NUMERO : Mars-Avril 2015

Le policosanol, une alternative douce aux statines

Le policosanol est dans la plupart des cas extrait du riz ou de la canne à sucre. Il est en fait composé de différents alcools aliphatiques : l’octacosanol (le principal), le triacontanol, l’hexacosanol, le dotriacontanol et l’heptacosanol.

Depuis 25 ans, le policosanol est à l’étude pour contrer les hypercholestérolémies. Tout d’abord cantonné à Cuba, où un laboratoire le commercialisa, il est désormais reconnu pour cette action dans plus d’une vingtaine de pays.

Même si on ne connaît pas encore clairement son mécanisme d’action, les résultats des études tendent à montrer que ses substances actives agissent à plusieurs niveaux, ce qui en fait une alternative plus naturelle aux statines, et surtout qui n’agit pas que sur le cholestérol.

En effet, la théorie du cholestérol, montré du doigt comme grand méchant loup dans les problèmes cardiovasculaires, est bien réductrice. Et on sait désormais qu’agir sur plusieurs paramètres sera toujours plus efficace pour soutenir le système cardiovasculaire que s’obstiner à faire baisser un taux de cholestérol trop élevé !

Baisser le taux de LDL-cholestérol…

D’après une trentaine d’études répertoriées dans une méta-analyse 1, publiée en 2005, une dose journalière de 10 mg de policosanol baisse le LDL-cholestérol d’environ 20-25 % au bout de 2 mois. L’efficacité du policosanol a été comparée à celle des phytostérols pour réduire les taux de cholestérol. Les deux substances sont efficaces, mais le policosanol a une nette longueur d’avance puisque les résultats sont comparables à ceux observés avec certaines statines données à faible dose. De plus, les phytostérols, selon un très récent rapport de l’Anses, diminuent aussi le taux de bêta-carotène.

D’autres études ont aussi démontré qu’il abaisse le cholestérol total de 13-23 %, en agissant – tout comme la levure de riz rouge et l’huile de son de riz – sur une enzyme clé : la HMG-CoA réductase ; toutefois, à l’inverse des premiers, il n’inhiberait pas complètement son activité mais diminuerait légèrement sa synthèse. Son action est donc plus lente et plus douce mais sans effets secondaires.

 Et surtout prévenir les troubles cardiovasculaires

En empêchant l’oxydation des LDL-cholestérol

Agir sur le taux de cholestérol est une chose, mais avant tout, il faut éviter l’athérosclérose en limitant l’oxydation des lipoprotéines. Selon une étude, il permettrait de diminuer l’oxydation des LDL, de réduire la production de malonedialdéhyde et d’autres produits de peroxydation lipidique. Il réduit donc la lipoperoxydation, protégeant ainsi les acides gras des agressions radicalaires.

En diminuant l’agrégation des plaquettes

Comme le Ginkgo et l’ail, il aurait un léger effet antiplaquettaire même si les mécanismes ne sont pas encore clairement établis2. Il est donc souhaitable de ne pas le donner en même temps que l’aspirine ou tout autre antiplaquettaire3.

En augmentant le HDL-Cholestérol

Il augmente aussi le taux de HDL-cholestérol d’environ 8-29 %, un avantage que n’offrent pas les phytostérols ni les statines.

Pour qui ?

Tous vos clients ne souhaitant ou ne pouvant prendre de statines (synthétiques ou naturelles) de par leurs effets secondaires.

Quel dosage ?

De 10 à 25 mg par jour au cours des repas, pendant 2 mois minimum, sans toxicité ni carcinogénicité 4, 5.

Dans la pratique, sa prise ne garantit pas un résultat aussi spectaculaire sur le bilan lipidique sanguin. Certains clients réagissent bien pendant que d’autres n’ont pas de résultats aussi probants. Dans ces cas précis, couplez avec de la lécithine de soja, de l’huile de Krill ou des oméga-3.

Doit-on supplémenter en Q10 ?

Oui, tout comme la levure de riz rouge et l’huile de son de riz, le policosanol agit sur l’enzyme clef responsable de la synthèse de cholestérol et de Q10 (même s’il le fait d’une moindre manière). Vous devez donc veiller à un apport journalier supplémentaire d’environ 30 mg d’ubiquinone.
Côté réglementation, il s’agit d’un ingrédient autorisé dans les compléments alimentaires sans limitation en Islande, en Italie, en Croatie et en Belgique quand il est dérivé du sucre de canne et du riz.

 

Angélique Houlbert

Nutritionniste

1) Chen JT1, Wesley R, Shamburek RD, Pucino F, Csako G. Meta-analysis of natural therapies for hyperlipidemia : plant sterols and stanols versus policosanol. Pharmacotherapy. 2005 Feb;25(2):171-83.

2) Arruzazabala ML1, Valdés S, Más R, Fernández L, Carbajal D. Effect of policosanol successive dose increases on platelet aggregation in healthy volunteers. Pharmacol Res. 1996 Nov-Dec;34(5-6):181-5.

3) Arruzazabala ML1, Valdés S, Más R, Carbajal D, Fernández L. Comparative study of policosanol, aspirin and the combination therapy policosanol-aspirin on platelet aggregation in healthy volunteers. Pharmacol Res. 1997 Oct;36(4):293-7.

4) Castaño G1, Fernández L, Mas R, Illnait J, Fernández J, Mesa M, Alvarez E, Lezcay M. Comparison of the efficacy, safety and tolerability of original policosanol versus other mixtures of higher aliphatic primary alcohols in patients with type II hypercholesterolemia. Int J Clin Pharmacol Res. 2002;22(2):55-66.

5) Crespo N1, Illnait J, Más R, Fernández L, Fernández J, Castaño G. Comparative study of the efficacy and tolerability of policosanol and lovastatin in patients with hypercholesterolemia and noninsulin dependent diabetes mellitus. Int J Clin Pharmacol Res. 1999;19(4):117-27.