait entre 6 et 10 mg. De plus, il existe une grande variabilité d’assimilation en fonction de la nature du repas qui doit être riche en graisses.

Vos conseils :

● Alimentaires : 3-4 fois par semaine : épinards, chou vert frisé, cresson, blettes, basilic et persil frais, roquette et brocolis.

● Suppléments : 20 mg de lutéine et 1 mg de zéaxanthine par jour.

De l’astaxanthine

Ce caroténoïde présent naturellement dans le milieu marin est également un puissant antioxydant spécifique qui protège le cristallin contre les effets néfastes des radicaux libres.

Vos conseils :

● Alimentaires : saumons sauvages ou crevettes roses, 1 à 2 fois par semaine.

● Suppléments : 4 mg par jour, au cours d’un repas apportant des graisses (huiles, avocats, oléagineux).

De la vitamine E

Dans la majorité des études effectuées chez l’homme, une association entre la fréquence de la cataracte et le statut en vitamine E a été mise en évidence et il semblerait qu’elle soit capable de réduire le degré et l’importance du développement de cette maladie.

Vos conseils :

● Alimentaires : huile de germe de blé, huile de noisettes, graines de tournesol et amandes tous les jours ou un jour sur deux.

● Suppléments : 10-30 mg sous forme de tocophérols.

De la N-acétyl-cystéine et du glutathion

Le glutathion est indispensable au fonctionnement normal du cristallin et la N-acétyl-cystéine, un acide aminé soufré, est douée de propriétés antioxydantes majeures et permet d’augmenter le taux de glutathion.

Votre conseil suppléments : 50 mg de glutathion et 100 mg de N-acétyl-cystéine (NAC) par jour.

De la L-carnosine

Cette substance s’avère particulièrement intéressante pour les diabétiques car elle agit contre la glycation, c’est-à-dire la « caramélisation », des protéines du cristallin.

Votre conseil supplément : en prévention chez les diabétiques, de 300 à 1200 mg quotidiens pendant les repas.

Après une chirurgie de la cataracte

Si vos clients viennent de subir une chirurgie, vous pouvez leur conseiller de l’acide hyaluronique qui diminue la sécheresse oculaire et améliore la viscoélasticité, et de la bromélaïne qui réduit les œdèmes postopératoires.

 

Un test rapide pour vos clients

Demandez-leur à l’œil droit puis à l’œil gauche s’ils ont :

● Une baisse de la vision de loin

● Des phénomènes d’éblouissement

● Des difficultés à percevoir le relief et des modifications des couleurs

● Une diminution de la sensibilité aux contrastes et/ou un flou visuel

S’ils répondent oui à la plupart de ces questions, orientez-les vers un dépistage ophtalmologique.

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