NUMERO : mai-juin 2013

Les ulcères digestifs, les aliments et les compléments à recommander

La bactérie Helicobacter pylori est la plupart du temps en cause dans les ulcères gastriques (estomac) ou duodénaux (première partie de l’intestin) mais le tabac, le stress et l’alcool sont aussi trois facteurs aggravants à ne pas négliger dans leur apparition.

La prise d’anti-inammatoires au long cours peut aussi en être à l’origine, mais dans tous les cas, vous pouvez donner à vos clients des conseils alimentaires et compléter avec des suppléments nutritionnels pour soulager leurs symptômes.

Toutefois, ces conseils ne dispensent pas d’une visite médicale qui écartera toute autre pathologie plus grave comme un cancer de l’estomac.

Remanier le contenu des assiettes

La protection de l’estomac nécessite de recommander quelques mesures alimentaires simples, et toujours selon les tolérances individuelles de chacun :

  • Manger lentement, en mastiquant bien et dans le calme
  • Faire plusieurs petits repas par jour plutôt que 3 gros
  • Ne pas prendre de plats trop chauds mais tièdes ou à température ambiante
  • Boire plutôt en dehors des repas et éviter les boissons gazeuses (sodas, bières, eaux pétillantes)
  • Bannir l’alcool et les produits alcoolisés (surtout le vin blanc)
  • Boire du thé et du café (même décaféiné) avec modération
  • Supprimer ou diminuer drastiquement l’emploi du poivre, de la moutarde, du vinaigre et des épices fortes
  • Eviter de cumuler les sources de graisses à un même repas (charcuteries, chocolat, beurre, crème, viennoiseries…)
  • Faire attention aux tomates ou encore aux agrumes (citrons, oranges, mandarines, pamplemousses, kiwis)

En cas de crise

En cas de douleurs, les fruits et les légumes crus ou secs sont déconseillés transitoirement, pendant environ une semaine, tout comme le pain complet ou intégral.

Toutefois, cette mesure ne doit pas perdurer et il faudra progressivement les réintroduire.

Durant cette période, les aliments les moins irritants pour l’estomac seront à privilégier : lait, fromage blanc, yaourt, oeuf, pommes de terre ou encore miel et en particulier celui de Manuka à raison de 2-3 cuillères à café par jour.

 

Les compléments alimentaires

Le curcuma  Traditionnellement en Asie, il est utilisé pour lutter contre la dyspepsie (nausées, maux d’estomac de type ulcères, pertes d’appétit, sensations de pesanteur après les repas copieux). Certaines études indiquent que la consommation de curcuma en

épice et en extrait standardisé permet d’inhiber voire de détruire Helicobacter pylori.

La réglisse Cette plante est anti-inammatoire et surtout augmente la production de mucus protecteur tapissant l’estomac. Elle est donc à conseiller à vos clients ne sourant pas d’hypertension artérielle, en décoction ou en extrait uide dilué dans de l’eau tiède.

Le lithothamne Afin de neutraliser au maximum l’acidité qui provoque les douleurs, vous pouvez recommander une algue très alcalinisante, le Lithothamnium calcareum à raison de 4 gélules par repas en cas de crise et moitié moins si vous le conseillez sur le long cours.

La cannelle  Comme cette plante diminue l’hyperchlorhydrie gastrique, elle s’est révélée ecace pour soigner la gastrite, avec ou sans reux gastro-oesophagiens, et des extraits aqueux peuvent être recommandés pour traiter l’ulcère gastroduodénal.

L’astaxanthine Ce caroténoïde limite les symptômes de la maladie ulcéreuse liée à Helicobacter pylori en réduisant l’inammation gastrique. Il est à recommander lors du repas du midi et du soir.

Le zinc Cet oligo-élément est un puissant cicatrisant et à ce titre, il peut se conseiller à raison de 15 mg par jour pendant 1-2 mois. Il peut aussi être couplé à la prise d’autres agents cicatrisants au niveau gastrique ou intestinal : L-glutamine, L-carnosine ou sève de bouleau.

N’hésitez pas également à donner des vitamines du groupe B ou un complexe antistress les regroupant. Et si vous avez à recommander de la vitamine C, orientez vos clients vers une forme ESTER C, neutre. Idem s’ils ont besoin de fer, évitez les formes irritantes pour les intestins et préférez des formes douces comme les bisglycinates.

Des probiotiques avec le traitement médical

Si vos clients prennent ou ont pris un traitement antibiotique pour contrer l’infection à Helicobacter pylori, conseillez-leur, pour prévenir les rechutes, une cure de probiotiques regroupant plusieurs souches de bactéries lactiques.

Si vos clients prennent des anti-inammatoires de façon chronique, orientez-les vers une plante, la Boswellia serrata, qui contrairement à la plupart des médicaments de cette classe, ne provoque pas d’eets secondaires au niveau digestif et permet ainsi de préserver la muqueuse gastrique des ulcères.