NUMERO : mai-juin 2013 – BL 46

Le miel bio : diversité et variétés

Caractéristiques et utilisations des principaux miels

 

Les autres monofloraux

De nombreux autres miels monofloraux existent. Ils ont tous leurs propres spécificités et des propriétés thérapeutiques particulières. Ils sont souvent liés à une région. Citons par exemple, le miel d’Arbousier du Sud de la France et de la Corse, le miel de Bourdaine d’Aquitaine et du Massif Central, très apprécié mais produit en quantité limitée, le miel de Rhododendron, miel de montagne assez rare mais très intéressant pour sa légèreté et sa douceur produit dans les Alpes et dans les Pyrénées et dans le nord de l’Italie, le miel de Pissenlit, de Bleuet, de Sainfoin, de Pommier, etc.

Vertus thérapeutiques

Depuis des millénaires, le miel est considéré comme un véritable «  médicament » dans de nombreuses civilisations du monde. Cet aliment, possède des qualités antibactériennes, anti-inflammatoires et antioxydantes indéniables. Le miel est aussi employé pour accélérer la cicatrisation des plaies ou dans le traitement des ulcères.

C’est en outre une source irremplaçable d’oligoéléments. Le miel est aussi utilisé aujourd’hui dans de nombreux produits cosmétiques.

 

Miels français et leurs régions

Les origines géographiques jouent un rôle très important dans la qualité des miels. En effet, en fonction des lieux où l’abeilles butinent, les végétaux seront différents les uns des autres. C’est pourquoi, le goût, la texture et la couleur varieront. En France, certains miels sont réputés pour leur qualité en raison d’un terroir bien particulier. Citons :

Le miel du Gâtinais : région des rois de France, il est de culture. Sa couleur est plutôt ambrée clair, voir même extra claire. L’arôme du colza est très perceptible à l’odeur et au goût. C’est un miel crémeux.

Le miel d’Auvergne : région riche en diversité de paysages. Miel ambré clair à cristallisation plus ou moins ne. Son parfum et sa saveur fluctuent selon les années et les fleurs butinées. On peut retrouver des notes mentholées et boisées, ou des saveurs orales assez soutenues.

le miel du Berry : vieux terroirs agricoles de la France. Miel de fleurs de culture comme le colza ou le tournesol. Il s’agit d’un miel cristallisé, de couleur ambrée claire.

le miel de Provence : la flore de Provence est extrêmement riche et variée grâce aux différents climats et à l’altitude des massifs. Ce miel est très caractéristique puisqu’il résulte d’une création par les abeilles d’un mélange de miel de lavande ou de eurs, avec un miellat. Odeur peu prononcée sauf s’il renferme des pollens de lavande. Goût très agréable, assez doux et délicatement parfumé. Cristallisation généralementfine.

le miel de Sologne : avec la forêt qui couvre ¾ du territoire, la Sologne offre des nectars très variés d’arbres ou de fruitiers sauvages (châtaignier, charme, érable, noisetier, hêtres, frênes, merisiers, poiriers, Groseilliers rouges…). Ce miel de fleurs sauvages très variées est de couleur brune et a un goût très prononcé.

Les miels d’Europe

En raison d’un déficit de production française, les opérateurs bio s’approvisionnent dans d’autres pays européens. Une sélection de certains d’entre eux.

● le miel de Bulgarie : bénéficiant d’une situation géographique, de conditions climatiques et géologiques très favorables, la Bulgarie est riche d’une flore de près de 4000 espèces de plantes. L’apiculture fait partie d’une tradition millénaire et est pratiquée dans de petites fermes ne possédant pas plus de 40 ruches. Plus de 90 % de la production du miel est faite artisanalement. Les principaux miels produits sont ceux d’acacia, de tilleul, de tournesol et en plus petite quantités de lavande, de trèfle et de coriandre. Le miel bulgare est d’une très haute qualité et se distingue grâce à un goût original et un arôme développé.

le miel de Roumanie : avec une flore variée composée de forêts (26 % de la surface totale), de steppes et de plantes méditerranéennes, le territoire roumain offre une grande variété de flores. Peu consommateur, mais pourtant très impliqués dans l’apiculture, les roumains exportent 70 % de leur production. Les variétés les plus produites sont l’acacia, le tilleul et les miels polyfloraux (prairies, tournesol)

le miel de Hongrie : avec plus de 1000 ans d’expérience, le miel que l’on produit en Hongrie est à 80 % d’acacia. En effet, la forêt couvre 20 % du territoire et 1/5 est de l’acacia.

le miel d’Espagne : avec environ 8000 espèces de plantes dont 500 autochtones, des conditions climatiques bénéfiques, la flore espagnole est très adaptée à l’élaboration du miel. On retrouve essentiellement des miels monofloraux (pins, thym, oranger…)

le miel d’Italie : La végétation, comme le climat, connaît de grands contrastes entre le continent, la péninsule et les îles. C’est pourquoi, on retrouve une multitude de miels à la fois avec la ore d’altitude (dans les Alpes avec les châtaigniers) et au Sud avec la ore méditerranéenne (chênes, pins parasols, eucalyptus, oranger, guier, amandier…)

Les miels « exotiques »

le miel du Brésil : Grâce à sa très grande biodiversité, le Brésil réunit des conditions idéales pour la production d’un miel très pur, apprécié pour sa qualité. A travers 4 grandes zones de végétation, il est facile de trouver des zones riches en flore. Par exemple, la forêt pluviale amazonienne compte 50 000 sortes d’arbres et de plantes.

le miel de Nouvelle-Zélande : grâce à son climat, la végétation est très luxuriante. C’est pourquoi, la Nouvelle-Zélande compte beaucoup d’espèces à feuilles persistantes uniques au monde. On y produit principalement des miels d’eucalyptus, mais ce pays est surtout réputé pour son miel unique de Manuka.

Conservation du miel

Il est inutile de conserver le miel au réfrigérateur. La DLUO (date de limite d’utilisation optimale) est généralement de 2 ans après la mise en pot. Le miel se conserve parfaitement pendant plusieurs années supplémentaires. On a retrouvé du miel consommable dans une tombe égyptienne datant de 2000 ans !…

Sources pour l’élaboration de ce dossier : Agence Bio, ADOCOM (Service de Presse des Miels Villeneuve), dossier Presse UNAF, APIDAYS, Bio Linéaires n°19, Ecocert, Inter Bio Normandie (ONAB 2012), SymphonyIRI

Le miel : un marché en forte progression dans le conventionnel

Selon les données de SymphonyIri, sur un cumul annuel mobile arrêté à fin février (dimanche 24 février 2013) auprès de plus 7000 points de vente hypermarchés et supermarchés, le miel (non bio et bio) connaît une croissance importante en valeur et en volume (+8,9 % en valeur et +6,3 % en volume). Le miel liquide réalise près de 6 ventes sur 10 en valeur et en volume et connaît une croissance en valeur et en volume également importante notamment sur les gros formats.

En revanche sur le miel crémeux, ce sont les petits formats qui connaissent les croissances les plus importantes bien que les grands formats occupent 7 ventes sur 10.

 

Pourquoi pas un rayon spécifique dans la distribution spécialisée !

“Les produits de la ruche”, “le monde des abeilles”… Ce type d’appellation pourrait certainement faire l’objet d’un rayon spécifique dans les magasins bio. En effet, il aurait toute sa légitimité et pourrait faire le lien entre l’alimentaire (miels) et le rayon “santé” (gelée royale, propolis… ). Il permettrait ainsi aux consommateurs alimentaires de porter un plus grand intérêt aux produits “santé naturelle” et inversement. Nous voulions aussi attirer votre attention sur le fait que du 17 avril 2012 au 17 avril 2013, 24 489 visiteurs du site www.biolineaires.com ont saisi les mots clés “anti-inflammatoire naturel”.

On peut se réjouir que la campagne de communication “Les antibiotiques c’est pas automatique” porte ses fruits et qu’elle a eu un impact sur leur utilisation. De ce fait, nous ne pouvons que constater que l’ensemble des produits élaborés par les abeilles prennent une place de plus en plus importante. Cependant, les magasins doivent impérativement s’assurer que ces produits ont été fait dans les meilleures conditions qualitatives (pas d’extraction à chaud, etc.) garanties obligatoires pour la conservation des principes actifs. Enn, aujourd’hui beaucoup de scientifiques à travers le monde analysent, expérimentent et cherchent à percer le secret de fabrication des abeilles dans le seul but de pouvoir synthétiser leurs éléments bénéfiques.

 

 

L’impossible coexistence « OGM / apiculture »

Depuis l’apparition des premières cultures d’OGM en Europe il y a quelques années, les apiculteurs ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur l’impossible coexistence entre ces cultures et l’apiculture. Sous l’influence du lobby OGM et semencier, la Commission Européenne et les autorités nationales sont jusqu’à présent restées sourdes à cet appel. Or, un apiculteur allemand qui a constaté la présence de pollen de maïs OGM MON 810 dans son miel a intenté une action en justice. Le 5 septembre 2011, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a décidé qu’un tel miel ne pouvait pas être commercialisé. Nos gouvernants ne peuvent donc plus feindre d’ignorer cette réalité : l’autorisation de cultures d’OGM en plein champ serait fatale à l’apiculture (miel, pollen, propolis) et à l’abeille.

Seule solution : le moratoire

La coexistence des cultures OGM en plein champ et de l’apiculture est impossible. Personne ne peut plus ignorer cette réalité. Face à ce risque, une pétition est en cours pour demander instamment au Commissaire européen à la Santé et à la Consommation et aux décideurs européens et nationaux de protéger l’abeille, l’apiculture et les professionnels de l’apiculture. Pour ce, il faudrait :

● suspendre immédiatement et ne pas renouveler l’autorisation de culture en plein champ du maïs MON 810,

● bloquer l’avancée de tous les dossiers de plantes génétiquement modifiées nectarifères ou pollinifères,

● faire évaluer rigoureusement l’impact des plantes transgéniques sur les ruchers, notamment les couvains et les abeilles hivernales, et de rendre publics tous les protocoles et résultats

● respecter le droit à la transparence pour les consommateurs.

Pour plus de renseignements : www.ogm-abeille.org