NUMERO : nov-Déc 2010

Textiles écologiques : une croissance à contrôler…

Textile bio : production déficitaire et conséquences…

À l’heure actuelle, d’autres fibres naturelles, autre que le coton biologique, comme la laine, la soie, le lin ou le chanvre proviennent également de l’agriculture ou de l’élevage biologique. Toutes ces fibres sont d’une excellente qualité sur le plan écologique car elles respectent l’animal et l’environnement. Toutefois, étant donné que les besoins mondiaux en fibres textiles, à savoir plus de 70 millions de tonnes, ne peuvent pas être couverts uniquement par les fibres naturelles, les fabricants tentent de trouver des alternatives et mènent des discussions sur de nouvelles matières et fibres telles que les demi-synthétiques (fibres cellulosiques comme la viscose) et synthétiques (fibres artificielles comme le polyester). D’une manière générale, même si ces fibres permettent aussi un traitement propre de telle sorte qu’il est possible d’économiser les ressources qui se raréfient telles que l’énergie et l’eau et d’utiliser moins de produits chimiques nuisibles à l’environnement, elles ne seront pas complètement bio-écologiques. C’est pourquoi, selon les experts, l’ensemble de la branche devra s’ouvrir aux nouvelles recherches et aux bilans écologiques concernant non seulement les fibres mais également toutes les opérations de traitement. Jusqu’à présent, rien de tout cela n’est mentionné sur les étiquettes des produits textiles. En ce qui concerne la mode écologique, il existe des listes positives dans lesquelles figurent les produits chimiques qui peuvent être contenus.

Label bio ou équitable ou bio et équitable ?

Dans le secteur du textile, les labels purement sociaux font de plus en plus leur apparition. Par exemple, en 2009, on a vendu en Allemagne 2 millions de vêtements produits à partir de coton provenant du commerce équitable, soit le double de 2008. Seule la moitié de ce coton issu du commerce équitable provenait de l’agriculture biologique ! On peut comprendre que de plus en plus d’entreprises veulent assumer leur engagement social et équitable, mais il semble aujourd’hui indispensable pour la filière textile bio d’être bio et équitable à la fois. Certains experts, exigent une réglementation légale visant à empêcher le « greenwashing » dans le secteur des textiles . Selon l’un d’eux, le Dr. Brodde stipulait que : « Ceux qui souhaitent obtenir le label écologique et social prennent leur engagement au sérieux. Par contre, ceux qui souhaitent uniquement faire de la publicité en se donnant une image verte et sociale doivent s’attendre à être rappelés à l’ordre par les associations de consommateurs et les organismes effectuant des tests comme le prouve une série de jugements prononcés par les tribunaux et de tests effectués sur les marchandises. La fédération allemande des associations de consommateurs a exigé récemment des contrôles imposés par la loi permettant de voir si la marchandise tient ses promesses.»

Les principaux logos présents sur les textiles bio

GOTS Global Organic Textile Standard
Ce label international privé créé en 2002 a été mis en place avec le concours de l’International Association Natural Textile Industry, la Soil Association, l’Organic Trade Association et la Japan Organic Cotton Association. Il a été aussi choisi par Ecocert qui s’associe à cette démarche d’harmonisation internationale des standards pour le contrôle des textiles biologiques. Le référentiel est le plus exigeants car il intègre toutes les étapes de la transformation du textile, depuis la fibre jusqu’au produit fini : la fibre brute doit être certifiée en bio et tout le processus de transformation doit être contrôlé. Il tient compte aussi des critères environnementaux et sociaux. Entre 2008 et le milieu de l’année 2010, le nombre des entreprises textiles certifiées GOTS est passé de 26 à 2 800.

Öko-Tex 100 et 1000
Les labels internationaux Oeko-Tex 100 et 1000 sont apposés sur des textiles ne contenant pas d’éléments chimiques nocifs pour la santé et la peau (formaldéhyde, métaux lourds…), toutefois, le coton ne doit pas être obligatoirement bio. Ces labels privés sont attribués et gérés par Öko-Tex et contrôlés par des organismes indépendants. Les organismes de contrôle sont accrédités par les organes compétents dans chaque pays.

Organic Exchange
Cette organisation a pour but de faire progresser le développement durable des textiles. Seuls ceux à base de coton et en bio sont pris en compte. Deux niveaux existent : – de 5 % et 100 % avec une traçabilité. La partie transformation du coton n’est pas mentionné dans la certification.

Bio Equitable
Les entreprises adhérentes de Bio Equitable garantissent un engagement sur un partenariat avec les producteurs, dans une logique de développement économique durable. Ils garantissent au producteur un prix minimum garanti pour l’achat du coton graine, assurent un appui technique au producteur et supportent les frais inhérents à la mise en place de la structure. Ils prennent par ailleurs en charge les coûts relatifs à la certification Agriculture Biologique et au contrôle bio équitable

Textiles écologiques en chiffres
● À peine 1 % du coton est biologique
● forte croissance : entre 2008/2009, on a récolté 175 000 t (plus de 800 000 balles) soit une augmentation de 20 % .
● 222 000 agriculteurs cultivent le coton biologique dans 22 pays.
● en Grande-Bretagne, selon les prévisions, les besoins tripleront entre 2008 et 2012.
● besoins en fibres textiles au niveau mondial : plus de 70 millions de tonnes.
● CA mondial en dollars US : 700 millions
Le marché allemand en pleine évolution :
Le commerce des textiles écologiques en Allemagne connait depuis quelques années une forte croissance. 20 Concept Stores commercialisent la mode écologique et souvent pratiquent également la vente en ligne. Les magasins s’agrandissent. Le T-Shirt est le produit phare parmi les textiles écologiques et le Jeans, le vêtement générant le plus gros chiffre d’affaires.