NUMERO : Mars-avril 2011

La plante du Mois : le Ginkgo biloba

 

 

L’arbre aux quarante écus, comme il est également surnommé, est l’une des plus anciennes espèces d’arbres présentes sur terre car il a survécu inchangé pendant 300 millions d’années. Pouvant vivre jusqu’à 1000 ans, c’est tout naturellement qu’il fut surnommé l’arbre de la longévité, capable de résister à son environnement même très hostile.

Quelle est son utilisation traditionnelle et qu’ont révélé les études ?

Le noyau des fruits était traditionnellement utilisé par les chinois pour traiter les pathologies pulmonaires mais depuis les années cinquante, on utilise les feuilles de Ginkgo biloba pour leurs actions bénéfiques sur les troubles circulatoires et cognitifs. Et d’ailleurs, depuis une dizaine d’années, les très nombreuses études scientifiques sur cette plante ne cessent de lui découvrir de nouveaux intérêts pour l’organisme humain.

Une meilleure circulation sanguine cérébrale

Bien que le cerveau ne représente que 2 % du poids d’un être humain, il consomme un cinquième de l’oxygène inspiré qu’il utilise grâce aux vaisseaux sanguins qui l’irriguent. Avec l’âge, la circulation sanguine cérébrale décroît sensiblement et le cerveau peut progressivement manquer d’oxygène et de nutriments indispensables au maintien d’un fonctionnement neurologique normal. Le Ginkgo contient des phytonutriments spécifiques, les ginkgolides, capables d’améliorer la circulation sanguine et l’oxygénation cérébrales en aidant les petits vaisseaux sanguins qui irriguent le cerveau à produire une hormone qui les dilate, la prostacycline, et en réduisant l’agrégation des plaquettes.
La prise quotidienne de 180 mg d’extrait standardisé de Ginkgo biloba, en régulant la dilatation et la contraction des vaisseaux, permettrait de raccourcir le temps de réaction et d’obtenir de très bons résultats pour la mémoire à court terme. Il agirait également positivement sur les pertes de mémoire, les troubles de l’attention et la dépression et protègerait efficacement les cellules contre le stress oxydatif, seul ou en association avec la vitamine E.

Une aide pour les malades atteints d’Alzheimer

La prise d’extraits standardisés de Ginkgo pourrait ralentir la progression de la démence et entraîner une légère amélioration des performances cognitives, tout comme certains médicaments inhibiteurs d’une enzyme, la cholinestérase, mais avec dix fois moins d’effets secondaires (pas de nausées ni vomissements) et surtout avec des bénéfices qui durent dans le temps. Il pourrait également diminuer les dépôts de plaques bêta-amyloïdes, si spécifiques de cette maladie.

Un puissant antioxydant

Les autres constituants du Ginkgo sont de puissants antioxydants qui vont protéger le cerveau en contrôlant l’action délétère du stress oxydatif, c’est-à-dire l’excès de radicaux libres.

Un coup de pouce pour une sexualité épanouie

Même si le Ginkgo n’est pas classé dans la famille des aphrodisiaques, il agit indéniablement sur la circulation sanguine et ainsi améliore la vascularisation dans les zones pelviennes des hommes (meilleure érection) et des femmes.

Un soulagement contre certains acouphènes

Quand les acouphènes sont causés par des problèmes circulatoires au niveau de l’oreille interne, la prise de Ginkgo peut s’avérer efficace en participant à la restauration partielle de l’audition.

Un soutien pour le bien-être émotionnel

Lors des études effectuées sur le Ginkgo, il a été très courant de constater des améliorations significatives de l’humeur, du bien-être émotionnel, de la fatigue et des symptômes de la dépression chez les patients âgés. Ces effets sur le bien-être émotionnel s’expliquent par le fait que chez les personnes âgées, le nombre de récepteurs à la sérotonine décroît et que la prise de ginkgo pourrait bloquer cette diminution.

Et aussi d’autres indications…

Le Ginkgo biloba pourrait également diminuer la production de cortisol par les glandes surrénales, faisant de cette plante un très bon adaptogène qui permettrait de mieux lutter contre les méfaits du stress. Il agirait également positivement sur la claudication intermittente, en permettant d’augmenter la distance de marche sans douleur et serait fréquemment utilisé pour soulager les personnes souffrant de migraines.

Quel dosage recommander ?

Les conseils BIOlinéaires :

Recommandez toujours des extraits standardisés en glycosides de flavonol (flavones glycosides), de préférence en dehors des repas. Sachant qu’au niveau règlementaire, les laboratoires sont contraints d’utiliser des extraits qui ne procurent pas plus de 21.6 mg par jour de glycosides de flavonol, il ne faudrait pas recommander plus de 90 mg par jour de Ginkgo standardisé à 24 % de glycosides de flavonol. De façon traditionnelle, sachez toutefois que les recommandations sont plutôt de 120 à 180 mg par jour, en commençant par de petits dosages et en augmentant de façon progressive les prises. Vous pouvez conseiller des cures de trois mois minimum, voire six mois pour que les extraits agissent pleinement.

Les contre –indications

Le Ginkgo biloba est une des plantes qui demande le plus d’attention pour son conseil en magasin. En effet, il ne doit pas être associé à des médicaments anticoagulants, telle la warfarine ; ou à des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’aspirine ou l’ibuprofène, puisque son effet fluidifiant s’ajoutant à ces médicaments, il pourrait y avoir risques d’hémorragies. De même, si vos patients vont subir une intervention chirurgicale ou si vos patientes sont enceintes, il faut suspendre la prise de cette plante pour les mêmes raisons.