NUMERO : Nov-Déc 2009

Les associations pionnières du bio …

L’A.F.R.A.N. (Association Française pour la Recherche de l’Alimentation Normale)

fut une des plus importantes. On peut dire qu’elle éveilla l’attention générale des consommateurs sur les dangers alors présents et potentiels des dérives chimiques pratiquées en agriculture. Elle devait également apporter une très large contribution au futur développement de la Bio dans son ensemble.
Ses buts étaient clairement définis :
● Dénoncer le péril encouru par la Santé du fait de l’alimentation actuelle
● Donner à la notion de qualité d’un aliment un sens essentiellement biologique
● S’aider des données de la Science et des traditions alimentaires millénaires pour reconnaître, parmi les techniques actuelles de la production, celles qui doivent être considérées comme anormales et celles qui semblent capables de nous assurer des aliments biologiques normaux
● Favoriser la production et la distribution de tels aliments.

Elle est fondée le 21 Juin 1952 par un groupe de médecins praticiens sous le patronage du Professeur P. Joannon de la Faculté de Médecine de Paris et présidée par le Docteur J.W. Bas. Elle s’entoure de conseillers dont la notoriété scientifique est reconnue, tels les Professeurs Jaylé et Mouquin de la Faculté de Médecine de Paris, MM. Jean Desoutter, Hayaux du Tilly, R. Maspetiol et A. Préaud de l’Académie d’Agriculture, H. Martel, vétérinaire membre de l’Académie de Médecine, les Professeurs Delore et Piechaud respectivement de la Faculté de Médecine de Lyon et de Bordeaux, le Professeur J. Keilling de l’Institut agronomique, M. Richard ancien inspecteur général des Fraudes…Elle publie 2 périodiques, L’Alimentation Normale et Sol – Aliment – Santé dans lesquels non seulement sont dénoncées les pratiques agricoles à base de produits chimiques avec leurs conséquences néfastes sur l’alimentation et la santé, mais aussi sont proposées des solutions alternatives naturelles. Ses adhérents viennent de tous horizons, agriculteurs, médecins, enseignants, commerçants, tous d’abord consommateurs soucieux de leur santé : on ne sera pas étonné d’y retrouver comme militants actifs des hommes tels que Raoul Lemaire, Jean Boucher et quelques agriculteurs, véritables pionniers de l’agriculture biologique. Les nombreuses réunions et conférences qu’elle donne ne manquent pas d’interpeller un public de plus en plus nombreux, sensible à l’action qu’elle engage et à l’objectif qu’elle s’est fixé : la santé du consommateur.

Le GABO (Groupement d’Agriculture Biologique de l’Ouest)

Fondée au printemps 1958 sous la houlette de Jean Boucher par quelques agriculteurs et personnalités conscientes de la gravité des problèmes engendrés par l’agriculture telle qu’elle était pratiquée à cette période, ce groupement s’était donné pour buts :
● d’étudier les causes de dégradation des sols, d’aggravation des maladies dans les cultures, le cheptel animal et sur l’homme (cancer, maladies cardiaques et nerveuses, poliomyélite, etc.)
● de faire connaître les méthodes de cultures propres à enrayer cette évolution régressive et à améliorer à la fois les rendements et la qualité intrinsèque des produits
● de prouver par la pratique la valeur de cette doctrine, seule voie de salut et de prospérité pour l’agriculteur, pour l’économie, pour l’homme enfin.

Son siège était situé au 2 de la rue Cacault à Nantes. Son président était M. Cussonneau, agriculteur à Echemiré dans le Maine et Loire et son secrétaire M. Jean Boucher. C’est, à notre connaissance, le premier groupement d’agriculteurs biologiques en France. En juiIlet 1959, il réunissait 25 agriculteurs dont M. Barbaud Emile et le Frère Benjamin de l’Abbaye de Bellefontaine, 8 maraîchers, et 33 sympathisants (ingénieurs, médecins, transporteur, libraire, commerçants) dont le Dr Bas (AFRAN), le Professeur André Louis, l’ingénieur L.C. Vincent (bio-électronimètre), Michel Rémy (Nous avons brûlé la terre) et le délégué des Amis du Dr Carton…

 

Disparition

C’est avec une très grande tristesse que nous avons appris la mort de Jean Boucher dont nous avions évoqué récemment le parcours dans un de nos numéros précédents. A la fin des années 50, s’étant rendu compte du danger des pesticides alors qu’il exerçait au Service de la Protection des Végétaux, il se consacre entièrement à la culture biologique des sols. Co-fondateur avec Raoul Lemaire de la méthode agrobiologique qui porte leurs noms, il participe au développement de l’Agriculture Biologique en France dont il est aujourd’hui reconnu comme un de ses principaux piliers. C’est le 11 septembre 2009 qu’il nous a quittés à 94 ans, laissant un grand vide pour ceux qui, encore de ce monde, ont combattu à ses côtés, pour le respect de la vie.