NUMERO : N°63 -janvier-février 2016

La phosphatidylsérine, un phospholipide essentiel au cerveau

Lutter contre le déclin cognitif, booster la mémoire, la concentration et l’apprentissage à chaque âge tout en améliorant l’humeur… telles sont les principales indications de cette substance naturellement présente dans le cerveau et qui pourrait améliorer le quotidien de beaucoup de vos clients.

La phosphatidylsérine (PS) fait partie de la famille des phospholipides. Elle est naturellement retrouvée dans les membranes cellulaires internes, en particulier celles des cellules du système nerveux. C’est le principal phospholipide présent dans le cerveau, au niveau des neurones, et elle constitue même près de 18 % du poids sec du cerveau ! C’est dire son importance capitale !

Produite à partir de L-sérine, de phosphate, de glycérol et d’acides gras (acide oléique ou DHA) provenant de l’alimentation, sa synthèse nécessite beaucoup d’énergie et elle n’est possible que sur un organisme jeune et en parfaite santé. C’est la raison pour laquelle la supplémentation s’avère parfois nécessaire avec l’âge, d’autant plus qu’elle est très peu présente dans l’alimentation.

À quoi sert-elle ?

C’est une des rares substances capables de passer facilement la barrière hémato-encéphalique.

  • Elle transporte le glucose dans les cellules nerveuses.
  • Elle est essentielle à la production et au transport des neurotransmetteurs (les messagers chimiques du cerveau) dont l’acétylcholine et la dopamine.
  • Elle renforce l’efficacité de la neurotransmission (la communication entre les neurones) en jouant un rôle dans la fluidité et l’intégrité des membranes phospholipidiques.

Pourquoi la préconiser ?

Prévenir le déclin cognitif

La prise de PS pendant 3 mois, à raison de 100 mg par jour, améliore les performances neuropsychologiques, l’apprentissage et la mémoire des tâches de la vie quotidienne. Elle peut donc facilement se conseiller chez les personnes âgées pour prévenir les pertes de mémoire.

Votre conseil : En préventif, à partir de 60 ans, à raison de 100 mg par jour, pour éviter que ne s’installent des troubles de la mémoire et un déclin cognitif. Par la suite, dès que les premiers signes se font ressentir, 200-300 mg en couplant au Bacopa.

Améliorer la mémoire et les fonctions cognitives au premier stade d’Alzheimer

Les médicaments couramment prescrits en cas d’Alzheimer déclaré sont des substances qui inhibent une enzyme, l’acétylcholinestérase et évitent ainsi la dégradation de l’acétylcholine. Comme le rôle de la PS est d’augmenter le taux d’acétylcholine, elle peut se conseiller en complément des traitements déjà mis en place. D’ailleurs, lors d’une étude réalisée sur 51 patients au stade précoce de cette maladie, la prise de PS a amélioré les fonctions cognitives (concentration, apprentissage, mémoire visuelle et des chiffres, orientation, mémoire des noms, des lieux et des évènements récents). 1. 2

Votre conseil : 300 mg par jour de PS couplé à de l’acide alpha-lipoïque, de l’acétyl-L-carnitine, du Ginkgo biloba, du Thé vert, du Curcuma et du Resvératrol.

Améliorer la gestion du stress chronique et la dépression

En contrant la surproduction de cortisol et d’ACTH suite à un stress psychologique, la prise stress chronique, dépression de PS diminuerait l’anxiété.

Un essai préliminaire a aussi démontré que la prise de 300 mg de PS pendant un mois améliore les performances cognitives et atténue l’intensité des symptômes de la dépression.

Votre conseil : 300 mg par jour couplé à une plante adaptogène de type Rhodiola ou à une substance calmante de type GABA ou L-théanine.

Améliorer les TDAH

Des recherches préliminaires effectuées sur des enfants âgés de 4 à 19 ans présentant des troubles de l’attention, avec ou sans hyperactivité, ont démontré que la prise de PS améliore la concentration et l’apprentissage. En effet, 90 % des enfants et adolescents traités ont présenté une nette amélioration en particulier sur l’attention et l’apprentissage.

Votre conseil : 200 à 300 mg par jour couplé au Bacopa et au magnésium.

Dans tous les cas, du zinc et des vitamines du groupe B peuvent être adjoints à la prise de PS afin de compléter son action. Ce sont en effet des nutriments essentiels au PS , au fonctionnement du système nerveux, aux performances intellectuelles et aux fonctions cognitives.

Comment la conseiller ?

Disponible le plus souvent sous forme de capsules huileuses et extraite de soja non OGM, elle se conseille lors des repas fournissant un peu de lipides pour en améliorer la biodisponibilité, à raison de 100 à 300 mg par jour, pendant 2 à 6 mois.

1)  Crook T1, Petrie W, Wells C, Massari DC. Effects of phosphatidylserine in Alzheimer’s disease. Psychopharmacol Bull. 1992;28(1):61-6.

2)  Kidd PM. PS (PhosphatidylSerine), Nature’s Brain Booster. A Vital Lipid Nutrient for Memory, Mood and Stress (Second Edition, 96 pages). 2007 ; Total Health Communications, St. George, Utah, USA.

Angélique Houlbert
Nutritionniste-Écrivain –
Facebook.com/pages/Angélique-Houlbert

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