NUMERO : mai-juin 2013 – BL 46

La plante du mois : le gattilier…

Le gattilier (Vitex agnus castus), encore nommé poivre sauvage ou agneau chaste, est un petit arbuste de la famille des verbénacées, cousin de la verveine, originaire d’Asie, d’Europe et surtout des rivages de la méditerranée. Ses branches, qui se dressent jusqu’à 3 à 5 mètres de haut, sont touffues et ramifiées aux extrémités. Elles portent de grandes feuilles vertes et des baies rouges et jaunes renfermant des graines. Ces baies sont caractérisées par leur goût de sauge et leur saveur poivrée. Cueillies à maturité, en septembre et octobre, elles sont ensuite séchées pour en récolter les principes actifs qui seront contenus dans les extraits fluides et secs.

Un peu d’histoire

Cette plante est connue depuis l’antiquité gréco-romaine pour ses vertus anaphrodisiaques. D’ailleurs, on recouvrait le sol des lieux sacrés afin de les protéger des plaisirs de la chair… Et pour les mêmes raisons, les prêtresses se couchaient sur des matelas faits de gattilier pour rester pures. Cette plante était ainsi un symbole de chasteté, d’où son nom d’agneau chaste.

Au Moyen-âge, les moines mâchaient ses fruits à la saveur légèrement piquante pour diminuer leur libido… Ce qui lui a valu également le nom de poivre des moines.

Quels sont ses principes actifs ?

On retrouve dans ses baies fraîches et mûres, des substances actives diverses qui agissent en synergie : labdanes diterpènes, iridoïdes, avonoïdes et avones (Vitexine), alcaloïdes, stéroïdes végétaux (cétostéroïdes) et des acides gras.

Quelles sont ses actions sur l’organisme ?

Le gattilier pourrait être surnommé le « régulateur hormonal », et plus particulièrement le normalisateur des hormones féminines puisqu’il est surtout indiqué dans les troubles gynécologiques. En effet, il est largement utilisé en Europe pour traiter les symptômes du syndrome prémenstruel : crampes, rétention d’eau, sensation de ballonnements et gonflements, humeur instable, sensibilités au niveau des seins, règles douloureuses – dysménorrhées.

Comment agit-il ?

Le gattilier agirait en stimulant la production de l’hormone lutéinisante (LH) et en inhibant la libération de l’hormone folliculostimulante (FSH), provoquant ainsi indirectement une augmentation de la progestérone et une normalisation des niveaux de prolactine (une hormone qui augmente naturellement au cours de la grossesse pour stimuler la production de lait et d’autres changements physiologiques).

Et on sait désormais que des niveaux irréguliers de prolactine pourraient contribuer aux douleurs mammaires et aux désagréments liés au syndrome prémenstruel.

Des études ont montré que le gattilier agit dans le cerveau en affectant le neurotransmetteur dopamine qui, à son tour, agit sur la libération de prolactine. En effet, la dopamine, freine la sécrétion de prolactine par l’hypophyse.

De cette façon, il concourt à restaurer l’équilibre entre oestrogènes et progestérone au cours du cycle menstruel. Cet effet régularisant de la balance hormonale et stimulant de la production de progestérone en phase lutéale du cycle (deuxième partie de cycle) contribuerait à augmenter la fertilité. De plus, sa consommation bloquerait l’action des hormones androgènes.

Cette plante agirait également sur les déprimes, l’anxiété, la morosité et la perte de libido chez la femme au moment de la ménopause par exemple.

Dans quels cas le conseiller ?

● En cas de syndrome prémenstruel

● En cas de cycles irréguliers ou d’absence de cycles

● En cas d’absence d’ovulation

● En cas de douleurs au niveau des seins (mastoses)

● En cas d’insuffisance de corps jaune (au niveau de l’ovaire) entrainant une absence de règles ou une stérilité.

Comment le conseiller ?

Cette plante est à recommander dès la puberté et jusqu’à la ménopause, en prise longue, de 3 à 6 mois consécutifs, afin d’en obtenir les meilleurs résultats. Le dosage et le mode d’utilisation doivent varier en fonction du gabarit, de l’âge et des désagréments de votre cliente :

● À commencer une semaine avant les règles et à arrêter 2 jours après l’arrêt des menstruations pour diminuer le SPM ou

● À débuter dès le 10ème jour du cycle pour régulariser les cycles. Côté règlementation, il faut savoir qu’en Belgique, le dosage maximum recommandé est de 96 mg par jour de fruits séchés.

Précautions d’emploi

De par son action sur les hormones féminines, il est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement.